Pour saper les prochaines élections: Le pouvoir nomme des chefs cantons pro-RPT


Plus les jours passent, plus on s’approche des prochaines élections locales et législatives. Pour ne pas être pris au dépourvu, le pouvoir en place s’active pour placer ses pions. La nomination de chef canton dans diverses localités au grand dam des populations concernées en est une parfaite illustration.

Depuis quelques mois, des voies ne cessent de se lever contre un décret présidentiel portant nomination de chef canton. Les populations à la base s’insurgent contre ce décret présidentiel pour violation des us et coutumes pour n’avoir pas été consultés. Nombreux sont ceux qui disent que le gouvernement leur a imposé de chef canton.

Dans plusieurs localités, ces revendications se révèlent justifiées surtout qu’à certains chefs nommés ne remplissent pas les conditions ou encore ne sont même pas de la famille princière. Alors l’on se demande à quel dessein sont faites ces nominations.  Quelques investigations ont permis de découvrir que le pouvoir en place prépare ainsi le terrain pour les prochaines élections législatives prévues se tenir en 2012.

S’il est vrai que les élections législatives et locales ne sont pas souvent sources de violence et de vives contestations au Togo, il est autant vrai qu’elles constituent le soubassement des élections présidentielles. L’implication des chefs cantons, préfets  ou représentants de l’administration territoriale est assez déterminante, contrairement aux normes. Faisant sienne cette hypothèse, le pouvoir en place s’attèle à imposer aux populations, des chefs cantons qui joueront, comme a toujours été le cas, un grand rôle dans les élections locales et législatives en perspective.

Dans la préfecture des Lacs par exemple, le sieur Ahlonko Marc-Stéphane Bruce est nommé est nommé chef canton par le pouvoir RPT. Et depuis lors, ce dernier ne cesse d’essuyer des critiques de la Collectivité Adjigo. Aussi scandaleux que cela puisse paraître, l’on voit déjà le contesté Ahlonko Bruce s’activer du côté du Mouvement de jeunes qui sillonnent hameaux et campagnes pour prêcher l’idée d’enterrer le RPT bientôt vieux de 50 ans au pouvoir au profit d’un autre parti qu’incarnera le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé.

Rien qu’à voir le sieur Ahlonko Bruce prendre fait et cause pour le Chef de l’Etat, l’on peut très vite lire son intention à faire feu de tout bois et s’impliquer personnellement dans les prochaines élections pour garantir la réélection de Faure Gnassingbé. Et pourtant cela n’est pas du rôle d’un chef canton. D’autres parts, on comprend qu’il est nommé chef canton pour jouer ce jeu et peser dans la balance lors des prochaines joutes électorales.

Plus loin encore, au grand nord du pays, dans la préfecture de Kpendjal, l’on suspecte la même situation. Le gouvernement y a procédé à un véritable diktat en imposant aux populations du canton de Kpendjaga, un chef. La séance de vote qui devait permettre aux populations d’élire leur chef n’a même pas eu lieu et seront surprises de voir la nomination du sieur Mibiba Issa comme roi. Et pire encore, le 21 janvier 2011, alors que le gouvernement porte à la connaissance du peuple togolais la reconnaissance de Kpendjaga comme canton avec chef lieu Kpendjaga, il reviendra sur sa décision cinq jours plus tard transférant le canton à Papri et pour chef-lieu Papri.

Dans les couloirs, des informations révèlent que le pouvoir considère ceux de Kpendjaga comme étant des « opposants » et donc pas favorables à pouvoir favoriser le maintien du RPT au pouvoir. « Il est évident chez nous que les chefs ne sont jamais écartés de l’organisation des élections et n’ont jamais été neutres…Plutôt, ils affichent leur intention de voir pérenniser le RPT au pouvoir… », avoue un ressortissant de la préfecture de Kpendjal, sous le couvert de l’anonymat. Celui-ci témoigne du rôle qu’ont toujours joué les représentants de l’administration, dans les hameaux et coins reculés du pays, au cours des joutes électorales. Ceci, au nez et à la barbe de l’opposition qui n’aurait jamais su disposer de membres crédibles et intègres pour un rapport fidèle.

Selon certaines indiscrétions, cette stratégie l’une des raisons qui sous tendent les manipulations qui ont entrainé la scission de l’UFC. L’objectif étant d’arriver à jouer sur la popularité de ce parti et profiter pour  avoir une main mise sur la partie sud du pays (qui serait acquise à ce parti), lors des prochaines élections locales et législatives.

Autant d’éléments qui laissent transparaître les intentions inavouées du RPT dans la nomination de chefs cantons acquis à sa cause, violant les us et coutumes des populations.

Sylvio Combey

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