Et je passais 3 heures au Commissariat de Djidjolé pour « faute de port de CNI »


Suite à mon interpellation le dimanche 17 février 2013 vers 1 heure police_du matin, l’alerte lancé par des confrères a suscité autant de réactions que je me suis donné la peine de lever le voile sur ce qui s’est réellement passé et j’espère avoir été bien fidèle. Lecture…

Une belle soirée qui avait pourtant commencé…

Il sonnait presque 18heures quand je terminais d’une conférence débat co-animée avec les journalistes Sas Gawou, Carlos Ketohou et André Kangni Afanou du CACIT au Centre des jeunes TV5 Monde sur la démocratie et surtout mon expérience de la démocratie américaine pour avoir couvert les dernières élections.

Je devrais ensuite me rendre à une réunion urgente pour cogiter encore sur la démarche de nos associations de presse pour faire échec au _projet de modification de la loi organique de la HAAC. On ne terminera qu’une heure plus tard (j’étais déjà en retard du fait que mon engin était tombé en panne).

Vers 21heures, je voulais faire un petit tour dehors (pour prendre un dîner léger. Ma petite sœur me propose alors de prendre sa moto (Type Sanili dame) et au retour de lui faire le plein en carburant.

A peine sorti, je reçois un coup de fil des amis et du coup, je me retrouve au centre ville. On dîne ensemble, on bavarde…

Il est presque 23heures, on se sépare. Je cherche du carburant en vain. Je me transporte à la station TOTAL sur le boulevard du 13 Javier dans le tournant des pavés de Bè. Pas d’essence. Il m’est proposé de faire le tour à la station de Hanoukopé (Je me rappelle qu’ils travaillent de nuit). Arrivé, c’est du méli-mélo, une horde de zémidjans garés en désordre pour se procurer du carburant et chamaillant à la fois. Humm… ! Je restais là à contempler ces Zemidjans quand un autre qui venait de la direction nord me recommande de remonter un peu haut (un peu après le marché de Gbossimé). Rapidement, je me transporte là. Les pompistes me signifient qu’ils viennent de terminer. Plus d’autres choix que de revenir sur mes pas.

A Hanoukopé je pris sur moi de mettre de l’ordre dans le désordre avec la complicité du pompiste. Je me suis assigné le devoir de désigner les zems pour que l’approvisionnement se fasse suivant un rythme donné. La tâche n’a pas été facile. Je me rendrai compte qu’il était presque 1 heure du matin, et que moi-même je n’avais pas encore pris mon carburant. Ce que j’ai finalement fait et pris la route de la maison.

Et quand les policiers s’en mêlent…

J’arrive à la hauteur de l’agence CEET au niveau d’Atikoumé, et je perçois des jeux de lumière me demandant de m’arrêter. J’ai obtempéré.

Deux policiers étaient en fonction. Le premier me lançant : « Serrez Monsieur » et d’ajouter après « les pièces de la moto !». « Oh zut ! Ce n’est pas la mienne, elle est à ma petite sœur. Néanmoins je vais voir si elle a laissé dans le coffre les papiers », lui ai-je répondu. J’ouvris le coffre en bas du siège, sorti les imperméables sans trouver de papier.

Il vient un peu plus vers moi et tente de prendre les guidons. Je me suis opposé en lui disant de m’accorder le temps d’appeler la petite sœur pour qu’elle m’apporte les pièces. Il me donna le OK mais à peine ai-je entamé la conversation téléphonique qu’il rebondit sur la moto pour la pousser.

Excédé, je lui dis « mais c’est quoi cette manière, vous m’autorisez à faire un appel et du coup vous voulez récupérer la moto ? Je ne vous l’accorde pas. Vous allez me laisser pousser la moto si besoin il y a ». Il se recroqueville et me laissa pousser vers un autre groupe de jeunes visiblement interpellés pour les mêmes motifs. Dans la foulée, l’agent réclame la clé de la moto. Je ne la retrouve pas dans  le contact et d’un air étonné je lui réplique « Vous avez pris les clés ? » Il ne me répond pas. « Non mais, vous ne pouvez pas retirer de la moto les clés, agent…. en plus vous n’avez pas le droit de le faire. D’ailleurs au cours d’une récente réunion avec Yark il a répondu à cette préoccupation que nous avons formulé et a été claire que vous ne devez pas retirer les clés de la moto »

« Soyez poli ! » va-t-il me rétorquer. Arrivé près du groupe, il hausse le ton en parlant à un officier comme quoi, j’ai tenu des écarts de langage alors qu’il faisait le contrôle. Je tente de m’expliquer. L’officier fait al sourde oreille et va exploser quand je lui dirai que je suis journaliste. « Et puis après ? ». Où est ta carte d’identité ? », m’a-t-il demandé. « Je ne l’ai pas sur moi…je voyage dans quelques heures et j’ai rangé ces documents dans ma valise ». Il réplique « je dis où est ta carte ? ». Je lui répondis que je ne l’ai pas et que je peux lui montrer des papiers qui peuvent lui décliner ou attester mon identité. Il fait la sourde oreille et lance à ses agents : « Embarquez-le ! ».

Du coup les autres agents, comme s’ils s’y attendaient se sont empressés de faire monter en premier la moto et m’ont sommé d’y monter et d’aller au fond de leur pick-up. «Ma dernière question sera de leur demander où ils m’emmenaient  et de me répondre « commissariat de Djidjolé ».

Je prends la peine de rappeler de faire signe  deux confrères Maxime Domegni et Fabbi Kouassi et aussi de dire à me petite sœur (que je voyais à quelques mètres alors que le pick-up s’éloignait) de me rejoindre au Commissariat.

Arrivé, je récupère mes papiers que je leur présente. L’agent avec qui j’ai eu l’altercation les récupère, me conduit dans la salle, me somme de m’assoir à même le sol comme la vingtaine de jeunes qui y étaient déjà. J’ai obtempéré. Il retira mes papiers (ma carte d’identité et mon passeport). Je me rendrai compte quelques minutes après qu’il n’était plus au sein du Commissariat.

Pour un laps de temps, j’écoutais les jeunes qui dénonçaient les conditions dans lesquelles ils ont été interpellés, certains à la devanture de leur maison, d’autres trainant leur moto à la recherche de carburant et d’autres encore parce qu’ils étaient venus apporter des pièces de moto à leur frère…et d’autres cas encore.

Une heure après, un agent nous a signifié qu’on va passer la nuit avec eux et ne rentreront que ceux qui vont présenter leurs pièces.

Là je leur ai signifié que j’ai déjà remis les miennes. L’agent à qui j’ai remis mes pièces, était reparti en patrouille avec. Hummm! Et, il faudra attendre plus de deux heures de temps encore pour qu’un commissaire me dise de me lever et de rentrer chez moi et que mes pièces viennent d’être restituées à ma petite sœur (mon téléphone s’était déjà éteinte, la batterie étant déchargée). Il sonnait 4heures du matin et les policiers rentraient de leur patrouille.

Je pris un autre taxi-moto à quelques mètres plus loin pour rentrer chez moi.

Le matin, la petite sœur y retourne avec les pièces de la moto avec laquelle elle va aussi rentrer après avoir payé une amende de 5000F CFA.

Somme toutes, j’ai passé trois heures au Commissariat de Djidjolé, assis à même le sol comme un vulgaire bandit…

8 Réponses

  1. c’est déplorable. plus de considération dans ce pays. ça changera un jour. courage surtout.

  2. Du n’importe quoi, quand on verra Kouessan Yovodevi par exemple, quoi qu’il aurait oublie sa piece d’identite, on pouvait le laisser passer par tous devraient le reconnaitre. Ceci devrait etre le meme pour Sylvio.
    Ces gens qui sont payes sur le dos du contribuable togolais etaient où quand les vols a mains, tueries, etc. se passent dans ce petit Lome quand des milliers de force de securite sont payes…Et la derniere en date, qu’avaient-ils pu pour aider avec les incendies…
    C’est simplement du banditisme de haut rang.
    Au Benin, au Ghana, Burkina, voisins, nul ne nous verifie ces pieces, et pourtant, ?????
    Bon, je peux vous assurer que meme avec ma carte d’identite, photocopie de la piece de ma moto, de 2001 a 2009, je ne peux pas compter le nombre de fois que j’ai vecu ces arrestations, humiliations, avec paiement de rançons a chaque fois et je me rappelle, alors que je sortais du campus avec ma cousine derriere apres une rencontre avec les etudiants, alors que j’etais Assistant de Recherche a l’Universite de Lome, sous les yeux impuissants des spectateurs avertis, j’ai nomme les Zemidjan et les revendeuses, j’ai arrete et accuse d’avoir desobei aux forces d' »insecurite », mais curieusement je n’etais pas devant, pleins de motos et vehicules etaient devant, passage de Faure…
    Je m’etais retrouve a la SRI?, mais en plus des humiliations, ce petit  »agent de force de l’ordre » a VIOLE ma moto, car il me l’a retiree avec violence pour la conduire a leur siege avec des accusations impossibles.
    Heureusement pour moi que j’etais retenu, agissant en responsable confiant.
    Arrive sur les lieux, son chef me demanda les nouvelles, je me suis presente et lui notifier mon mecontement avec d’autres details que je vous epargne. Dieu merci, le patron s’est excuse et lui demanda de me retourner la moto quand lui-meme se mettait au garde-a-vous.
    J’ai vecu un cas similaire en venant de Be vers Immeuble Fiata, l’on m’accuse avoir viole les feux tricolores, ma moto a passé un sejour involontaire au commissariat de 3? 5è District. Je me rappelle qu’il y avait un certain Tchalla qui s’occupait, sans y avoir ete autorise par le CB. Le 1er jour, pendant j’etais dans son bureau, discutant avec lui…apres verification de pieces d’identite et motos et tout, non seulement il refusa de me laisser la moto, mais en plus disant que  »je suis Tchalla de la Kozah, et toi tu es d’où?… » Imagine la suite. Des injures, humiliations au point que depassé, je sortais de son bureau avec une colere incontenable, et je ferma la porte avec toute ma force, produisant un bruit d’explosion effrayante…Il sortit plus tard pour ajouter une autre accusation: violence aux ….et dans les locaux …
    Au 3 e jour, calmement le CB s’est excuse et me remit ma moto en me disant qu’il n’etait pas meme charge de faire ce travail et par dessus offenser un responsable de mon rang.
    Je dois vous dire qu’un de mes anciens etudiants etait Superieur Hierarchique a ce monsieur Tchalla
    L’autre mesaventure etait avec mon oncle gravement malade, qui ne pouvait se tenir ni marcher, dans les memes conditions, ils m’ont privé de ma moto (rue des neems a Be kpota vers Hotel le Referentiel (2008).
    Des fois il faut faire le vide, et donc excusez-moi pour la taille de mon commentaire.
    Ce probleme doit etre reglé ou alors les forces doivent etre licensie tous, car ils ne sert a rien de les payer pour nuire au peuple.
    Un autre exemple ecoeurant, bon nombre d’entre eux n’ont jamais de plaque d’immatriculation, mais arretent les motos sans plaque…Je me demande encore on est dans quel pays?

  3. Huummmmm!!!!!!!!! c’est ça le métier . tous cela fait parti de la vie. tout évènement provient de nous même.l’ennemi profite toujours de nos erreurs ou une petite faille de nos actes pour nous nuire. comprends que ç’est la vie et prends courage .cela aussi fait parti de ta formation

  4. Les amis, il a voulu jouer au grand journaliste, au grand intellectuel hors il n’était pas en règle, voilà le problème, les 5000 francs, on appelle dans le langage des juriste une contravention, qui va directement dans les caisse de l’Etat. En fait les infractions se divisent en contravention, en délit et en crime. c’est bien justifié.
    Il n’a eu que ce qu’il méritait, et Isamael a bien raison, faut pas que ces journalistes nous trompe comme ça.

  5. Journaliste togolais! Jusqu’à quand allez-vous comprendre, que personne n’est au-dessus de la loi et cessez de tromper les esprits peu éclairés?
    La patrouille, c’est pour protéger les honnêtes citoyens.
    1 vous êtes sorti sans votre pièce d’identité, comme il te suffisait de dire « journaliste » pour qu’on te laisse partir sans aucune vérification,
    2 vous n’avez non plus non plus les pièces de votre moto, rien ne prouve donc que la moto vous appartient.
    Vous avez été libéré 3H du temps après le contrôle, et grand intellectuel vous avez voulu écrire là dessus pour exprimer votre ras le bol, c’est vraiment honteux, que vous n’arrivez pas comprendre, qu’à une heure pareil, vous ne devriez pas sortir sans vos pièces!!!!
    Fallait pas poster cet article qui jette l’opprobre sur les journalistes. On peut bien se demander au regard de vos arguments tordus, si le seul fait de dire « je suis journaliste sans aucune » preuve, vous met-il exempte t-il de l’application de la loi?
    je vous répond mon frère, faites des critiques constructives qui vous honore et honore votre fonction.

  6. D’accord, ils faisaient leur boulot. Mais, il y a une façon de le faire. Une personne passant avec une moto, sans pièce (de la moto) ni pièce d’identité est suspecte, je suis toujours d’accord. Mais est-ce que une fois les documents demandés apportés ils ne devraient pas rapidement les vérifier et libérer la personne et lui rendre la moto ? Il peut arriver à tout à chacun d’oublier de prendre ses papiers. Et cette amande de 5000F c’est pour quoi ? Ont-ils au moins donné un reçu ?

  7. Du courage!!! C’est ça le quotidien des togolais. LE Togo n’est pas un état de droit. Ceux qui veulent croirent le contraire iront de déception en déception

  8. Du courage, je pense qu’ils faisaient leur boulot ces policiers … maybe c’est les contours qui ne sont pas vraiment vraiment carré mais avoue qu’une personne passant avec une moto, sans pièce (de la moto) ni pièce d’identité est suspecte … Du courage

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :