Commémoration du 13 janvier :RPT MEME LOGIQUE, GILCHRIST EN DILEMME, ANC FIDELE A SES PRINCIPES


Pour une nième fois, le 13 janvier, toujours célébré depuis près de 40 ans en rangs dispersés, l’a encore été cette année. Pendant que le Rassemblement du peuple togolais qui prétend la placer sous le signe de la réconciliation organise un culte oecuménique avec ses nouveaux amis de l’Union des forces de changement (UFC) et d’autres partis politiques, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) préfère à son traditionnel culte en la mémoire de Sylvanus Olympio.

Le 13 janvier 1963, les Togolais s’en rappellent, le premier président démocratiquement élu du Togo a été fauché par des balles assassines. L’ancien président Etienne Gnassingbé Eyadéma alors Sergent se réclamait en être l’auteur et proclama cette date celle de la « libération du peuple togolais ». Et depuis lors, cette date a toujours été commémorée diversement, le RPT il y a encore de cela deux ans, la célébrait avec faste avec des défilés militaires et des banquets quand Jean-Pierre Fabre et les siens alors membres de l’UFC, préféraient le recueillement.

Le RPT et sa politique dite de réconciliation

Cette année encore comme ce fut le cas en 2010, le parti au pouvoir n’a plus voulu faire résonner les bottes et sabler des champagnes pour commémorer le 13 janvier. Déjà le 11 janvier, un communiqué émanant du ministre de l’administration territoriale Pascal Akoussoulèlou Bodjona annonçait placer la journée sous le signe de la réconciliation. Et, fut célébré au palais des congrès de Lomé, un culte oecuménique. Seulement, nombreux sont les observateurs qui sont encore restés sur leur soif surtout que le consensus général n’a pas été trouvé sur le sens de cette date. Ce ne serait donc pas alarmiste de dire que le RPT est resté dans sa logique avec son mentor Faure Essozimna Gnassingbé pour célébrer autrement le lâche l’assassinat du Père de l’indépendance, Sylvanus kwame Epiphanio Olympio. Alors, parler de réconciliation, d’une commémoration à l’unisson, en réunissant des pasteurs de différentes religions est donc stérile. Pour un véritable pardon, ne dit-on pas qu’il faut que l’auteur reconnaisse les faits pour que le pardon soit total ? Comment peut-on prétendre à une véritable réconciliation si le pouvoir se refuse jusqu’à présent, d’élucider les circonstances du décès du premier Président démocratiquement élu du Togo. « Qu’as-tu fait du sang de ton frère, du sang de ta sœur ?», disait l’Archevêques de Lomé, Mgr Dénis Amuzu-Dzakpa dans son homélie. Cette question mérite bien d’être posée à ceux qui, aujourd’hui prétendent jeter les bases de la réconciliation.

Les AGO mettent à nu Gilchrist Olympio

Sans surprise aucune, les nouveaux patrons caciques de l’Union des forces de changement (UFC) et ceux qui se réclament Amis de Gilchrist Olympio (AGO) se sont retrouvés aux côtés du pouvoir bientôt vieux de 50 ans, pour commémorer le lâche assassinat de Sylvanus Olympio. Au nom du pacte signé avec le RPT, le ministre Eliott Ohin, Djovi Gally et autres acolytes de Gilchrist Olympio se sont rangés aux côtés de Faure Gnassingbé.

Comme une farce, l’homme fort de l’UFC, Gilchrist Olympio a préféré se rendre sur la tombe de son père, lui qui, il y a encore quelques années, n’allait plus sur la tombe de son père les 13 janvier. On pourra bien se demander les paroles qu’il a prononcées quand il s’y est rendu. « Probablement un simulacre d’acte de contrition », nous a lancé ironiquement, un jeune militant d’un parti de l’opposition. Et pourtant, jusqu’à sa chute de Washington, Gilchrist Olympio faisait croire être dans les lignes de son père et continuer la lutte que son père a menée aux côtés des nationalistes pour décrocher l’accession du Togo à la souveraineté internationale. La présence de ses nouveaux « bras droits » aux côtés des caciques du RPT mettent donc à nu ses intentions cachées et démontrent à suffisance qu’il n’a pas seulement signé un accord avec le parti au pouvoir mais qu’il y est allé armes et bagages. Il n’y aura même pas de doute de voir Gilchrist Olympio accepter que Faure Gnassingbé fasse venir, sans aucun préalable, les restes de feu Sylvanus Olympio.

L’ANC fidèle à ses principes

La date du 13 janvier, comme l’ont toujours fait les leaders de l’Alliance nationale pour le changement, a encore été placée sous les le signe du recueillement et de bénédiction divine. Ce fut donc au Temple méthodiste Salem de Hanoukopé à Lomé. Une délégation du parti, comme à l’accoutumée, s’est aussi rendue après, sur la tombe du père de l’indépendance à Agoué, en terre béninoise. C’est donc clair que pour l’ANC, c’est l’assassinat de Sylvanus Olympio qui est commémoré. « Nous ne commémorions pas l’assassinat de M. Sylvanus Olympio parce que notre ancien parti l’UFC était dirigé par son fils Gilchrist Olympio », a eu à souligner le leader de l’ANC, Jean-Pierre Fabre.

Somme toute, ce serait faire entorse à la vérité que de faire croire que les Togolais ont déjà tourné les pages sombres de la tyrannie auxquelles, le pouvoir RPT les a soumis pendant des décennies. La réconciliation oui ! Mais pas un simulacre et que lumière soit faite sur les circonstances du décès de Sylvanus Olympio.

Sylvio Combey

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