Hausse des prix des carburants: 5000 F CFA pour bluffer les Togolais


Depuis le 04 juin dernier, les prix des produits pétroliers connaissent une nouvelle hausse. Comme pour mesure d’accompagnement, dit-

Ahoomey-Zunu, Ministre du Commerce et de la promotion du secteur privé

on, 5000 Francs Cfa est allouée aux agents de l’Etat et du secteur privé en activité ainsi qu’aux retraités. Nombreux sont les togolais qui qualifient la démarche de l’exécutif de bluff. 

De jour en jour, le niveau de vie des togolais ne cesse de s’éroder. Et, tous les conditions sont réunies pour qu’elles aillent de mal en pis. Et pour enfoncer le clou dans l’abîme, entre béant et difficile à supporter, le gouvernement en conseil des ministres le vendre 04 juin dernier, a décidé d’opérer une hausse allant à 5% sur les prix des carburants.

Désormais, le prix du super sans plomb est fixé à 567 francs Cfa alors que les prix du pétrole lampant montent à 467, ceux du gasoil à 599 et le mélange 2 temps à 639 francs Cfa. La bonbonne de gaz butane de 12, 5 Kg est à 3675.

 5000 francs pour bluffer 

Lors d’une rencontre avec les médias samedi dernier, des émissaires du gouvernement ont annoncé l’allocation de 5000 francs Cfa aux agents de l’Etat et du secteur privé en activité ainsi qu’aux retraités. De même, les étudiants ont aussi droit à 5000 francs Cfa, par trimestre. La décision de l’exécutif togolais ressemble à un pas pour faire endormir les populations sur les conséquences de cette augmentation. La question qu’on peut se poser est si le gouvernement a une véritable main mise sur le secteur privé pour savoir si réellement les employés de ce secteur vont bénéficier de cette augmentation. Et même si l’employeur doit procéder à une augmentation  sur le salaire de son employé, l’on devra s’interroger sur les moyens accordés à ce dernier pour opérer ce changement brusque.

Pire encore, cette augmentation de 5000 francs Cfa ne court que jusqu’à la fin de l’année, c’est-à-dire pour une durée de 6 mois seulement. Reste donc à savoir si ces 5000 francs Cfa permettront au togolais de supporter les prix des produits de première nécessité qui n’ont même pas attendu 24 heures pour subir aussi une augmentation. Alors que le vent du Maghreb commence par atteindre le sud du Sahara et que les dirigeants commence par prendre des mesures à la hauteur avec des augmentations allant jusqu’à 30 000 francs Cfa, le gouvernement togolais ne trouve pas mieux que 5000 francs.

« Ces mesures dont on nous parle ne sont pas du tout responsables », a pesté un jeune fonctionnaire du privé. Pour lui, plus les jours passent, plus les togolais pensent que les premiers responsables du pays se soucient peu d’eux. Si non, comment comprendre que c’est 5000 francs seulement qui est proposé comme mesure d’accompagnement. «C’est une insulte à notre endroit », a fulminé un jeune chômeur qui visiblement semble perdre tout espoir en un lendemain meilleur avec le régime en place.

 Flambée des prix des produits de premières nécessités

Sans surprise aucune, les prix des produits des denrées alimentaires ont connu une flambée fulgurante. Les consommateurs se plaignent déjà de cette hausse qui risque de les crucifier. Du coup, la révision à la hausse des prix des produits pétroliers entraînent une hausse de 50 francs de certains produits. Rien qu’à citer quelques exemples, le nombre d’oignons pour un tas de 50 francs ou 100 francs a baissé. Le pain de savon préalablement fixé à 250 francs est subitement ramené à 300 francs. « Déjà j’éprouve des difficultés à assurer convenablement aux besoins de mes enfants mais avec ça, je crois qu’on envoies à l’abattoir », s’est lamenté David Zinsou, un père de famille. Cela ne devra donc pas étonner de voir les prix d’autres produits de premières nécessités subir une augmentation fulgurante.

L’exécutif dans du dilatoire

Cette nouvelle augmentation de l’exécutif togolais viole les propos de l’ex-ministre du commerce et de la promotion du secteur privé, Kokou Gozan qui avait souligné que la structure des prix devrait être publiée chaque mois conformément à l’évolution du prix du baril. N’est-ce pas le même exécutif qui, par décret du 26 novembre 2010, a adopté un nouveau mécanisme d’ajustement automatique des prix des produits pétroliers à la pompe fondé sur le principe de la vérité des prix ? Non seulement les prix devraient être publiés de façon mensuelle, ils sont déterminés sur la base du coût d’importation du mois écoulé. Or aujourd’hui, le gouvernement passe outre ce qu’il avait lui-même annoncé et promis suivre.

Ici encore, on devra se demander à qui profitent ces multiples augmentations si ce n’est  pas eux-mêmes les hauts perchés qui disposent de stations d’essence sur toute l’étendue du territoire national. Le ministre porte-parole du gouvernement Pascal Bodjona verse, tout comme les autres, dans du dilatoire en insinuant que les populations gagnent plus qu’elles en perdent.

Sylvio Combey

 

 

 

 

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