Premier jour de manifestation contre la loi Bodjona : Bilan 53 interpellations, 7 blessés graves


A l’appel du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) et du Parti des travailleurs, les populations togolaises,

Un gendarmes tirant des grenades lacrymogènes

surtout celles du quartier Bè (fief de l’opposition), sont sorties dans les rues, jeudi 17 mars 2011, pour manifester contre l’adoption du gouvernement d’un projet de Loi régissant les manifestations publiques qu’il convient d’appeler « Loi Bodjona ». Seulement, les manifestants ont été réprimés par les forces de l’ordre. Selon le FRAC, l’on note 53 interpellations, une cinquantaine de blessés dont 7 graves.

Comme pouvait s’y attendre tout observateur avisé de la vie politique togolaise, la marche de protestation prévue pour jeudi dernier a été sérieusement réprimée par des grenades lacrymogènes. Les jeunes qui

Des manifestants, fuyant à l'avancée des gendarmes

taient sortis n’ont ménagé aucun effort pour brûler des pneus, barricader des routes et lancer des projectiles aux gendarmes déployés pour la circonstance. Des jeunots au plus vieux, tous étaient passés à la casserole des gendarmes. Même un bébé a failli perdre la vie au quartier Bè du fait que les gendarmes aient lancé des grenades dans la maison dont les gaz ont envahi la chambre où était couché le bébé. On y notait de véritables course-poursuites contre les manifestants même jusqu’au dernier retranchement. Ceux-ci sont bien tabassés puis jeté dans des voiture 4×4 des gendarmes.

Du côté du FRAC, l’on parle d’une cinquantaine de blessés dont 7 graves. Selon certaines informations, il a été donné de déférer les détenus dans le cadre de cette manifestation, de la gendarmerie à la prison civile de Lomé.  A en croire Alphonse Kpogo de l’ADDI (parti membre du FRAC), ce premier jour de contestation de la « Loi Bodjona », lance la deuxième phase de contestation du FRAC. Ce collectif de partis conteste depuis mars 2010, la réélection de Faure Gnassingbé, Président de la république togolaise. Au cours d’une conférence animée à Lomé, Jean-Pierre Fabre, le président de l’Alliance national pour le changement (ANC), ces manifestations vont se poursuivre tous les jours de la semaine jusqu’au retrait pur et simple de la Loi qu’ils qualifient de liberticide.

Le projet de loi en question a été adopté en conseil des ministres le 02 mars dernier et fixe les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation sur les lieux publics. Pour plusieurs partis politiques, ledit projet de loi est concocté pour saper les droits à manifester pourtant reconnu par la Constitution togolaise.

Aucun communiqué officiel du gouvernement n’interdit cette manifestation. On peut déduire que le pouvoir s’abrite encore, comme il l’a toujours fait, derrière un communiqué daté de 1995 du ministère de l’intérieur qui interdisait des manifestations de rue en jours ouvrables. Or, la Constitution togolaise reconnait le droit de manifester. En clair on peut déduire que pour le RPT bientôt vieux de 50 ans au pouvoir, « un communiqué a force de loi et dépasse la constitution ».

Sylvio Combey

 

Une Réponse

  1. […] y ont pour point de départ. Le Frac en a fait depuis plus d’un an, le lieu privilégié pour démarrer ses mouvements de conte…Les populations de ce quartier, de facto se retrouvent dans l’œil de mire des gouvernants, des […]

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