Nomination de Chef canton à Kpendjal : LE GOUVERNEMENT VIOLE LES US ET COUTUMES


La nomination de chef canton par le gouvernement, en janvier dernier, attise encore la furie des populations concernées. Après la préfecture des Lacs, c’est au tour de ceux de la préfecture de Kpendjal de se lever contre la décision du gouvernement. Les populations accusent le gouvernement d’avoir violé leurs us et coutumes.

La gestion des affaires politiques dans un pays est une chose, la gestion des affaires traditionnelles en est une autre. Même si celle-ci tente à se conformer à certaines règles de démocratie, il n’en demeure pas moins vrai que qu’il existe certaines valeurs jugées sacrées

Le ministre Pascal bodjona interpelé

par les populations qui, bafouées, attisent mécontentement, haine, voire violence. C’est malheureusement le cas aujourd’hui dans beaucoup de préfectures du Togo comme celle de Kpendjal.

 La nomination du Chef canton viciée

Pour arriver à la nomination d’un Chef canton, il existe plusieurs règles qui doivent être respectées appuyées de plusieurs enquêtes morales. Dans le grand nord, même si le Chef est désigné à l’issue d’un vote populaire, ces règles ne sont pas non plus offusquées. Les populations de Kpendjaga ont été on ne peut plus surprises de constater par voie de presse qu’en début du mois de juin, un décret présidentiel dit reconnaitre un chef canton pour Kpendjaga. C’est encore les us et coutumes des populations qui sont une fois encore bafouées. La séance de vote qui devrait permettre de dégager un chef pour toute la communauté n’a même pas eu lieu.  Or à Kpendjaga, on s’attend à élire le sieur Mibiba Issa comme roi. Ce choix est incontournable, selon les natifs de Kpendjaga qui expliquent que Mibiba Issa est le candidat des Sinam qui sont majoritaires et soudés derrière leur candidat. En clair, la voie normale n’a pas été respectée. Cela s’apparente à un véritable « diktat » de la part du gouvernement qui vient ainsi d’imposer un roi à une communauté. Le drame encore est que ce roi est issu d’une communauté « rivale » aux Sinam. Depuis lors, les natifs de Kpendjaga ayant mesuré l’ampleur de la situation ont très vite entamé des démarches auprès des autorités compétentes en l’occurrence le Chargé de la chefferie au ministère de l’administration territoriale. A ce jour, toutes ces démarches se révèlent futiles mais les populations ne comptent en rester là.

 Kpendjaga abusivement remplacé par Papri

En effet, au cours du conseil des ministres du 21 janvier 2010, le gouvernement a dit avoir reconnu la création de nouveaux cantons. Ainsi, au sortir de ce conseil, a été déclarée au nombre des nouveaux cantons, la création du canton de Kpendjaga avec pour chef-lieu Kpendjaga, dans la préfecture de Kpendjal. La joie des populations est toujours de se voir conférée cette responsabilité qui pour elle, est un véritable honneur, une considération. Cette joie des populations de Kpendjaga aura seulement été de courtes durées. Cinq jours après cette déclaration, le gouvernement porte à la connaissance du peuple togolais qu’une erreur s’est glissée dans le décret. Ainsi, il indique que « au lieu de canton Kpendjaga avec chef lieu Kpendjaga, lire et écrire canton de Papri, chef-lieu Papri ». La colère a donc monté d’un cran dans la préfecture de Kpendjal, en particulier auprès de la Collectivité Sinam qui se voit ainsi rabaissée pour une seule personne.

Selon la tradition orale à Kpendjaga, Papri est seulement un nom, le nom d’un collecteur d’impôts au marché public des Sinam. A la mort du dernier chef des Sinam, le roi Yemblimé, le sieur Papri  qui était en charge de veiller sur le cheval du roi a pris le contrôle. Et de façon abusive, il a fait transformer le nom du canton à Papri, son nom.

Si les Sinam se soulèvent aujourd’hui, c’est à raison car pour eux, leur canton ne doit pas porter le nom d’une personne mais plutôt de Kpendjaga qui plus est le nom du fleuve qui traverse leur région. Le gouvernement lui, en a fait fi.

Le respect des us et coutumes a toujours bénéficié d’un grand respect auprès des populations dans les sociétés togolaises. Dans plusieurs préfectures, le mécontentement est général. De la côte Sud au grand nord, le décret présidentiel de reconnaissance officielle des chefs cantons irrite plus d’un. A cette allure, cette attitude solitaire du gouvernement contre les grés des populations risque de nourrir des tensions auprès des populations, de les alimenter et de favoriser des violences.

 Sylvio Combey

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