La CTDDH exige une procédure de destitution d’Abass BONFOH


Les organisations des Droits de l’Homme sur le plan national et international se disent hautement préoccupées par les propos

Abass Bonfoh, Pdt Assemblée Nationale

avancés par le Président de l’Assemblée Nationale à propos des violences politiques de 2005. Selon Abass Bonfoh, il n’ya eu aucun mort en 2005 et que ce ne sont que des « histoires » racontées. Vis-à-vis de cette réaction, des associations de défense des droits de l’homme réunies au sein de la Coalition Togolaise des Droits de l’Homme (CTDDH), réclament une procédure de destitution du Président de l’Assemblée nationale, El-hadj Abass Bonfoh

In extenso, le contenu de la lettre dont nous avons eu copie

C’est avec consternation que toute la communauté nationale et internationale des Droits de l’Homme a eu à découvrir vos propos relatifs aux évènements malheureux de 2005, publiés dans le numéro 0076 du  bimensuel « Tribune d’Afrique » du 16 septembre 2010.

En effet, concernant les pertes en vie humaines suite aux violences de 2005, vous, Monsieur Abass BONFOH, actuel Président de l’Assemblée Nationale et Président de la République par Intérim au moment des faits, déclariez : « Même quand vous racontez qu’il y a eu des morts au Togo, quels morts, où ont-ils été enterrés et qui s’en était plaint? Ce ne sont que des histoires auxquelles je ne crois pas, parce que je n’ai rien vu de la sorte, pas même un seul mort… Qu’on nous montre les morts ou les fosses communes dans lesquelles ils sont enterrés. Je n’ai vu aucun cadavre »

La Coalition Togolaise des Défenseurs des Droits de l’Homme (CTDDH) se donne le devoir de   vous rappeler que :

v  le 10 juin 2005, la Haut Commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme a nommé Monsieur DOUDOU Diène à la tête d’une  commission pour conduire une

«  Mission d’établissement des faits chargés de faire la lumière sur les violences et allégations de violation des droits de l’homme survenues au Togo avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 Avril 2005 » Cette commission, qui signale dans son rapport vous avoir rencontré lors de son séjour dans notre pays, fait état de morts entre 400 et 500.

v  la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples, au cours de sa 37ème session ordinaire tenue à Banjul en GAMBIE,  a adopté, le 11 Mai 2005, une résolution sur la situation des droits de l’homme au Togo. La Commission a envoyé une mission d’établissement des faits en vue d’enquêter sur les violations des droits de l’homme avant, pendant et après l’élection présidentielle d’Avril 2005. Cette mission à l’issue de ses travaux fait état de plusieurs morts.

v  des rapports de plusieurs ONGs internationales à savoir Amnesty International, Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), Organisation Internationale de la Francophonie ( OIF), etc… ont parlé des centaines de morts après des missions d’enquête envoyées au Togo, au Benin et au Ghana.

Sur le plan national,

v  une commission nationale spéciale d’enquête a été créée par décret présidentiel numéro 2005-050/PR du 25 Mai 2005,  en vue de « déterminer les actions de violences et de vandalismes, évaluer les préjudices subis par l’Etat et tout autre victimes, entreprendre des poursuites judicaires contre les auteurs et les commanditaires présumés de ces actes » Cette commission, présidée par l’ancien Premier Ministre Joseph Kokou KOFFIGOH, mentionne dans son rapport, environ 150 morts au cours de ces événements.

v  la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), a entrepris une tournée sur toute l’étendue du territoire et a produit le document intitulé : «  La synthèse du rapport de la tournée de vérification des allégations de violations des droits de l’homme survenues lors du processus électoral d’Avril 2005 au Togo ». Dans ce rapport la CNDH fait état de 64 morts.

v  La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), dans son rapport publié en 2005 mentionne 811 morts.

Monsieur le Président, vous récusez tous ces rapports sans aucune forme de procédure. Plus grave encore et inadmissible de la part d’un haut responsable de la République, vous remettez en cause les conclusions de la commission nationale spéciale d’enquête en affirmant « Cela n’engage que la responsabilité de cette commission qui d’ailleurs n’émanait pas de mon gouvernement. C’est d’ailleurs vous qui m’apprenez qu’une commission du gouvernement avait reconnu des centaines de morts… »

Votre attitude négationniste semble d’autant plus grave, que l’actuel Chef de l’Etat, qui a accédé pour la première fois au pouvoir suite aux élections d’Avril 2005, organisées sous votre responsabilité, à plusieurs reprises, reconnu les faits allégués et tenu un discours d’apaisement.  Nous nous permettons de le citer :

  • lors de son discours de lancement des Consultations nationales sur le processus Vérité, Justice et Réconciliation, où il déclare : « La poursuite de la mise en œuvre des recommandations formulées par les nombreuses missions d’enquête sur les actes de violences survenus dans un passé récent, dont celles des ONG internationales et celles des Nations Unies et de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, continuera à s’inscrire dans cette logique exclusive. Nous avons également pris en compte les conclusions de la Commission Spéciale d’Enquête Indépendante conduite, en son temps, par l’ancien Premier Ministre, Maître Joseph Kokou KOFFIGOH, … »
  • en juillet 2007 à Atakpamé, où il a, une fois encore, reconnu les violations massives des droits de l’homme  au cours des événements de 2005 et a donné un signal fort en prononçant dans son discours  la phrase célèbre : « Plus jamais ça sur la terre de nos Aïeux »

La CTDDH déplore votre attitude sur ces événements de 2005 qui ont marqué négativement et avec beaucoup de douleur et de tristesse  l’histoire de notre pays. Ces propos venant d’une haute autorité de la République ravivent les rancœurs à l’heure où les Togolais aspirent à un idéal de paix et de cohésion nationale pour la reconstruction de notre pays.

Par ailleurs, elle,

  • condamne avec véhémence vos propos qui ne sont qu’une profanation de la mémoire des morts que le Togo a connus en 2005 et une insulte à tout le peuple togolais ;
  • note avec consternation que ces propos sont de nature à compromettre le travail entrepris par la Commission nationale Vérité, Justice et Réconciliation pour réconcilier tous les togolais ;
  • fait observer que vous ne pouvez pas dénier votre responsabilité de ces événements atroces survenus au moment où vous occupiez, la fonction la plus haute de l’Etat.
  • vous demande, en mémoire des victimes, de démissionner dans les 72h qui suivent la réception de ce courrier ;
  • demande aux Députés tant de la mouvance présidentielle que de l’opposition, d’engager une procédure de destitution contre vous, au cas où vous ne démissionnez pas les délais cités, car aux yeux des togolais et de la Communauté Internationale, vous n’êtes plus la personnalité crédible pouvant diriger l’Assemblée Nationale ;
  • demande à la Commission Vérité, Justice et Réconciliation de vous auditionner  pour le rôle que vous aviez joué au cours des massacres en 2005.

Le Président

Komlanvi KETOHOU

Ampliation

–          Présidence de la République

–          Primature

–          Ministère des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique

–          Présidence des différentes Commissions de l’Assemblée Nationale

–          Ambassades : de France, Etats-Unis, Allemagne

–          PNUD

–          HCDH

–          CNDH

–          OIF

–          CVJR

–          CPDC

–          ONG Nationales et Internationales

–          Presse

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :