Université de Lomé : Repressions, course-poursuites, grenades lacrymogenes encore au quotidien


L’atmosphère sur le campus universitaire de Lomé est loin d’être propice à la reprise des cours pour les examens. Les forces de l’ordre déployées sur les lieux ont encore « distribué » des grenades lacrymogènes, réprimé et engagé

Des gendarmes, lors de la répression

des course-poursuite contre les étudiants. Et pourtant ces derniers réclament la réintégration de leur camarade du MEET, Adou Seibou avant toute discussion.

A l’appel du Mouvement pour l’émancipation de l’étudiant togolais (MEET), nombreux sont les étudiants qui se sont regroupés encore hier devant l’amphi 600 pour une Assemblée générale. Mais aussitôt se sont-ils rassemblés qu’ils ont été dispersés par les forces de l’ordre. Les grenades lacrymogènes n’ont pas tardé à pleuvoir. A bords de leur voiture 4×4, bien outillées de grenades lacrymogènes et de matraques, les forces de l’ordre ont engagé une véritable chasse à l’homme contre les étudiants, même jusque dans la brousse. « C’est gravissime si les étudiants doivent être poursuivis jusque dans la brousse comme des lapins », a vociféré un jeune étudiant sous le couvert d’anonymat. Des étudiants, en masse, tentaient de rallier le campus nord mais ils ont été aussi stoppés par les forces de l’ordre. Et le scénario de course-poursuite aura repris, des gendarmes dans leur 4X4 et les étudiants à pieds.

 « Je suis venu réclamer mes droits, je veux vivre comme un étudiant et être respecté comme tel », a pesté un autre étudiant qui dit s’être rendu sur les sites avec ses propres moyens. Selon ses propos, le circuit de ralliement du campus universitaire par les bus est coupé mais les étudiants ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. L’initiative prise par les premiers responsables du pays d’exclure pour six ans des universités du Togo, Adou Seibou, le leader du Mouvement pour l’émancipation de l’étudiant togolais (MEET) est visiblement pour décourager les étudiants dans leur contestation. Malheureusement, ils doivent se rendre compte qu’ils ont été mal conseillés. C’était plutôt le mauvais pas à ne pas faire.

Aujourd’hui, le mot d’ordre des étudiants reste le même. Ils réclament la démission du président de l’UL et insistent sur la réintégration du président du MEET, Adou Seibou. A entendre les étudiants, on a tendance à croire qu’ils ne sont pas prêts à reprendre les cours s’ils ne trouvent pas satisfaction. « Il ne peut jamais avoir cours dans cette université, personne n’est aujourd’hui prêt à composer dans ces conditions, même si le mouvement doit continuer jusqu’en janvier, on est prêt à le faire », a invectivé un jeune étudiant en Sociologie. Ses propos seront amplifiés par un de ses camarades pour qui, la peur des autorités est de leur accorder certaines facilités qui vont leur permettre d’arriver au même niveau que leurs enfants qui étudient actuellement à l’extérieur du pays.

Il se murmure entre les étudiants que le mouvement se poursuit sur le site seulement avec un point de démarrage différent. Pour avoir été maintes fois réprimées devant l’amphi 600 par les pluies de grenades lacrymogènes, les étudiants le qualifient de « Benghazi ».

La réflexion d’un des étudiants est de ne pas comprendre comment les forces de l’ordre peuvent se permettre de réprimer les étudiants alors qu’ils ne font rien de grave, qu’ils ne revendiquent que leurs droits et qu’ils manifestent les mains nues.

Sylvio Combey

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