Révélations de tortures à l’ANR: De la nécessité d’interpeller le Colonel Massina & Co


De la manière ils sont unanimes à rejeter en bloc les chefs d’accusation portés contre eux, de la  même manière, les prévenus

Le Colonel Massina Yotrofei, DG ANR

dans l’affaire de coup d’Etat ont tous avoué les sévices corporels qu’ils sont subi à l’ANR qu’ils finissent par appeler « Guantanamo ». Il est aujourd’hui plus qu’important d’interpeller les auteurs des actes de torture pour qu’ils puissent répondre de leurs actes.

Déjà en 2009, Me Zeus Atta Ajavon a tiré la sonnette d’alarme sur le fait que son client, Kpatcha Gnassingbé, était détenu à l’Agence national de renseignement (ANR), interdit de toute visite même de sa femme.  Peu après d’autres personnes ont fait des révélations relatives aux traitements inhumains et certains militants de l’opposition ont eu à gouter à l’amère expérience du colonel Yotroféi Massina. Tout récemment, ce sont des organisations de défense des droits de l’homme qui sont montés au créneau pour attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur ces actes rétrogrades.

Il aura fallu que certains détenus, aussi accusés comme Kpatcha Gnassingbé de complot contre la sûreté de l’Etat, montrent les séquelles des sévices et tortures qu’ils sont subies pour que les esprits soient une fois de plus réveillés sur les traitements inhumains et dégradants qui ont cours impunément à l’Agence nationale de renseignement (ANR).

L’ANR ou le Guantanamo togolais

Depuis sa création en 2006 par le Chef de l’Etat togolais Faure Essozimna Gnassingbé, cette agence s’est très vite mutée en une véritable Gestapo pour brimer ou un Guantanamo.

A en croire l’adjudant chef Seydou Ogbakiti, un des prévenus, le sommeil est presque inexistant. Ceux qui n’étaient pas torturés étaient contraints à entendre à longueur de nuit, des bruits assourdissants d’autres détenus qui subissaient les affres. Quand on oblige des détenus à uriner dans des bouteilles d’eau minérale, c’est une torture.  L’on peut très vite peindre l’allure que prennent ces tortures rien qu’à entendre le Capitaine Adjinon Lambert « Je veux que le peuple togolais sache que Massina est un monstre, un sadique, un psychopathe, un nazi. C’est une personne qui éprouve beaucoup de plaisir à faire du mal ». Tour à tour, les prévenus depuis le début de leur comparution à la barre, n’ont cessé de dénoncer les conditions exécrables dans lesquelles ils étaient à l’ANR. Et ce n’est pas Tchinguiliou qui aura dit le contraire  « Je reviens d’un séjour des morts…moi j’ai suivi une torture spéciale…j’ai saigné des mois et des mois  et fais une crise hémorroïdaire saignante après avoirs été privé de nourriture » a dit à la Cour, le directeur financier de Kpatcha Gnassingbé alors qu’il était à la SAZOF, avant de poursuivre « Là où nous avons été gardé, il y a une cellule que nous appelons 6ème continent ».

Les témoignages des prévenus sont aussi nombreux et ne manquent pas en cruauté au sens aigu du terme.  L’Officier Sizing, un autre prévenu, aussi agent de l’ANR va plus loin pour avouer qu’il y a des cellules de tortures spécialement aménagées et, a-t-il dit, sous la direction du Commandant Kadanga Michel. « Il y en a qui sont formés à la méthode française, américaine et israélienne ». Le camp RIT a été aussi mis à contribution pour commettre ces actes dégradantes, à en croire les prévenus.

Et pourtant, le Togo a bel et bien ratifié le 18 Novembre 1987, la Convention sur la torture.

Ce qu’il faut aussi noter dans tout ce lot de tortures est que les prévenus étaient complètement coupés de tout lien avec leur famille. Le salaire des prévenus ont été coupés depuis lors. Des interrogatoires ont été faits assortis de propositions mirobolantes. A certains, est promise une libération à d’autres de l’emploi à la présidence de la République.

De la nécessité d’interpeller Massina

Si réellement le Togo est un Etat de droit et pour avoir ratifié la Convention sur la torture, l’on ne devra même pas faire couler beaucoup d’encre et salive avant que cette agence ne soit fermée. Au cours des audiences à la Cour suprême, les avocats de la défense l’ont d’ailleurs vivement recommandé et ont interpelé le juge Abalo Pétchélébia à cet effet.

On se rappelle encore que lors des dernières journées portes ouvertes de l’armée, le Général Mohammed Atcha Tikpina avait fait croire que l’ANR ne relève pas de sa compétence mais plutôt de celle du chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé.

Au vue de ces nombreux cas de torture et devant le silence notoire au plus haut sommet de l’Etat, il urge que des actions soient menées pour interpeller le Colonel Yotroféi Massina, le Capitaine Kadanga et tous ceux qui ont été cités par les prévenus pour avoir perpétré des traitements inhumains et dégradants.

Avec ces formes de torture, ce serait donc faire preuve de cécité intellectuelle pour dire que « Le Togo respecte trop bien les droits de l’homme ».

Si rien fait ce sont donc de présumés innocents qui vont continuer par subir les affres du Colonel Massina qui selon, les prévenus, use de tous moyens pour soutirer des informations et même pour leur attribuer des propos.

Sylvio Combey

Une Réponse

  1. Deux remarques : ce qui transparait ici, c’est la barbarie Franceàfric à l’état brut.
    Mais il faut insister sur le fait qu’il s’agisse de « tortionnaires Sambo-Quimbo » : Dans le livre « La Case de l’oncle Tom », le propriétaire de la plantation esclavagiste était un « Simon Legree ». Et non pas les deux pantins collabos qui faisaient régner la terreur à son service.
    En Afrique, les barbares sont des harkis travaillant sous les ordres de troupes d’occupation. Une vidéo récente en donna la preuve dans les rues de Lomé.
    Et ces barbares sont aux ordres de la classe esclavagiste mondiale. A commencer par le premier d’entre eux : l’esclavagiste français Vincent Bolloré qui récupéra les plantations d’esclaves de la banque Rivaud.
    La seconde remarque, c’est la fait que la jurisprudence Janas-Changeur-Bourry, si elle était confirmée en appel à Bordeaux permettrait de condamner le blog de Sylvio Combey à la même peine que nous : 200 euros (131 000 FCFA) par jour pendant quatre mois.
    Un total de 31 000 euros réclamés : plus de 20 millions de FCFA !!!
    Et cela pour les contenus « excessifs » de dizaines et de dizaines d’articles de ce blog !!!
    Des plaintes telles que celle qu’avaient tenté les tyrans d’Afrique contre François-Xavier Verschave et son livre « Noir Silence » ne seraient plus traitées sur le fond en 17° chambre du TGI de Paris, mais en référé par des juges de provinces…… sur la base de textes de lois totalement détournées de leur sens.

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