Face à l’augmentation des prix des carburants : DES SYNDICATS SE PREPARENT A « ARRACHER » LES DROITS DES TRAVAILLEURS


Deux semaines après l’augmentation des prix des carburants, un cocktail Molotov est en préparation pour parer à l’attitude

Ahoomey-Zunu, Ministre du Commerce

d’insouciance du gouvernement et permettre aux travailleurs d’arracher leurs droits socio économiques.

En moins de six mois, les Togolais ont reçu deux coups de massue en plein dans le dos. Ils ont dû entamer, impuissants, l’année 2011 par une augmentation des frais d’électricité et en juin dernier, ce fut le tour du ministre du commerce et de la promotion du secteur privé, Sélégaodji Arthème Ahoomey-Zunu et quelques caciques du pouvoir de décréter la révision à la hausse des prix des carburants. Et, pour très bientôt, les factures d’eau seront aussi revues à la hausse.

Pour certains patrons syndicaux comme Ayao Gbandjou de la Fédération des travailleurs de bois de construction (FTBC), c’est un message fort du gouvernement pour faire comprendre aux populations qu’« il est prêt à les emmener à l’abattoir ». Emmener quelqu’un à l’abattoir sous entend qu’on est peu soucieux du bien être de son prochain et prêt à le sacrifier. Et pour cause, des centrales syndicales sont en train de se mobiliser pour arracher du gouvernement, les droits socio économiques des travailleurs.

Dans les couloirs de ces centrales syndicales, il est inconcevable que le gouvernement opère une augmentation sur les prix des produits pétroliers à l’heure où la grogne ne cesse de monter auprès des populations, notamment du côté des étudiants, du personnel soignant. Il ne sera pas du tout étonnant de voir tous les travailleurs descendre aussi prochainement dans les rues pour réclamer leurs droits afin de vivre de façon descente.

Le travail décent au Togo est encore une chimère, en ce 21ème siècle, renvoyant les travailleurs à se contenter de leurs conditions de vie trop précaires. Depuis belle lurette, peu sont les togolais qui peuvent se réjouir de leurs conditions surtout qu’ils peinent à se procurer de façon convenable, leur pain quotidien, à se soigner, à se vêtir, à trouver aussi un logement décent et bien entendu, à préparer leur futur et à réfléchir à l’avenir de leur progéniture.

Et c’est dans ce contexte que des hauts perchés, des ministres continuent par dilapider les fonds de l’Etat, mieux, du contribuable togolais qui en paie le prix fort. L’autre pas maladroit viendra du ministre du Commerce avec la confection de mini posters qui loin de réconforter, affligent. « Phénomène de la vie chère…un cheval fou ; A brebis tondue, Dieu mesure le vent », sont entre autres les messages qu’on peut lire sur ces mini posters encore confectionnés avec l’argent du contribuable. A quoi serviront ces posters si le Togolais n’arrive pas à manger ? A y réfléchir de manière objective possible, on le résume à une insulte à l’endroit des populations.

C’est dans cette atmosphère délétère que le Chef de l’Etat togolais trouve opportun de voler au secours de la troisième puissance mondiale : le Japon. C’est 200 000 $ US (soit environ 92 millions de FCFA) que Faure Gnassingbé a accordé à un pays qui se perd et paie les conséquences de s apolitique du nucléaire. Rien qu’à comparer cet écart économique entre le Japon et le Togo dont plus de 62,3 % des individus a un revenu inférieur à 2 $ US par jour (soit environ 1000 FCFA en 2006), on se demande s’il faut en rire ou en pleurer. C’est le peuple qui en pâtit, seulement des promesses sont faites aux médecins et aux étudiants qui ne réclament pourtant que de meilleures conditions de vie et de travail.

L’exécutif prétend se soucier des jeunes; or, un rapport de la Banque mondiale souligne que plus de 43 % de la population demeure analphabète et aussi paradoxale que cela puisse être, c’est moins de 4,9 % du budget gestion 2011, qui est alloué au secteur de l’éducation, y compris la construction de bâtiments.

Le mouvement estudiantin de même que celui du personnel soignant est loin de trouver un épilogue heureux. Le cocktail Molotov qui se prépare risque d’emporter tout le gouvernement, comme le printemps Arabe.

Sylvio Combey

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