Corruption / Un véritable handicap à l’essor de l’Afrique


Depuis des décennies et jusqu’alors, le continent noir se cherche pour amorcer son propre développement. Paradoxalement, l’Afrique noir se laisse embourber, dans une corruption sans précédent qui, malheureusement, annihile son développement.

Manifestation au Kenya après un scandale qui a éclaboussé deux ministres

La corruption peut-être définit comme la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction entre une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa bienveillance. Selon Transparency International, « la corruption consiste en l’abus d’un pouvoir reçu en délégation à des fins privées ». La Banque mondiale  elle, en retient une définition: « Utiliser sa position de responsable d’un service public à son bénéfice personnel ». La corruption est subjective mais elle transgresse toujours la frontière du droit et de la morale. En effet, on peut distinguer la corruption active de la corruption passive ; la corruption active consiste à proposer de l’argent ou un service à une personne qui détient un pouvoir en échange d’un avantage indu ; la corruption passive consiste à accepter cet argent.

Un mot, divers appellations

Le phénomène de la corruption est aussi réel dans les communautés africaines qu’elle a diverses appellations. Si au Togo on l’appelle « Taméa », les camerounais parlent de « Gombo », alors que les Algériens la désigne par « Tchipa » ou « Ahwa », alors que dans d’autres communautés, la pratique est généralisée sous les thèmes de pot de vin ou encore de dessous de table quand d’autres par euphémisme, parlent de « aspects culturels de la dépense ». Toutes ces dénominations ont un dénominateur commun qui est la corruption.

Les causes

Les causes de la corruption sont innombrables, surtout qu’elle touche à presque tous les secteurs d’activités. Dans un pays ou la bonne gouvernance est foulée aux pieds, la corruption vient au galop; le tout, dans un cadre législatif flou, un système judiciaire inadéquat, le manque de transparence et de responsabilisation, ou encore le manque de liberté de la presse, pour parler aussi du domaine de la communication. Il n’est pas rare de voir aussi des journalistes ou des professionnels de la communication monnayer leur travail contre des pièces sonnantes et trébuchantes. En réalité, la corruption ne peut que dicter sa loi en l’absence d’une véritable politique anti-corruption. Et, l’éthique professionnelle s’abonne aux absents laissant la place aux conflits d’intérêts. Quand les institutions sont faibles et que les fonctionnaires jouissent d’une forte autorité et de peu de comptes à rendre, la corruption dicte sa loi. Les faibles salaires en sont aussi pour quelque chose. On indexe très souvent les douaniers et policiers qui, dans l’impossibilité de nourrir suffisamment leur famille se voient contraints de céder à la corruption. Les causes de la corruption sont tellement légion que l’économiste Klitgaard la résume en une équation schématique: Corruption = Monopole + Pouvoir – Transparence. Selon la Banque mondiale, « la corruption fait partie intégrante de l’économie politique africaine (…) elle est intrinsèquement liée à l’exercice du pouvoir ». Et là, le clientélisme et la corruption se serrent fortement les coudes.

La corruption discrète

En mars dernier, la Banque mondiale a publié un rapport intitulé « Indicateurs du développement en Afrique 2010 » et indexe, « la corruption discrète ». Selon le rapport, la corruption discrète, quoi qu’elle soit d’une ampleur monétaire moindre que celle d’autres formes de corruption, a des conséquences particulièrement préjudiciables sur les pauvres. Ceux-ci sont singulièrement vulnérables et très dépendants des services publics pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires, à en croire l’institution de Bretton Woods.  Cette forme de corruption  conduit les populations à compter de moins en moins sur les systèmes de prestation de services. Selon une enquête menée dans les zones rurales de Tanzanie, près de quatre enfants sur cinq morts de la maladie avaient cherché à se faire soigner dans des établissements de santé modernes. « Diverses formes de corruption discrète -notamment le manque de matériel de diagnostic, le vol de médicaments, l’absentéisme des professionnels et de très faibles activités de diagnostic- ont contribué à cette statistique catastrophique », à se fier au rapport. L’institution de Bretton Woods évalue l’ampleur du manque à gagner pour l’économie formelle à 1 000 milliards de dollars par an dans le monde, dont 200 milliards en Afrique – soit environ 25 % du PIB continental.

Dans certains pays africains, les leaders politiques ont établi des commissions anti-corruption dont les membres son corrompus jusqu’aux os, quand les leaders eux-mêmes, pactisent avec. En 2004, l’ONG Transparency International a publié une liste des dix chefs d’État les plus corrompus et Mobutu Sese Seko était accusé d’avoir détourné environ 5 milliards lorsqu’il dirigeait le Zaïre. Autant de réalités qui annihilent l’essor de l’Afrique. Pour endiguer le mal, il faudra, comme le préconisent les experts de la Banque mondiale, s’appuyer sur « des dirigeants résolus et très motivés » ; sur la mise en œuvre de « politiques efficaces du point de vue opérationnel au niveau des secteurs » ; et sur « des politiques et institutions de qualité. ».

Sylvio Combey

 

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