Retour des miliciens du RPT dans les manifestations : LE SPECTRE DE 2005 PLANE ENCORE SUR LE TOGO


Des miliciens, vraisemblablement, du parti au pouvoir se sont encore mal illustrés jeudi dernier, lors d’une manifestation à laquelle ont appelé le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) et le Parti des travailleurs. Parallèlement à la répression des manifestants par des gendarmes, ils opéraient impunément, martyrisant les populations. Cette attitude rétrograde fait planer sur le Togo, un risque imminent de retour à des violences que ces « hommes forts » ont perpétré au Togo en 2005.

Au vu et au su d’une dizaine d’observateurs du Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) et de nombreux togolais, des jeunes armés de gourdins cloutés et de coupe-coupe ont fait une descente musclée au quartier Bè-Kpéhénou. Descendus d’une voiture de type Chevrolet,immatriculée AI8772, ces jeunes costauds ont semé la terreur auprès de la population embarquant avec eux, d’innocents jeunes hommes qui sont pour la plupart, des mécaniciens. Ces actes des miliciens du RPT commencent par inquiéter  surtout qu’ils se répètent de plus en plus et à chaque fois qu’une frange de l’opposition organise une contestation. Faudra-t-il rappeler une fois encore la pagaille que sèment ces miliciens depuis quelques semaines déjà dans la capitale togolaise? Le samedi 19 février dernier, ces jeunes de grand gabarit se préparaient à semer le trouble lors du traditionnel meeting du FRAC et de ses alliés à la plage. La semaine qui a précédé cet acte avorté, ils ont menacé une délégation de Jean-Pierre Fabre lors des tournées dans les marchés. De plus en plus, on les remarque à bord de voitures banalisées munis de gourdins cloutés et de coupe- coupes et autres objets contondants. Et pourtant, l’on clame sur tous les toits, la réconciliation. Cela risque de plonger une fois encore le pays dans un gouffre pareil aux violences perpétrées par ces éléments du 05 février à juin 2005, après le décès du feu Président Gnassingbé Eyadema, pour conserver le pouvoir.

Le rapport de l’ONU

Le rapport de la mission d’établissement des faits, chargée de faire la lumière sur les violences et les allégations de violations des droits de l’homme survenues au Togo, avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005 l’a évoqué, tout en précisant que des éléments des forces de l’ordre et de l’armée ont appuyé les actions de militants du RPT armés de machettes, de coupe-coupe et de gourdins cloutés au cours des affrontements avec les groupes de l’opposition. « …En effet, la Mission a reçu des informations précises sur l’existence d’une milice au sein du RPT placée sous le commandement d’un membre influent du pouvoir. Des témoins ont fait état de camions de la société SOTOCO, (société d’Etat) qui transportaient des militants et des membres de la milice des régions du nord vers la capitale pour commettre des agressions vers la capitale et d’autres villes du centre… », peut-on lire dans le rapport de la mission conduite par Doudou Diène qui a fait état de près de 500morts lors des violences pré et postélectorales d’Avril 2005. Dans la nuit du 21 au 22 avril 2005, au cours d’une conférence pour annoncer sa démission, François Boko, Ministre de l’Intérieur d’alors, en charge de l’organisation de l’élection présidentielle avait aussi fait mention de milices armées de fusils de chasse qui faisaient des descentes dans les quartiers ou accompagnant des cortèges et tirant sur les militants adverses.

La situation, soulignons-le, a commencé depuis 1990 où le vent de l’Est a soufflé sur le Togo et des responsables politiques se sont offert l’opportunité pour armer leurs milices afin de terroriser la partie adverse, et aujourd’hui, la situation ne cesse de se dégénérer. Il est aussi regrettable de constater que des gendarmes poursuivent jusqu’à leur dernier retranchement des manifestants, pour les molester et les arrêter ; d’autres encore lancent, contrairement aux normes en la matière, des grenades lacrymogènes à bout portant sur des manifestants et dans des maisons. Aujourd’hui, le drame est que des forces de l’ordre, par leur passivité, encouragent aussi cet état de fait. De ce fait, les populations civiles, dans leur quête de sécurité personnelle et défense vis-à-vis de ces fauteurs d’insomnie, pourraient privilégier s’auto armer avec des armes légères, ce qui reposera un autre problème de violence armée et d’insécurité collective.

Nombreux sont les aspects qui n’augurent rien de bon pour l’avenir du pays. Il est aussi nécessaire que les autorités compétentes s’y penchent et désarment ces miliciens qui ne cessent de semer la terreur auprès des populations civiles.  Et surtout, interdire leur ingérence dans les mouvements de contestation.

Sylvio Combey

 

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