Inondations au Togo / Avépozo & Kpogan : Des ponceaux à la rescousse


Au nombre des quartiers qui ont été frappés de pleins fouets par les inondations, délogeant des familles, peut-on citer Kpogan et Avépozo, des localités situées à une dizaine de kilomètres au

Un conducteur de taxi-moto traversant le ponceau à Kpogan

sud-est de la capitale. Comme alternatif, il a été construit des ponceaux pour permettre aux populations de se rendre à domicile.

Au quartier Avépozo Olibo, il a été construit des ponceaux pour faciliter les va-et-vient aux riverains. Seulement ce n’est pas du tout gratuit, il faudra débourser quelques pécules. « Si vous êtes à moto, on collecte 100francs Cfa mais si tu es seul, on ne prend que 50 francs Cfa », explique le nommé Isaac Akakpo, qui gère le ponceau à l’extrémité sud. A l’autre extrémité se trouve aussi un autre groupe de jeunes qui se chargent également de collecter l’argent avant que le passant ne mette ses pieds sur le plancher. Les 50 ou 100 francs déboursés, ne valent que pour l’aller. Au retour, il faut encore mettre la main à la poche.

En effet, le ponceau a été construit sur près de deux cents mètres, avec rien que des planches agencés l’une après l’autre, en allée de quatre, et soutenues par des troncs d’arbre implantées. A en croire le jeune Isaac, c’est un charpentier qui en est le propriétaire. Il souligne que malgré l’ingénieuse idée du charpentier, ils ont failli être lynchés par un père de famille. « La première fois, nous avons été sujets d’insulte, et même un parent est venu jusqu’ici porter la main sur nous parce que nous avons refusé à son enfant de marcher sur les planches pour ne pas avoir payé, a-t-il dit avant d’ajouter « récemment quand la pluie a repris, il y a certains du quartier qui nous ont suppliés à les reconstruire ». On comprend donc que cette année, c’est la deuxième fois que ces ponceaux ont été construits. Les allers retours ne manquent pas sur ces ponceaux surtout qu’ils sont devenus pratiquement le seul moyen de pouvoir vaquer à ses occupations sans pour autant mettre pieds dans l’eau.

«  Ça fait déjà près de trois mois que je n’ai plus dormi chez moi », s’est précipitée de nous lancer, sur un air énervant, une dame avec sa bassine de maïs sur la tête, nous voyant prendre quelques clichés des ponceaux. «Auparavant, on se débrouillait pour dormir dans les canapés et sur la table, puisqu’on craignait les voleurs si on quitte la maison », poursuit la dame qui dit s’appeler Maman Gisèle avant d’ajouter « maintenant nous avons pu seulement emporter nos effets essentiels ; il y a en a encore qui patauge dans l’eau. Vous comprenez que nous ne pouvons pas envahir celui qui nous a accueilli chez lui avec nos enfants et au même moment tous nos effets ».

Même à Kpogan le phénomène est pareil. Vu l’ampleur de la situation il a fallut construire trois ponceaux. Les frais n’ont pas changé sauf que l’on bénéficie d’une distance beaucoup plus longue.

Pour aller à l’école c’est tout autre chose, les enfants sont contraints de traverser à pieds des étangs avec tous les risques de contamination que cela comporte.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :