Accord RPT-UFC / Quand Gilchrist Olympio encourage la violation des textes constitutionnels


Plus les jours passent, plus l’horizon s’éclaircit sur les non-dits de l’accord signé entre le président de

Gilchrist Olympio Pdt UFC (alliéRPT) Crédit photo: republicoftogo

l’Union des forces de changement (UFC), Gilchrist Olympio et le Rassemblement du peuple togolais (RPT). Une dernière sortie médiatique du leader de l’UFC en révèle un autre.

A l’annonce de son accord avec le RPT, parti contre qui il avait promis lutter pour l’instauration d’une véritable démocratie au Togo, Gilchrist Olympio, le 26 mai 2010, indiquait faire preuve d’un réel sursaut d’orgueil et de patriotisme pour relancer le Togo sur de réelles bases démocratiques. Et de ce fait, il a annoncé présider le Comité de suivi des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Aussi a-t-il précisé qu’il aviserait si ces réformes n’étaient pas entamées dans les six mois qui devraient suivre l’accord. Un an après ce fameux accord, pas une seule réforme effectuée et le Président de l’UFC, d’une manière éhontée, s’en félicite dans son message bilan du 27 mai dernier.

Gilchrist fait fie des réformes

La surprise a été grande de lire le président de l’UFC résumer l’accord RPT-UFC en trois points qui sont « consolider l’apaisement général dans le pays, concourir au redressement économique et social du Togo, créer les conditions pour une alternance politique pacifique ». En clair, les réformes constitutionnelles et institutionnelles dont il disait présider le Comité de suivi, sont rangées dans les tiroirs et Gilchrist Olympio s’en « réjouit ». Un an après cet accord, il fait fie des réformes à opérer pour redonner au Togo une nouvelle image mais au contraire, s’en félicite alors que le respect des droits de l’homme reste encore une chimère au Togo, rien qu’à revoir les forces de l’ordre réprimer de manière sauvage et affligeante, une manifestation pacifique des étudiants. La manifestation n’est-elle pas un droit constitutionnellement reconnu ? Et pourtant c’est dans ce contexte que Gilchrist Olympio estime des avancées au regard de la situation inacceptable dans laquelle se trouvait le pays. Or, dans son message, il reconnait que « le système judiciaire mérite une attention particulière car il est vicié par plusieurs années de corruption et d’incurie ». Avec cette attitude d’un homme qui prétend renverser le parti au pouvoir avec une touche de « sagacité, de doigté, de douceur, de patience, et de détermination », l’on comprend aisément qu’il est s’est fait proprement entuber, et qu’il se retrouve au pied du mur, coincé et contraint à avaler toutes les couleuvres que sert le RPT, bientôt vieux de 50 ans au pouvoir. Et pour cause, le RPT se voit offrir sur un plateau d’or la latitude de manipuler les textes constitutionnels comme bon lui semble.

 Un tripatouillage constitutionnel en perspective

Longtemps, a-t-on indexé le RPT d’être rompu en tripatouillage des textes constitutionnels du Togo. Cette-fois-ci, il entend opérer ce coup de force avec l’UFC.

Le 16 juin prochain l’UFC et le RPT devront encore sabler leur attelage avec la modification de la Constitution togolaise. Les articles 13, 21, 116, 117 et 125 devront être étudiés par les présidents des commissions. Et l’on s’achemine vers une modification unilatérale de la Constitution surtout que ce n’est pas le groupe parlementaire UFC qui ne donnera pas son accord. D’ailleurs cela ne fait-il pas aussi parti des non-dits de cet accord : « épauler le RPT dans ses bavures ».  Avec ce groupe qui a soutenu bec et ongles le RPT dans le vote de la loi portant réglementation des manifestations publiques et de rue, alors que ceux du CAR et de l’ANC l’ont dénoncé, démontre à bon escient le rôle que la bande à Aholou jouera encore. On assistera à une modification solitaire sur la  base de la majorité numérique que constituent le RP et l’UFC à l’Assemblée nationale.

Mais de la sorte, c’est l’Accord politique global (APG), signé le 20 Août 2006 à Lomé qui se voit encore violé. Cet Accord recommande certes les réformes constitutionnelles mais l’alinéa 2 du point 3.1 exige qu’elles soient faites « dans un esprit de large consensus ». Dans ce cas de figure, le consensus ne sera partagé que par deux partis politiques.

Somme toute, l’on comprend le pourquoi Gilchrist Olympio fait fie des réformes dans son message bilan de l’accord RPT-UFC. Il aura déjà donné son onction pour des modifications solitaires par le RPT et l’UFC.

Sylvio Combey

 

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