Crise au RPT autour du « dialogue inclusif » : BODJONA ET SOLITOKI SE LIVRENT UNE GUERRE DE TRANCHEES


La crise au sein du Rassemblement du peuple togolais (RPT) se révèle finalement au grand jour. Latente même avant la présidentielle de mars 2010, cette crise remonte à la surface. Le problème qui révélera la face visible de l’iceberg est la division des caciques du parti sur les intentions réelles du chef de l’Etat, emmenant le Secrétaire général du parti, Solitoki Esso et le porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona à se livrer une véritable guerre de tranchées.

Dire que c’est seulement l’opposition qui baigne dans le flou en ce qui concerne le supposé dialogue auquel a invité le Chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, dans son adresse à la nation en décembre dernier, serait nier la réalité. Même au sein du parti que préside le chef de l’Etat, on ne parle pas d’une même voix.

La crise qui secoue depuis des mois le RPT, bientôt vieux de 50 ans au pouvoir, sort enfin de l’ombre. L’effort déployé pour cacher la forêt se révèle vain surtout vis-à-vis des intentions du Chef de l’Etat envers les partis de l’opposition à aller vers le parti au pouvoir.

Deux caciques du pouvoir, et non des moindres, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, le porte-parole du gouvernement et Solitoki Esso, Secrétaire général du parti sont aujourd’hui à couteaux tirés. Si pour le Secrétaire général du parti, le Chef de l’Etat appelait à un « débat inclusif » avec l’opposition au lieu de « dialogue inclusif », le ton est plutôt le contraire avec le porte-parole du gouvernement. « Dans son adresse à la Nation, à l’occasion du nouvel an, le Président de la République a renouvelé sa volonté de maintenir avec l’ensemble de la classe politique et des forces vives de notre pays, un dialogue inclusif et permanent. Ce dialogue est une source de réflexion partagée sur les défis auxquels notre pays, doit faire face sur les plans politique, économique et social. C’est dans cet esprit que le Président de la République vous invite… », disait Pascal Bodjona, dans une correspondance adressée le 24 février dernier à l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Une lecture méticuleuse de ce passage démontre à suffisance que le porte-parole du gouvernement balaie d’un revers de la main, les propos du Secrétaire général du RPT qui défendait avec bec et ongles sa position sur les plateaux de la télévision nationale.

La division de ces deux « grands » du RPT sur les intentions réelles du Chef de l’Etat, de l’avis de certains observateurs, n’est pas anodine et vient par contre, confirmer le clivage de vision qui existe encore au sein de ce parti. Devra-t-on, une fois encore, rappeler que ce parti était au plus mal même à la veille de la présidentielle de mars 2010, où le candidat investi du parti, Faure Gnassingbé, avait manqué à l’appel préférant se retirer dans la partie septentrionale du pays pour recevoir des hôtes, au grand dam des cadres et militants du parti.

Les mêmes observateurs disent, maintenant, accorder du crédit à l’Alliance nationale pour le changement (ANC) pour n’avoir pas mordu à l’hameçon du parti au pouvoir dont l’appât était « le dialogue inclusif ».

Pour eux, Solitoki Esso surfe sur des prétendus arguments selon lesquels, il a longtemps été un serviteur loyal du « Père », (Gnassingbé Eyadema ndlr). Pascal Akoussoulèlou Bodjona lui, s’adjuge le fait d’avoir fait « des études aux Etats-Unis » avec le « Fils » (Faure Essozimna Gnassingbé ndlr), maintenant chef de l’Etat.

 

Sylvio Combey

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :