Dossier : Calvaire à Tokpli (1ère partie) / Les femmes commerçantes exposées au viol


« La terre ne trompe jamais », se plait-on à dire mais au fil des temps, est constaté un phénomène d’exode rural. Jeunes, femmes et enfants ne cessent de rêver pour diverses raisons de vivre dans la ville, mieux encore, dans la capitale. Loin de croire que c’est juste une ambition démesurée, certains vivent le calvaire. C’est bien le cas des populations de Tokpli, dans la préfecture de Yoto où les femmes sont régulièrement sexuellement abusées de retour des marchés de nuit.

Beaucoup de femmes de la préfecture de Yoto affirment être sexuellement abusées de retour des marchés de nuit. Un véritable calvaire qu’elles vivent régulièrement et dans un silence effroyable.

Même si les femmes le disent sur le bout des lèvres, les hommes le clament très haut. « Quand nos femmes reviennent du marché, elles sont dépossédées des fonds, abusées sexuellement et très violentées », confie un homme d’une quarantaine d’années, qui dit s’appeler Dansou Assogbade, cultivateur. Même si le sieur Dansou dit être un des agents de sécurité du chef Doe Kodjo, il n’a pas forcément cette capacité d’assurer la sécurité des femmes du retour du marché. Seulement, l’alternative sera pour eux, hommes du village, de se constituer en groupe et suivre à pas feutrés, leur conjointe.

De l’avis des populations de Yoto, le viol des femmes a commencé il y a deux ans. Et ceci, comme le confirment certaines femmes est dû au fait qu’elles reviennent tardivement du marché et que la route n’est pas électrifiée. « Chez nous, nous avons des marchés de nuit. Pour moi qui vend du Adèmè, les clients ne viennent pas jusqu’à nous, les routes ne sont pas bonnes pour que les voitures les empruntent et donc nous marchons nous-mêmes pour y aller transportant dans du panier sur la tête », explique Ablavi Yawogan qui finit par dire «…et, il y en a qui viennent nous couper la route avec des machettes et nous dépossèdent des vivres et des biens que nous ramenons et  vont jusqu’à nous mettre nue », tout en évitant de dire qu’elles sont violées. Mais, une autre â côté d’elle lâche sur un ton furieux « ils nous violent aussi » tout en précisant que les forfaits sont commis d’habitude à leur retour des marchés de nuit de Tabligbo et de celui communément appelé « Mo nénou » aux alentours de 23 heures voire une heure du matin.

D’autres adultes de Gogo-kondji, une banlieue de Tokpli, soutiennent que ce phénomène a diminué d’ampleur ces derniers temps mais l’attribuent au fait que les voies qui désenclavent le village sont quasiment impraticables et non électrifiées. Du coup, les femmes se voient contraintes de marcher sur près de 12 kilomètres pour aller vendre au marché de Tabligbo. Et même au marché, c’est une autre paire de manche pour les revendeuses. « Arrivées au marché nous nous voyons obligées de vendre au prix proposé par les clients de peur de retourner chez nous avec », précise Ablavi Yawogan.

« Le phénomène a-t-il réellement diminué d’ampleur ou, les femmes se refusent-elles désormais de relater chaque fois d’avoir été violée ? ». La question mérite d’être posée surtout que le sieur Dansou indique qu’il a finalement interdit à sa femme de se rendre encore aux marchés de nuit, du fait qu’ils ne sont jamais arrivés à identifier les scélérats.

Les populations de Yoto ont, essentiellement, pour activité génératrice de revenue l’agriculture avec la culture du Adèmè, du maïs, des tubercules et la fabrication de la farine du manioc.

Elles sont pour la plupart des jeunes dames, visiblement bien actives, sveltes mais avec les paumes bien rigides. Cette dernière caractéristique est un signe extérieur révélant qu’elles travaillent la terre, avec leurs enfants, aux côtés de leur époux. Les femmes de la préfecture de Yoto, en particulier celles de Tokpli ne sont pas seulement douées pour les travaux ménagers mais aussi champêtres et la commercialisation de ces produits.

Sylvio Combey

Une Réponse

  1. Bonne article : je trouve sa déguelase ce que font les hommes

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