Assemblée nationale : Abass Bonfoh, la honte


Dans certains parlements européens et même africains, il n’est pas rare de voir des élus du peuple non seulement se chamailler mais s’égueuler et aller même jusqu’à se jeter des projectiles. Croire qu’une scène pareille se

Abass Bonfoh répondant au député Ouro-Akpo lors du clash

produise au Togo, était une chimère, il y a de cela quelques années. Aujourd’hui, à l’allure que prend le climat à l’hémicycle avec les propos négationnistes et actes contre-nature que pose le président de l’Assemblée nationale, font croire qu’on en est plus loin. Le clash intervenu entre le président Abass-Bonfoh et le député de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) en dit long.

La  troisième séance plénière tirait vers la fin quand, au point inscrit aux divers, le président de l’Assemblée nationale El-Hadj Abass Bonfoh fît sortir une note.  «Chers collègues, je voudrais vous informer que conformément à l’article 06 de notre règlement intérieur que j’ai reçu des lettres de démission individuelle de la fonction de député pour convenance politique. Ces lettres de démissions individuelles proviennent de neuf (09) députés. Je vais lire un exemple de lettre qu’on m’a adressée », a dit Abass Bonfoh avant de poursuivre « Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Je vous informe qu’à compter de ce jour et pour des raisons de convenance politique,  je démissionne de mes fonctions de député à l’Assemblée nationale. Veuillez agréer M. le Président de l’Assemblée nationale, l’expression de ma très haute considération ». Alors que les députés ont réclamé les signataires de la note, le président de l’Assemblée répondra « je ne connais pas bien de signature (…) signé Ouro-Akpo Nafiou Tchagnao, voilà un exemple» a-t-il conclut tout en signifiant qu’il n’y a pas de date. La note a, aussitôt, mis en courroux le député précité qui s’est lancé en direction de Abass Bonfoh mais sera bloqué, in-extrémis

La correspondance en question

En effet, avant les élections législatives d’octobre 2007, les candidats de l’Union des forces de changement ont eu à signer, individuellement, trois contrats, vis-à-vis du parti. Le premier n’est autre qu’un contrat de confiance que les candidats ont eu à signer pour signifier leur adhésion pure et simple aux valeurs du parti. Et, chaque candidat a, également, eu à signer un engagement signifiant leur engagement à respecter les Statuts et règlements intérieurs du parti. « En cas de rupture avec le parti et dans le respect scrupuleux de la confiance que m’ont accordé les électeurs, je m’engage solennellement à démissionner de mes fonctions de député à l’Assemblé Nationale », peut-on lire dans l’engagement moral des candidats. Ceci aura amené l’élaboration d’un document non signé, ni daté, à adresser au président de l’Assemblée national et qui stipule : « je vous informe qu’à compter de ce jour, et pour des raisons de convenance politique, je démissionne de mes fonctions de Député à l’Assemblée nationale ». Ces engagements devraient être compris dans le contexte dans lequel ils ont été signés. « C’est un engament moral qui n’a pas force de loi et signé pour nous préserver des cas Agouda Momouni, Tchégnon et Allagbé », explique Patrick Lawson, premier vice-président de l’ANC ; autrefois de l’UFC. En 2004, pour éviter la majorité à l’opposition, Agouda Momouni de l’UTD et les sieurs Tchégnon et Allagbé  du Comité d’action pour le renouveau (CAR) ont été pioché par le pouvoir en place.

Abass Bonfoh refuse l’étique politique

Il est bien clair que le clash du 18 novembre n’aurait pas survenu si le Président de l’Assemblée nationale a fait preuve d’honnêteté intellectuelle, pour vérifier l’authenticité de la correspondance, à lui, envoyé. Il s’avère que la correspondance lue par Abass Bonfoh n’a jamais été signé par quelque député que ce soit. Alors qui a donc mis le nom du député Ouro-Akpo Nafiou Tchagnao ? Alors là se pose un problème de faux et usage de faux. L’opinion devrait être éclairée sur celui qui a introduit la demande falsifiée.

S’il est vrai que le président de l’Assemblée nationale a reçu cette démission avant d’entamer la séance, comment expliquer donc le fait qu’il ait laissé les députés en question, ou encore le doigté Ouro-Akpo, participer aux débats à l’Assemblée, et évoquer ce point bien que sensible, dans les divers ? Dans une institution démocratique digne de ce nom, le sujet devrait être posé pour un débat d’idées. Abass Bonfoh en a fait fi.  Il a plutôt préféré saisir la Cour constitutionnelle lui demandant de désigner, sur la liste de l’Union des Forces de Changement (UFC), les candidats habilités à remplacer MM. Ouro-Akpo Tchagnao, Kodjo Thomas-Norbert Atakpamey, Manavi Isabelle Djigbodi Ameganvi, Boévi Pé Patrick Lawson, BRUCE Ahli Komla, Jean-Pierre Fabre, Yao Victor Keteglo, Kwami Manti, Akakpo Attikpa, qui selon la correspondance No 238/2010/AN/SG/PA du 18 novembre 2010, sont des députés de l’Union des Forces de Changement (UFC) et ont démissionné pour des raisons de convenance politique de leur mandat de parlementaire. L’éthique politique du président de l’Assemblée nationale est vraiment en jeu.

A qui profite le théâtre ?

A qui profite tout ce théâtre ? La question, le citoyen lambda se la pose. On n’a certainement pas besoin de faire « La Sorbonne » pour comprendre que le couple RPT-AGO en est bien le chef d’orchestre. « L’un se sert de l’autre comme l’autre se sert de l’un », déclare Jean-Pierre Fabre. On ne devrait pas perdre de vue que c’est, visiblement, pour toiletter une fois encore la Constitution togolaise. Les députés de la mouvance RPT n’ayant pas encore requis la majorité nécessaire à cet effet, ils font feu de tout bois pour pouvoir bénéficier des 4/5ème  nécessaires pour la cause. Et pour le simple calcul, il faudra au RPT, au moins soixante quatre députés pour opérer le coup de force. Avec les sept (7) députés UFC, ils ne font que cinquante sept (7) d’où, la nécessité de piocher encore sept (7) autres. L’alchimie trouvée est de ressusciter un engagement moral, vieux de trois ans pour faire force de loi et remplacer neuf (9) députés ANC par d’autres UFC pour que le compte soit bon. Des gymnastiques qui, malheureusement, ternissent l’image du pays à l’extérieur. Jusqu’à quand le Togo cessera-t-il d’être le mauvais élève et de donner le mauvais exemple.

Pour l’heure, Abass Bonfoh s’est donné volontaire à en être un grand acteur, après avoir tenu des propos négationnistes sur les tueries d’après la présidentielle d’Avril 2005.

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4 Réponses

  1. Je n’ai jamais tué une mouche ce n’est pas des hommes que je me plairais de tuer.Je regrette avec vous de ce qui était arrivé en 2005. Mes condoléances les plus attristées aux familles éplorée. Paix aux âmes des victimes. Les journalistes devraient participer activement à l’action du HCRRUN. Nous sommes dans un même bateau qui ne doit pas échouer :Vive le TOGO

  2. Monsieur le journaliste « Dans la vie politique, on ne se fait pas, on ne se crée pas de véritables amitiés. On a quelques bons et loyaux compagnons « .Je voudrais aussi que vous sachiez que devant la politique politicienne je ne fais pas attention aux calomnies car , je dispose d’une grande réserve inépuisable de mépris. On peut se rencontrer pour ton prochain numéro. ..

  3. […] l’on pourra citer encore. Entre autres, les propos négationnistes du président de l’Assemblée nationale El-hadj Abass Bonfoh sur les  évènements d’Avril 2005 au Togo, ceux du gouvernement sur les conditions de décès du journaliste, politologue, historien Atsutsè […]

  4. […] partie et serait allée à la sortie derrière du bâtiment d’oû serait sorti le tant attendu El-Hadj Abass Bonfoh Share […]

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