Libre Parole: La France victime de sa politique « françafricaine » en Côte d’Ivoire


Pour le Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement (REJADD), la crise ivoirienne marque un tournant décisif

JOHNSON Kwassi Assiba Biova, Pdt REJADD

dans le processus de démocratisation de l’Afrique. De ce fait, la Communauté internationale est tenue de bien gérer objectivement cette crise pour d’une part ne pas aiguiser les fibres d’un panafricanisme idyllique auprès des africains et d’autre part accroître injustement le sentiment antioccidental en Afrique. Dans le cas ivoirien, l’entretien de l’option militaire pour déloger Gbagbo du pouvoir inquiète plus d’un et risquerait d’occasionner un carnage indescriptible que la communauté internationale endossera maladroitement aux yeux des Africains pour n’avoir pas bien préparé les esprits africains à cette option de dernier ressort qu’est la force militaire pour restaurer la Démocratie en Côte d’Ivoire.

Concept d’ « Ivoirité » : une pure production « françafricaine »

La crise ivoirienne est le prototype des crises en gestion dans l’espace francophone d’Afrique en raison de la nature des relations entretenues par la France en Afrique en générale et en Afrique francophone en particulier. Le francophile Félix Houphouët-Boigny ayant assimilé à la lettre cette relation à la grande satisfaction de la France métropolitaine, convaincue d’avoir fait du Président Ivoirien un produit françafricain averti. Au soir de la vie politique du Président Félix Houphouët-Boigny deux grands faits majeurs ont marqué son règne à savoir l’avènement de l’ère démocratique en Côte d’Ivoire et la question de sa succession. Tout était fait près car politiquement le francophile ivoirien en accord avec la métropole avait déjà planifié sa succession qui revenait sans coup férir à M. Henri Konan Bédié alors Président de l’Assemblée Nationale. Pour comprendre les difficultés liées à l’alternance politique dans l’espace francophone d’Afrique, il nous a fallut revisiter l’histoire coloniale de certains pays d’Afrique. Nous avions procédé à la sociologie politique du pouvoir telle conçue au temps de l’agression des empires africains à la colonisation pour se rendre compte que la toute puissance « France » avait toujours son droit de regard dans la nomination à des postes de responsabilité aussi importants dans les relations entre la France et les territoires conquis. La question est à présent de savoir si la France a –t-elle toujours renoncé à ce droit d’ingérence politique dans l’élection de nos gouvernants au lendemain des indépendances en Afrique francophone ?

Des facteurs déterminants nous confirment que la France avait continué toujours cette interférence politique dans les anciens territoires vassaux devenus indépendants de façades: les conditions dans lesquelles la France avait précipité l’indépendance de ses anciennes colonies au risque d’amplifier le cas de rupture  systématique et symbolique de la Guinée sous Sékou Touré; la persistance de l’économie extravertie des nouveaux états devenus indépendants et essentiellement tournée vers l’extérieure dont la métropole : le franc CFA étant un indicateur financier tout comme le monopole commercial de certains empires commerciaux hérités de la colonisation dans l’espace francophone d’Afrique, sont autant de facteurs constitutifs de l’indice de l’économie extravertie de l’Afrique francophone essentiellement dominée par la France.

En d’autres termes, a-t-on jamais en Afrique pensé à définir un model économique propre à l’Afrique qui soufrerait moins de l’influence extérieure depuis l’accession des anciennes colonies africaines à l’indépendance ? Voila pourquoi, la politique telle entretenue en Afrique souffre de l’ingérence de l’extérieur car la politique est la consécration décisionnelle de l’économie. Tant que l’économie africaine dépendra de l’extérieur et n’aura de valeur que grâce à la certification de l’extérieur, notre politique politicienne en souffrirait énormément et c’est sans conteste. On n’a pas besoin d’avoir des diplômes en économie pour le savoir. Nous transplantons cette réalité dans notre vécu quotidien. La famille est la base de la société humaine. Mais quelle place accordons-nous si souvent aux membres de nos familles qui ont un pouvoir économique et financier ? Ils ont sans trop de protocole le pouvoir politique de décisions. En d’autres termes le pouvoir économique et financier entraîne indubitablement le pouvoir de décision.

Notre économie est dominée de l’extérieur et par conséquent il est tout à fait normal que les décisions politiques pour l’Afrique viennent de l’extérieur. C’est cette réalité qui affecte la stabilité politique de l’Afrique et donc de la Côte d’Ivoire aujourd’hui à la croisée des chemins. C’est la relation de causes à effets. Et c’est pour cela que l’extérieur soutient à des degrés divers la démocratie en fonction de ses intérêts géostratégiques et économiques hérités des pré- positionnements géostratégiques enclenchés depuis des décennies déjà.

La crise de l’ivoirité était un produit de la françafrique et dont l’objet principal était à l’époque destiné à exclure celui qui à l’époque était considéré comme un « non oint » par la France ou encore un anglophile proaméricain. Ce concept créé de toute pièce par M. Henri Konan Bédié devenu Président Ivoirien au lendemain du décès du géniteur de la Côte d’Ivoire et dans le souci de maintenir la côte d’Ivoire comme un partenaire fidèle  et économiquement stratégique de la France dans la sous région ouest africaine. Il fallait à tout prix éviter que M. Alassane Dramane Ouattara purement anglophile et qui de surcroît n’avait pas la bénédiction de l’Elysée d’accéder au pouvoir après que sa rentrée politique non moins enviable en Côte d’Ivoire et surtout ses responsabilités de redresseur de l’économie agonisante du pays d’Houphouët-Boigny ont marqué la classe politique ivoirienne d’alors. Mais il y avait un cas politiquement imprévisible qui planait dans l’air que ni M. Henri Konan Bédié, ni la France n’avait prévu à l’époque : la prise du pouvoir par le Gel. Guéi

Gal. Guéi, l’animal politique invité de nulle part : le début des brouilles des cartes françaises en Côte d’Ivoire

L’avènement du Gel. Guéi au pouvoir marque un tournant décisif dans la relation franco-ivoirienne. C’était un coup de tonnerre dans les hautes sphères politiques françaises surprises par ce précèdent qui risquerait de chambouler  l’ordre politique préétabli en Côte d’Ivoire en particulier et en Afrique francophone. A l’époque, les condamnations fusaient de toutes parts de la communauté internationale pour sanctionner l’ordre constitutionnelle rompu par l’homme en tenues devenu à l’époque le  « papa noël » ivoirien à même de mettre de l’ordre dans la maison ivoirienne suite aux désagréments profonds causés par le concept de l’ivoirité. Face aux pressions internationales assorties de sanctions économiques d’alors, le Gel. Guéi avait par une moutarde répondu qu’ils (ivoiriens) se contenteraient des feuilles de manioc ivoirienne qui n’étaient pas sous embargo économique. Les observateurs de la vie politique ivoirienne voyaient en cette prise du pouvoir, un model du type d’Amadou Toumani TOURE.

Mais la jouissance et les privilèges entourant le fauteuil présidentiel ont vite fait de lui malheureusement un dictateur déguisé qui loin de venir « balayer la maison » avait plutôt décidé d’y rester : j’y suis, j’y reste.  Dans la foulée, les élections étaient prévues pour doter le pays de nouvelles institutions. Entre temps le concept d’ivoirité est resté intact confirmant que Guéi n’était pas venu régler le problème de l’ivoirité. De loin et comme tout observateur de la vie politique ivoirienne, s’il était établi que le concept d’ivoirité visait principalement M. Alassane Dramane Ouattara, il est à pressentir tout de même que ni les autres hommes politiques à l’instar du Gel. Guéi et de M. Gbagbo n’avaient la réelle volonté politique à l’époque de trouver une solution définitive à ce problème qui ressemble politique de loin une politique d’exclusion de potentiel candidat sérieux: c’était un deal politique inavoué entre le Gel. Gué et M. Gbagbo à l’époque.

Depuis l’avènement du Gel. Guéi au pouvoir, la France avait commencé à perdre ses repères de faiseurs de roi en Côte d’Ivoire ce qui pourrait avoir à moyen et à long termes des implications politiques et économiques sérieuses sur l’ordre économique établie par la France dans ses colonies devenues indépendantes.

 

Monsieur Alassane Dramane Ouattara avait compris très trop que les solutions politiques à ses problèmes d’éligibilité ne résidaient pas en Côte d’Ivoire mais plutôt en France. Il fallait convaincre la métropole, nouer des réseaux en France afin de rassurer les hautes sphères politiques de la France. Nous pourrions dire aujourd’hui, que M. Alassane Dramane Ouattara  a été dans le cas d’espèce un stratège politique qui a très tôt compris que pour diriger les pays africains et particulièrement ceux de l’Afrique francophone, il faut avant tout obtenir la bénédiction de l’Elysée. Celui qui avait dit qu’ « ils ont partagé le monde » avait vu juste.

Les élections présidentielles organisées par le Gel. Guéi en 2000 pour doter la Côte d’Ivoire d’un nouveau président de la république sonnent n’en déplaise à Guéi la fin de son régime pour avoir associé à ses combinaisons politiques le renard politique aguerri à l’intempérie du temps et aux affres du pouvoir d’Houphouët de par le caractère historique de son combat pour la démocratie en Côte d’Ivoire et sa ruse politique : Laurent Koudou Gbagbo. Le monsieur cherchait depuis ce pouvoir même avant l’arrivée du Gel. Guéi au pourvoir par la force.

Gbagbo ne serait jamais Président de la République de Côte d’Ivoire si entre temps le Gal. Guéi n’avait pas rompu l’ordre politique préétabli. Il serait aujourd’hui, l’un des vieux opposants aux divers régimes ivoiriens car rien ne prouvait que Henri Konan Bédié quitterait le pouvoir même s’il le perdait face à Gbagbo dans les urnes. Des exemples dans l’espace francophone d’Afrique sont patents : Eyadema jusqu’à sa mort ; Bongo jusqu’à son dernier rappel à Dieu ; et bien d’autres qui sont agrippés au pouvoir contre la volonté de leur peuple respectif sont des exemples réels qui nous confirment que Gbagbo est l’héritier politique de la prise du pouvoir par la force du Gel. Guéi en Côte d’Ivoire.

Gbagbo, l’héritier politique de l’avènement du Gel. Guéi au pouvoir : la bête noire de la France.

Des conditions troubles issues des élections opposant principalement le Gel. Guéi et le ‘’renard politique’’ Gbagbo ce dernier en est sorti victorieux de ce duel électoral que le Gel. Guéi n’avait pas du tout prévu compte tenu de ses relations ombrageuses avec Gbagbo. Il avait bien reçu ses leçons politiques et devait tirer sa révérence.  Gbagbo devint Président de la République. Nous avions cru à l’époque qu’il allait prendre des décisions courageuses pour régler dès sa prise du pouvoir la question de l’ivoirité. Ce qu’il n’avait pas fait arguant qu’il n’était pas l’auteur du concept d’ivoirité et que ce concept a surpris son régime car existant avant son arrivée au pouvoir. L’interprétation politique qui cadrait le mieux à ce manque de courage politique était toujours la volonté d’écarter un potentiel sérieux politique aux débats électoraux futurs. Or nous rappelons que M. Alassane Dramane Ouattara était en France, nouant ses relations dans l’optique de devenir un jour Président de la République de Côte d’Ivoire. Il a fallu des mouvements de rebellions pour contraire Gbagbo à revoir le concept d’ivoirité. Qui sont ceux qui sont derrière ces mouvements rebelles ? A vous de deviner. C’est dire que face à des blocages politiques arbitraires, les armes sont parfois la solution pour réduire ou rompre le déséquilibre criard du rapport de force largement emporté par les tenants du régime Gbagbo. Mais ne nous détournons pas de notre réflexion car la violence n’a jamais été notre option en ce sens que nous sommes des non-violents et des pacifistes (entre temps, le combat démocratique continue au Togo).

 

Pour dire la vérité, tous les hommes politiques ivoiriens en refusant de tabler la question de l’ivoirité et d’y trouver des solutions définitives avaient politiquement peur de M. Alassane Dramane Ouattara et se cachaient derrière ce concept d’ivoirité pour exclure tactiquement un adversaire politique. La preuve aujourd’hui est que les résultats des élections de Novembre 2010 parlent d’eux-mêmes. Ce qui signifie que du début de la crise d’ivoirité jusqu’à ce jour, les hommes politiques ivoiriens ont tourné en rond et réduit l’élan du développement de la Côte d’Ivoire. Mais à dire vrai, qui est la cause  si ce n’est la France qui à travers sa volonté de faire coûte que coûte des rois en Afrique avait créé sans le savoir un précédent qui devrait en principe faire école dans l’espace francophone d’Afrique ?

La première erreur politique qu’avait commise Gbagbo c’est de n’avoir pas pris très top la décision politique courageuse de sauter les verrous de l’ivoirité. L’autre c’était de s‘ériger à un panafricain convaincu décidé d’en découdre avec la métropole qui croyait à l’ère du discipliné Houphouët. Avec Laurent Gbagbo, les relations avec la France avaient reçu des coups énormes  conduisant à la tentative de son éviction du pouvoir par les forces françaises décidées à en découdre avec lui. La survie au pouvoir de Gbagbo est à l’actif de son jeune homme le Gel. de la Jeunesse, Blé Goudé qui avec sa force de mobilisation a su très habilement joué sur les fibres panafricanistes pour mobiliser les compatriotes au chevet de Gbagbo qui confirme  à terme sa stature de populiste après son coup d’essai de 2000 dans le cadre de sa prise de pouvoir.

Depuis les différends accords rétablissant tous les ivoiriens dans leurs droits civils et politiques, Gbagbo a pourtant même si les discours n’ont pas véritablement changé cherché à faire la paix avec  la France afin de jouir lui aussi des avantages du pouvoir. Gbagbo aurait fait des concessions à la France afin d’éviter une mort subite au pouvoir pour avoir tenu tête à la France, la toute puissante colonisatrice de la Cote d’Ivoire. Mais c’est sans compter sur la France qui sans l’avouer, avait classé Gbagbo parmi les francophobes. Qui est Gbagbo pour tenir tête à la France ?

La France récolte actuellement en Côte d’Ivoire, ce qu’elle a longtemps semé politiquement en Afrique francophone.

Sans nous vexer dans une analyse passionnante de la crise ivoirienne, nous pourrions dire sans nous tromper que la France récolte aujourd’hui en Côte d’Ivoire ce qu’elle longtemps semé en Afrique francophone : la caution à la fraude et à la corruption électorales dans un contexte de démocratie constitutionnalisée en Afrique : en France, il faut respecter les valeurs démocratiques mais lorsqu’ils s’agit des pays africains, ils ne sont pas encore matures et donc, nous continueront publiquement ou dans les coulisses de choisir à leur tête des francophiles qui nous obéiront d’abord avant d’obéir à leur peuple : c’est la vraie nature de la politique française en Afrique. Pourquoi, la France fait-elle cela ?

En réalité, la France est consciente que les acquis politiques et économiques hérités de la colonisation et qui font aujourd’hui d’une part la fierté de la France et d’autre part son hégémonie internationale repose sur l’empire économique profondément injuste instaurée et perpétuée dans l’espace francophone d’Afrique grâce à des repères économiques et financiers  comme le Franc CFA, et le monopole du commerce international dans cet espace. Ce qui est fondamentalement contraire à l’économie de marché qui proscrit les barrières économiques et ouvre en revanche les marchés à des concurrences compétitives qui seraient largement profitables aux pays africains et donc aux peuples Africains. En d’autre termes, pour avoir l’économie du marché, il faut la démocratie or nous n’avons pas la démocratie et donc nous avons un semblant d’économie de marché. C’est Desmond Tutu qui disait : « l’Afrique n’est pas pauvre, mais c’est un système qui appauvrit l’Afrique ».

 

Pour protéger cet empire économique, la France continuera à approuver la démocratie à sa convenance en tenant compte au prime à bord du caractère francophile des potentiels candidats à même de promouvoir d’abord la France et ensuite leur pays. C’est le principe de base : n’est pas président en Afrique francophone qui est plus populaire. Comment comprendre que dans le même cas de figure, la France de Sarkozy félicite même avant la validation par la cour constitutionnelle des résultats électoraux dans des pays comme le Togo, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, le Burkina Faso etc… alors que dans le cas ivoirien, le même Sarkozy est allé de la condamnation de la forfaiture de Gbagbo à des sommations assorties d’ultimatum de quitter le pouvoir soutenant que le Peuple Ivoirien s’est exprimé et qu’il fallait absolument respecter la volonté des urnes comme si les peuples d’Afrique du Togo, du Gabon, du Cameroun, du Tchad, du Burkina Faso n’étaient pas des peuples jouissant des droits humains identiques que ceux des peuples ivoiriens. Nous n’avons rien contre le peuple ivoirien que nous soutenons dans ces moments douloureux qu’il traverse en ce moment. Notre souci est de condamner des pratiques qui freinent la consolidation de la démocratie en Afrique. Peut-être que c’est le début d’une rupture dans la diplomatie française ou encore dans la politique française d’Afrique. Nous prions que le cas ivoirien fasse désormais une nouvelle jurisprudence électorale en Afrique.

Et la position Américaine dans la crise ivoirienne

Ce qui a le plus surpris dans le cadre de la crise postélectorale ivoirienne, c’est le rôle de premier plan qu’avait joué au début la diplomatie américaine. C’est du jamais vu en Afrique. Comment expliquer ce brusque intérêt des Etats-Unis à la démocratie Ivoirienne ?

D’aucun soutient que c’est sur instruction personnelle de la France afin d’occulter la toute puissance de cette dernière qui serait mal vue si elle prenait la primeur de réclamer le départ de Gbagbo. D’autres soutiennent que c’est à cause de la nouvelle invasion des nouveaux pays émergeants comme la Chine en Afrique afin de contrecarrer leur suprématie et dans ce cas nous dirons tout simplement que l’Afrique intéresse profondément le monde et les puissances du monde.

 

Pour ce qui nous concerne, la crise ivoirienne marque un début palpable du soutien des Etats-Unis à la démocratie en Afrique francophone. Autres temps autres mœurs, en effet, la résolution de tout problème d’un pays francophone à l’échelle internationale passe avant tout par la considération première de la position de la France considérée comme le parrain de ces pays à l’échelle internationale notamment au sein du conseil de sécurité des nations unies. Ce qui confirme une fois de plus qu’« ils ont effectivement partagé le monde »

 

Plusieurs faits observés avec attention nous confirment que les Etats-Unis prennent de plus en plus le courage de soutenir la démocratie en Afrique et en Afrique francophone aussi:

•          selon les révélations Wikileaks, la France aurait demandé  aux Etats-Unis de contrecarrer l’hégémonie chinoise en Afrique ;

•          le soutien des Etats-Unis à la société civile africaine et au secteur privé africain à l’occasion des cinquantenaires des indépendances africaines ;

•          le soutien des Etats-Unis aux régimes légitimes pour combattre le trafic de drogue en Afrique, le terreau de l’arbitraire et le soutien au terrorisme ;

•          le dernier discours d’OBAMA aux Nations Unies en appui aux objectifs du Millénaire ;

•          la récente annonce du Sous Secrétaire d’Etat Américain proclamant la fin de la fraude électorale en Afrique.

Seulement telle que la crise ivoirienne se présente aujourd’hui où Gbagbo est parvenu à diviser aujourd’hui les observateurs politiques africains en deux tendances : les panafricains idylliques convaincus qui voient dans la résistance de Gbagbo non pas comme une forfaiture, mais bien une résistance à l’impérialisme occidental et les sympathisants de la communauté internationale notamment ceux qui ont apprécié la mission des nations unies en Côte d’Ivoire, si les Etats-Unis ne gèrent pas très bien leur première intervention dans la crise ivoirienne qui marque à notre point de vue un intérêt des Etats-Unis à la Démocratie en Afrique, ce serait un raté stratégique pour les Etats-Unis.

Nous pensons que la bonne méthode serait l’organisation dans un bref délai d’un forum Afrique-Etats-Unis comme le sommet Europe-Afrique ou encore Afrique-Asie où les américains dévoileront leur nouvelle politique pour l’Afrique et partant, les africains seront convaincus des réelles intentions d’appui à la démocratie en Afrique et aux droits de l’homme.

 

Les enseignements tirés et les perspectives d’avenir pour la Côte d’Ivoire en particulier et l’Afrique en générale.

Le soutien sélectif de la Communauté internationale à la démocratie en Afrique ne permet pas de lire exactement les réelles intentions des principaux acteurs de la communauté internationale face à la crise ivoirienne quand bien même que nous sommes convaincus de la défaite de Gbagbo à cette consultation électorale. Gbagbo a perdu ces élections et joue aujourd’hui sur des fibres panafricanistes et de souveraineté pour avoir de la sympathie des peuples africains qu’il manipule à sa guise.  Que dire donc du cas récurrent des Cours et conseils constitutionnels qui bafouent les droits électoraux en Afrique et dans le cas ivoirien s’il fallait soutenir sans discernement Gbagbo dans sa forfaiture ? Pendant 10 mois environ, les Togolais ont contesté bougies à la main, la fraude et la corruption électorales sans que la communauté internationale ne s’émeuve. Il en est de même de nos confrères Gabonais victimes des pratiques françafricaines. Au lieu de condamner ces pratiques éhontées et moyenâgeuses, c’est plutôt des félicitations qui sont adressées à ces présidents postiches qui ne tiennent ni leur légitimité, ni leur pouvoir des peuples africains. Dans ce contexte où  les chefs d’Etats Africains sont convaincus du silence complice de la communauté internationale, rien ne justifie un tel acharnement contre Gbagbo qui n’a rien créé de nouveau, mais venait juste de confirmer la jurisprudence qui existait en la matière. Nous pensons qu’à la prochaine conférence des chefs d’Etats Africains à l’Union Africaine, qu’ils proclament tous la fin de la fraude et de la corruption électorale en Afrique pour augurer une nouvelle ère dans le cadre international. Les nations unies aussi peuvent saisir cette opportunité pour les leur signifier clairement que les choses changent et que l’ère de la fraude et de la corruption électorales est révolue en Afrique. C’est à cette seule condition que l’Afrique et les Africains comprendront mieux la communauté internationale sur sa nouvelle vision et son appui à la démocratie en Afrique. Ce serait une nouvelle jurisprudence à entretenir et à pérenniser en Afrique.

Dans le cadre ivoirien, les élections ont lieu, les résultats sont proclamés et contestés de parts et d’autres : nous pensons qu’on peut continuer à donner une chance à la paix en procédant comme le suggère Gbagbo de quitter le pouvoir si un nouvel recomptage des voix sous le parrainage de la communauté internationale confirmait son échec. Nous osons croire que cette solution est la moins coûteuse la plus pragmatique et la plus concrète en ce sens que tous les acteurs électoraux ont déjà les pièces comptables de ces élections en l’occurrence les procès verbaux du vote et du dépouillement. Si le camp Gbagbo et le Conseil Constitutionnel présentent à ce comité international de vérification des résultats, des procès verbaux non conformes   à ceux réceptionnés par l’ONU-CI et les autres acteurs électoraux, là on comprend tout simplement que Gbagbo fait de la dilation et on le traite comme tel. Un adage africain dit qu’il faut « poursuivre un menteur jusqu’à son dernier retranchement ». Pour le moment, nous ne soutenons pas que Gbagbo nous mente absolument sauf si un nouvel recomptage des voix le prouve.  Nous prions et demandons à la communauté internationale d’examiner cette option afin de se crédibiliser davantage car dans le contexte actuel de la Cote d’Ivoire, toute attaque armée de la Côte d’Ivoire, ne sera ni comprise par les peuples Africains et le sentiment antioccidental souffrirait plus longuement non seulement en Côte d’Ivoire mais aussi dans toute l’Afrique.

 

Fait à Lomé, le 06 Janvier  2011.

 

Pour le REJADD

 

Le Président national

 

JOHNSON Kwassi Assiba Biova

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