Mouvements sociaux en pays Arabes : Abdoulaye Wade anticipe sur la boule de neige


Les mouvements sociaux enclenchés dans les pays du Maghreb apeurent déjà les chefs d’Etats africains. Loin de penser que la boule de neige n’arrivera pas en Afrique sub-saharienne, le chef de

Abdoulaye Wade, Président du Sénégal

l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade anticipe et fait baisser les prix des produits de premières nécessités.

Même si elle est perçue comme une stratégie politicienne, la baisse annoncée sur les prix des denrées alimentaires, et entrée en vigueur depuis le vendredi 04 février semble mettre le Président sénégalais à l’abri de la colère des populations. Le mécontentement qui couve dans la capitale a baissé d’un cran depuis lors en dépit des coupures incessantes de l’électricité. Les populations sénégalaises, il faudra le souligner, ne sont ni les plus loties, ni les plus nanties du continent et ce, le chef de l’Etat en est bien conscient tout en mesurant les conséquences que cela peut avoir sur son mandat toujours contesté, au regard du rugissement des rues tunisiennes et égyptiennes.

Et donc, depuis vendredi 04 février, les Sénégalais ont commencé par acheter la baguette de pain, le paquet de sucre, le lait et autres produits de premières nécessités à un prix relativement plus bas. Ce, juste pour une seule raison ; éviter de se voir contraint à prendre la poudre d’escampette par la pression de la rue. Le chef de l’Etat sénégalais, quoi que critiqué, essaie de se protéger autant que faire se peut de la fronde sociale. Il l’a fait et de l’avis de certains observateurs, c’est la démocratie qui en sort ragaillardie. Mais ailleurs, dans d’autres pays où des potentats de chefs d’Etat s’accrochent au fauteuil présidentiel, que fait-on ?

A prendre le cas du Togo, ce ne serait pas alarmiste de dire que la boule de neige pourra atteindre le petit rectangle. Ici aussi, que fait-on ? Peut-on se targuer de demander. Ici, c’est un secret de polichinelle, on augmente les tarifs d’électricité jusqu’à 20%, on revoit à la hausse les factures de consommation d’eau de robinet, et on s’apprête dangereusement à revoir à la hausse, les prix des produits pétroliers. Et, les prix des produits premières nécessités ne cessent de grimper, certains jusqu’à toucher une hausse de près de 30% or, le salaire n’a changé d’un seul iota. Rien qu’à se fier à certains statistiques, le prix de l’anchois fumé communément appelé « doèvi » a connu une hausse de près de 18,5% ; le chinchard fumé appelé « akpala » de  6,5% et même le piment rouge frais qui subit une augmentation de 35,2%. Devant tout cela que fait-on ? Au Togo n’a-t-on pas les moyens de revoir à la baisse les prix des denrées alimentaires ? Au Togo, les premiers responsables du pays ne mesurent-ils pas eux-mêmes, le niveau de vie drastique des populations qui vivotent et qui n’arrivent même pas à se procurer son pain quotidien de façon régulière et équilibrée ?

Dans les pays du Maghreb, les populations se sont rendus compte de leur situation et réagissent en conséquence. Le niveau de vie d’un Tunisien ou d’un égyptien est nettement supérieur à celui du Togolais mais eux, ils ont fait gronder la rue.

En Tunisie comme en Egypte, Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak ont été en retard pour faire leur mea culpa et essayer de comprendre le peuple. Au Sénégal, Abdoulaye Wade anticipe. « Au Togo, on fait la sourde oreille », peut-on s’exclamer au regard de l’allure à laquelle est dirigé le pays or, on oublie que les mouvements sociaux n’ont pas de frontières.

Sylvio Combey

 

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