Tentative de musellement de la presse : LE POUVOIR DANS LA LOGIQUE DE COMPROMISSION DES MEDIA


La mise sous scellée de trois radios privées à la suite d’une panoplie de publications estées en justice laissent transparaitre une volonté manifeste de

Palouki Massina DG ART&P

museler la presse privée, une stratégie devant aboutir à une compromission des médias. Une stratégie qui, en réalité, est très dangereuse pour la démocratie.

Plus besoin de le démontrer, depuis le 29 novembre 2010, trois radios privées locales notamment X-Solaire, Métropolys et Providence ont été fermées et interdites de toute diffusion par l’Autorité de réglementation des postes et télécommunications (ART&P). Ceci, en violation des textes réglementant la corporation. Toutes les gesticulations de la part du directeur de l’ART&P, Palouki Massina, n’a convaincu personne emmenant les populations à se joindre le samedi 19 février dernier à des organisations de presse, à travers un concert, pour réclamer la réouverture des radios précitées.

Palouki Massina dans le mauvais rôle

Il ressort, à bien lire les textes de l’Autorité de réglementation des postes et télécommunications (ART&P), que Palouki Massina, le directeur de cette institution n’a aucune prérogative à mettre fin aux activités d’une quelconque radio. L’article trois (3) de la loi No 2004-011 du 3 mai relative aux attributs de l’ART&P le stipule très bien : « Sont exclues du champ d’application de la présente loi : les autorisations d’installation et d’exploitation de programmes de radiodiffusion et/ ou de télévision diffusée par voie hertzienne, par câble ou par d’autres moyens de communication audiovisuelle relevant de la compétence de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication… ».  Cela saute donc aux yeux de tous que le directeur de l’ART&P, est dans un mauvais rôle et cache mal l’intention de l’exécutif togolais qu’il a servi toujours comme Secrétaire général à museler la presse privée jugée critique vis-à-vis du pouvoir et les obliger à opter pour une compromission. Au Réseau africain des journalistes sur la sécurité humaine, on annonce ne ménager aucun effort pour tenir responsable Palouki Massina des dérives qui pourraient découler de la situation.

Vers la compromission des médias ?

Malgré la cascade de procès intentés contre des périodiques privés togolais, la presse privée ne se contente pas de caresser le pouvoir dans le sens du poil. Même si cette dernière est accusée de faire preuve de manque de professionnalisme dans le traitement et la diffusion des informations, elle ne mange pas à la même écuelle que le pouvoir. Et, il se révèle que d’autres médias, par crainte de se voir traduits en justice et condamné à verser des sommes faramineuses, préfèrent l’auto censure. Ceci, surtout que ces médias sont confrontés à des difficultés financières et l’aide de l’Etat à la presse qui est, il faut le dire, une véritable peau de chagrin comparée à celle d’autres pays de la sous-région qui est de 300 millions de francs Cfa. La stratégie, selon certaines sources, est d’amener la presse à faire des compromissions et restée inféodée au parti au pouvoir. Ne dit-on pas que la liberté de presse sert de ferment à la démocratie dans un pays ?

Tout compte fait, les autorités ne devraient pas oublier que les médias constituent le quatrième pouvoir et  la mobilisation des populations pour le concert organisé par Journalistes pour les droits de l’homme (JDHO) et ‘’SOS Journalistes en danger’’ devrait vraiment faire réfléchir deux fois.

Sylvio Combey

 

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