Affaire Kpatcha : Des présumés auteurs font toujours des révélations accablantes sur les cas de torture à l’ANR


Kpatcha Gnassingbé, le demi–frère du chef de l’Etat togolais et ses 31 coaccusés dans l’affaire de tentative de renversement des

Le Général Tidjani conduit, menottes aux mains à la voiture

institutions de la République de 2009 ont encore fait leur comparution jeudi 08 septembre dernier au palais de Thémis. Tous ont plaidé non coupables des faits qui leur sont reprochés. 

Dans la journée, les débats ont essentiellement tourné autour d’une affaire de clé USB sur laquelle serait contenu tout le plan d’attaque ou de coup d’Etat. Deux communiqués dont l’un dûment signé par Kpatcha Gnassingbé et dont il a d’ailleurs reconnu la paternité ont été lus. L’un parlant du coup d’Etat et l’autre relatant les conditions dans lesquelles cela a du arriver appelant le peuple togolais à la sérénité afin d’organiser « des élections dans les meilleurs délais et sans violence ». Ces communiqués étaient non seulement manuscrits mais contenus sur la clé USB en question.

Les avocats de la partie civile s’y sont donc jetés comme pour avoir trouvés la petite bête, mieux, des pièces à conviction révélant qu’un coup d’Etat se préparait. Mais pour la défense, même si ces communiqués existent, cela datent de 2007 et « n’ont rien à avoir avec le coup de 2009 en question ». Plusieurs fois appelés à la barre sur la question avec d’autres coaccusés, Kpatcha Gnassingbé finira par lâcher « Je crois que je ne parle pas chinois…je parle français, la Clé n’a rien à avoir avec l’affaire que vous êtes en train de juger ».

Bien avant l’intervention de Kpatcha Gnassingbé, député à l’Assemblée nationale, le Général Tidjani a aussi été écouté longuement.

L’autre fait qui a essentillement marqué la matinée de jeudi consiste en des révélations sur l’ANR.  D’abord, le sieur Tchinguiliou après avoir demandé la permisssion au juge Pétchélébia de prendre ses médicaments, déclare « Je remercie Jewovah Jireh, Jewovah Zébouth, Jewovah El Shadaî…je suis ma 6ème prise de médicament depuis mon arrestation en septembre 2006 ». Il va marteler plus tard dans un silence de cimetière « Je reviens d’un séjour des morts… ».

Cette déclaration est en effet relative aux tortures dont les prévenus ont eu à subir dans les geôles de l’ANR que dirige le Colonel Yotrofei Massina. Le sieur Tchinguiliou a aussi indiqué qu’  « A l’ANR, il y a une cellule que nous (détenus ndlr) appelons le 6ème continent ». Et là selon ces explications, il s’agit d’une salle qui en réalité n’est autre qu’un nid de moustiques pour piquer des heures durant et il se rend compte aujourd’hui que presque tous les autres détenus ont fait la même cellule.

A l’ANR qu’il appelle insidieusement Guantanamo, se sont déroulés plusieurs autres formes de tortures « J’ai saigné, saigné des mois et des mois ». Mais avant de clôture sa comparution avec les vagues de questions il a récité des lectures bibliques et indiqué qu’une nouvelle page de l’histoire du Togo est en train de s’écrire. Lui, faudra-t-il le rappeler, a été le Directeur financier de Kpatcha Gnassingbé lorsqu’il dirigeait la SAZOF. Il déclare faire de l’hémorroïde aigue et de l’hypertension artérielle.

Parmi ceux qui ont été appelés à la barre figurait le petit-frère du Colonel Massina de l’ANR, Massina Sizing. Celui-ci étant lui aussi un agent de l’ANR a aussi fait des révélations sur les formes de torture qui ont cours dans ce agence avouant qu’ « il y a différentes cellules de torture, lesquelles sont commandées par le Commandant Kadanga». Intérrogé à plusieurs reprises, il finira lui aussi par dire :  « Chez nous à l’ANR, nous avons des méthodes françaises, américaines et israéliennes…cela dépend de la formation de chacun ».

Devra-t-on rappeler que bien avant ces prévenus, d’autres ont déjà fait des révélations montrant des séquelles aux pieds et à la poitrine.

Depuis le début des comparutions, les présumés auteurs du putsch de Pâques n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur ces tortures qui se pratiquent à l’ANR pour obtenir des aveux de la part des prévenus. Les avocats de la défense ont tapé sur la table, appelant le juge Pétchélébia à mener des actions dans ce sens. Le Togo a ratifié la Convention sur la torture le 18 novembre 1987 mais ces pratiques rétrogrades ont toujours cours.

Dans la soirée, les présumés auteurs ont été encore écoutés et le procès se poursuit. A ce jour, 24 de ces prévenus sont entendus pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat et groupement de malfaiteurs.

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