Main tendue du RPT à l’ANC : FAURE GNASSINGBE DESAVOUE GILCHRIST OLYMPIO


Le Rassemblement du peuple togolais appelle enfin l’Alliance nationale pour le changement (ANC) à un dialogue politique. Ce nouveau pas du parti au

Faure Gnassingbé, PR du Togo

pouvoir, de l’avis de plusieurs observateurs, est un signe manifeste de la déception du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, vis-à-vis de l’accord, dit historique signé avec Gilchrist Olympio, le leader de l’Union des forces de changement (UFC).

Le 26 mai 2010, suite à la signature de l’accord historique avec l’UFC, le RPT, bientôt vieux de 50 ans au pouvoir a cru avoir écarté de ses chemins, un adversaire de taille. Hélas ! Près de dix mois après cet accord, le parti se rend à l’évidence qu’il n’a jeté que du pavé dans la marre.

Faure désavoue Gilchrist Olympio

Le 27 mai 2010, Gilchrist Olympio, le leader de l’UFC était tout content à avouer son « mariage » avec le pouvoir RPT. Nombreux sont ceux qui n’ont pas tardé à dire que le très « célèbre opposant historique et charismatique» s’aventurait dans un véritable marché de dupes. Avant que ce dernier ne se rende même compte, Gilchrist Olympio se voit remercier en monnaie de singe par la main tendue de Faure Gnassingbé à l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Cela démontre à suffisance que Faure Gnassingbé se rend compte que l’accord UFC-RPT a déjà montré ses limites et que cela ne lui a pas permis de pouvoir bien diriger le pays comme il l’aurait souhaité. Depuis la présidentielle de mars 2010, et malgré cet accord, le proclamé vainqueur est toujours contesté ; des centaines voire des milliers de manifestants sont toujours dans la rue. On comprend donc que pour Faure Gnassingbé, Gilchrist Olympio ne sert plus à grand-chose. L’on croyait pouvoir se servir de son nom mais cela n’a été que du vent. Pour certains analystes, la perception est toute autre chose. « Après avoir englouti l’UFC, on se retourne vers l’ANC », confie un professeur d’université. A suivre ce raisonnement, le RPT est toujours dans sa logique de conquête de tous ses adversaires qui se présentent assez gênants.

La psychose du RPT

Gagner une élection avec une majorité écrasante sous-entend que l’on est assez bien apprécié par les gouvernés. Le problème est de voir le RPT obligé de composer avec toute la classe de l’opposition. Le pouvoir n’a-t-il même pas dit avoir composé  un gouvernement d’union, de large ouverture et de grande compétence ? A supposer que ce gouvernement RPT-AGO est de grande compétence, pourquoi le RPT veut-il encore passer au dialogue ? Pour d’autres,  le régime est plongé dans une psychose de se voir déloger par la rue au vu des manifestants du FRAC qui ont commencé par scander lors des manifestations, « Faure dégage !»  Du moins, le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a compris que son interlocuteur de taille aujourd’hui n’est plus dans les rangs de l’UFC moins encore dans d’autres partis mais à l’ANC que dirige Jean-Pierre Fabre ancien Secrétaire général de l’UFC. Certains togolais y voient encore un piège du RPT, et estiment, de façon ironique, qu’il faudra une fois encore faire appel à Solitoki Esso, le  Secrétaire général du RPT pour repréciser ce que le chef de l’Etat voulait dire. Lui qui s’est illustré à expliquer tout dernièrement ce que le chef de l’Etat entendait dire à la classe politique de l’opposition, dans son adresse à la nation.

Abass Bonfoh, réfractaire à la raison

S’il existe de gens qui se refusent d’entendre raison et tournent dos à la vérité, on peut bien citer, sans crainte, El-Hadj Abass Bonfoh, le Président de l’Assemblée nationale. Alors que Faure Gnassingbé trouve en l’ANC son interlocuteur direct, Abass Bonfoh se refuse toujours d’accepter l’ANC comme groupe parlementaire de l’ANC. Rien qu’à se tenir au nombre de militants que regorge ce parti on comprend qu’après le RPT avec ses 50 parlementaires, l’ANC devient la seconde force de l’hémicycle. Après avoir tenu des propos négationnistes sur le massacre d’avril 2005, Abass Bonfoh se rend ainsi tristement célèbre.

Tout compte fait, le RPT se retrouve aujourd’hui pris dans un étau, celui de discuter avec les vrais interlocuteurs et celui de faire la sourde oreille et risquer de se faire bouter par la rue. La population grogne déjà au sujet de la chèreté de la vie, de la suppression des indemnités d’admission à la retraite et des prochaines augmentations des prix du carburant et autres…

Sylvio Combey

 

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