Bamako-Coura ou le quartier malien à la « Déckon de Lomé »


Le quartier Déckon à Lomé est réputé non seulement pour la

Un réparateur de téléphone portable, devant un autre vendeur

promiscuité qui dicte sa loi à la tombée de la nuit mais aussi comme un véritable centre d’affaires où des jeunes se donnent rendez-vous pour exposer et vendre leurs produits en l’occurrence des appareils de téléphonie mobile. Cette deuxième face du quartier est tout aussi similaire à un autre quartier au Mali, Bamako-Coura, nous emmenant à le surnommer : le déckon malien. L’ambiance est presque la même.

Il est 10 heures, un mercredi matin à Bamako-Coura, une banlieue de la

La fille revendeuse devant son étalage

capitale malienne, on assiste à une scène qui rappelle très celle d’un quartier à Lomé, au Togo ; des jeunes, assis sur leur tabouret, devant leur petit étalage de téléphonies mobiles. Chacun, à sa façon ne cesse de vanter les mérites de ses produits, bien sûre dans leur langue locale, le Bambara. La scène, elle se passe à quelques mètres seulement du Carrefour des Jeunes, en face du musée de Bamako. A peine arrivions-nous à comprendre ce qu’ils disaient si ce n’est pas les marques déposées des maisons de productions des portables.

Arouna Doucouré est un jeune, apparemment, dans la trentaine. Un commerçant bien rompu à la tâche, visiblement, de part sa stratégie d’arriver à convaincre des clients même si, parfois, certains estiment ne pas encore avoir les moyens nécessaires. Ils se contenteront du moins de contempler les portables soumis à leur appréciation et à poser des tas de questions sur leurs éventuelles applications avant de repartir, peut-être regrettant de ne l’avoir

Des étalages de vendeurs de téléphones portables à "Malitelda"

acheté, par faute de moyens financiers. Même s’il y a toute une gamme de téléphones portables accessibles à Bamako-Coura, l’apparence est très souvent aussi trompeuse. « Ici, tu trouveras des faux, comme des vrais, donc il faut devoir être prudent. Il y a des gens qui vendent des appareils qui ne travaillent pas bien. Tu peux trouver des appareils dont la batterie ne fonctionne pas et d’autres qui arrêtent de travailler quelques jours seulement après », a confirmé Arouna avant de relever « nous, nous sommes assis, on ne vend pas de faux appareils ». Ce ne sont pas d’ailleurs les vendeurs de téléphones portables au quartier Déckon, à Lomé qui diront le contraire. Arouna, contrairement à d’autres jeunes rencontrés su place, à deux cordes à son arc. Il est à Bamako-Coura de 8 heures à 17 heures GMT, nous-a-t-il dit, et, le soir, il se rend au grand marché de Sourouba, cette fois-ci pour vendre des chaussures de fabrication nippone, destinées aux enfants.

À quelques pas de Arouna se trouve un autre étalage géré, à notre grand étonnement par une jeune fille, la seule d’ailleurs qu’on y trouve. Elle dit ne pas rencontrer de problèmes à faire couler ses produits depuis qu’elle s’y est mise, il y a quatre (4) ans déjà. Par contre, elle arrive à séduire les clients, lui permettant de vendre jusqu’à cinq (5) portables par jour. Selon ses explications, cela lui a permis de s’acheter une moto avec laquelle elle se rend dorénavant à l’école, située à quelques kilomètres de sa résidence. On y trouve aussi des réparateurs sur place et qui offrent leur service contre quelques pécules. Idem à Lomé au quartier où certains vendeurs de ces appareils ont finit par coupler la vente à la réparation. Pour ces réparateurs maliens, à l’instar des togolais, les prix ne sont pas statiques. On comprend que tout va en fonction des problèmes de l’appareil. « Pour flasher un appareil je prends 2500 francs Cfa », confie le réparateur qui s’est refusé, un peu comme la jeune fille, de décliner son identité mais n’a pas cessé de poser mille et une questions, sur notre provenance. Il explique avoir appris le métier de son patron, Albel qui, explique-t-il est un Gabonais. L’ambiance entre clients et vendeurs est encore plus vice à Malitelda, à environ 300 mètres plus loin. Malitelda étant ; un mot Bambara et qui veut dire littéralement « devant Malitel », une société de téléphonie mobile du pays. Là, on y trouve des portables dits d’origines, exposés dans des pupitres, à des coûts beaucoup plus élevés.

Mais, comme à Déckon, on se préoccupe toujours de la provenance exacte de ces téléphones portables, déjà usités. Certains de ces vendeurs qu’ils les achètent eux aussi. « Il y a des gens qui viennent ici, nous vendre leurs portables, la plupart du temps ce sont les filles », explique Mounirou, un autre vendeur.

Tout compte fait, tous les ingrédients y sont pour comparer l’ambiance d’affaires qui y règne à celle de Déckon, à Lomé, au Togo. Et le coin reste toujours actif surtout que des élèves s’en sont mêlés pour pouvoir s’acheter quelques fournitures scolaires avant la rentrée scolaire prévue, officiellement pour le mois d’octobre prochain.

Sylvio Combey

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