Kodzo Adzewoda VONDOLY: «…l’édition coûte les yeux de la tête au Togo. Les seules et rares maisons d’édition qui existent sont trop réticentes et n’aiment jamais entendre parler de publication à compte d’éditeur»


30 août 2008 – 30 août 2010. L’histoire retiendra que voici deux ans que les jeunes togolais se sont réveillés pour se faire connaître

Kodjo Adzéwoda Vondoly Pdt CENACLE

et faire découvrir leurs talents en matière de création poétique. C’est dans cette optique qu’a vu le jour à Lomé, une association dite de la nouvelle génération de poètes togolais au nom énigmatique de Cénacle. Pour faire le bilan des deux ans de l’association et prendre connaissance de ce qui se prépare à l’endroit du public lors de cet anniversaire qui sera célébré le 30 août prochain, le cénacle vous propose cet en,tretien avec son président Kodzo Adzewoda VONDOLY

Qu’est-ce que le Cénacle a apporté au paysage littéraire durant les deux ans de son existence ?

Plein de choses difficiles à percevoir si l’on ne fait pas trop attention, surtout sans être ancré dans la chose littéraire ou poétique. Je vous avoue sans fioriture que dès le lendemain de l’assemblée générale ayant officialisé la volonté des togolais d’élever leurs voix par la création du Cénacle, la machine s’est ébranlée avec des résultats palpables. Même si le bilan est loin d’être jugé positif, nous nous réjouissons d’avoir réveillé bon nombre d’auteurs qui, pour des raisons différentes, étaient jusqu’en 2008, plongés dans un sommeil de plomb. A peine deux mois après sa mise sur pied, le Cénacle a lancé un appel à participation d’une œuvre collective que nous appelons communément anthologie. Grâce à cette initiative, nous nous sommes rendus compte que les écrivains togolais sont assoiffés de quelque chose. Il a fallu cette œuvre pour que nous connaissions les mordus de la littérature qui n’ont rien à envier à ceux que nous avons étudiés et que les élèves étudient jusqu’aujourd’hui à l’école. Déjà préparée il y a plus d’un an, l’anthologie peine à trouver de mécènes, de sponsors ou autres, afin d’être publiée. Mais l’espoir est toujours au beau fixe pour arriver à un résultat satisfaisant. Presque six mois après, il est à mettre à l’actif du Cénacle, la célébration de la journée mondiale de la poésie le 21 mars 2009 dont le Togo était à sa toute première expérience depuis 1999. Le 21 mars 2010, cette journée était encore célébrée sous sa houlette. Bref, depuis sa création, le Cénacle a drainé des foules de poètes dont les œuvres seront bientôt mis à la disposition du public.

A voir son bilan, le Cénacle, jeune association, a pu dépasser le cadre des événements au plan national en étant sur la même longueur d’onde que le monde entier. Cela ne suffit pas de pouvoir susciter le renfort des mécènes et des sponsors ?

Ah ! Vous avez bien posé la question tout en oubliant que Le Correcteur est l’un des premiers mécènes ou partenaires que nous avons eu à séduire avec nos idéaux ! Cela voudrait simplement dire que ces genres d’accompagnateurs ne manquent pas pour autant. Le problème, c’est que sur le plan financier, il n’y a pas de soutien. Mais je profite de cette opportunité pour exprimer les reconnaissances du Cénacle à tous ceux qui lui ont toujours prêté main forte pour la réalisation de ses projets. Le BRAO-OIF, la Direction du Livre, les Editions HAHO et AWOUDY qui ont primé les 25 lauréats du concours que le Cénacle a organisé à l’occasion du cinquantenaire du Togo, la Bibliothèque et des Archives Nationales qui a accueilli la 11ème journée mondiale de la poésie dans ses murs le 21 mars dernier sans oublier le Centre International de Recherche et d’Etude de Langues Village du Bénin (CIREL-VB) qui en a abrité la 10ème édition le 21 mars 2009. Nous avons besoin des soutiens tant financiers que matériels pour mieux faire le travail sur le terrain.

En quoi consiste le travail du Cénacle dont auquel vous faites allusion ?

Bien. hormis les ateliers d’écriture, les séances de déclamation et de lecture de poèmes, le Cénacle organise des tournées de sensibilisation à l’intention des élèves et étudiants qui écrivent mais qui ne connaissent pas la procédure de publication. Là, on les oriente vers des maisons d’édition. Par exemple, pour implanter le Cénacle à l’intérieur du pays comme nous en recevons les demandes et suggestions, nous avons dû faire un déplacement dans les lieux les plus reculés du Togo. Aujourd’hui, il y a des représentants du Cénacle de Cinkassé jusqu’à Aného et ses environs. Et voilà que ceux-là aussi nous suggèrent de venir célébrer la journée mondiale de la poésie en mars 2011 chez eux. Comment cela peut tenir sans qu’on ne nous soutiennent financièrement ? Vous êtes d’accord avec moi que nos simulacres de cotisations mensuelles n’en sont nullement à la hauteur ! En tout cas, tant que nous nous y sommes mis avec espoir d’apporter un plus au développement du Togo par la littérature, nous irons jusqu’au bout et l’avenir nous instruira mieux.

A l’occasion du deuxième anniversaire, quelles sont les activités prévues par le Cénacle ?

Nous avons des séances d’ateliers d’écriture en vue dans le mois d’octobre plus précisément les 26, 27, 28 et 29. Ces ateliers seront précédés des émissions radiophoniques et le lancement de certains ouvrages publiés individuellement par certains membres du Cénacle. D’autres sorties vers les membres de l’intérieur sont aussi au programme. Nous avons réduit les activités de cet anniversaire par rapport à l’année dernière car nous voulons plus nous concentrer sur le 21 mars 2011 où le monde célébrera la 12ème édition de la journée de la poésie.

Quels sont les problèmes rencontrés par les écrivains togolais dans l’édition de leurs œuvres alors qu’ils ne sont pas aussi nombreux que ça ?

Qui a dit que les écrivains ne sont pas nombreux au Togo ? Ils sont irréparables et ce, parce qu’il n’y a pas d’aide à l’édition. Ils sont cachés sous d’autres manteaux attendant le jour où une aubaine leur sourira pour se faire éditer. D’autre part, l’édition coûte les yeux de la tête au Togo. Les seules et rares maisons d’édition qui existent sont trop réticentes et n’aiment jamais entendre parler de publication à compte d’éditeur. Ceux qui ont les moyens, vont à l’extérieur pour se faire éditer parce que ça coûte trop ici. Ces maisons avancent certains arguments qui font tout reposer sur l’Etat qui ne sait même pas si la littérature peut apporter sa pierre à la construction du Togo. Les démarches auprès de lui sont restées vaines. Bref, il y a tout un tas de problèmes qui minent ce secteur.

Vous parliez de contribution des écrivains dans le développement du pays. Par quoi peut-on concrètement reconnaître le rôle d’un poète dans la société ?

C’est très simple ! On ne peut savoir si un écrivain est utile pour une société que lorsqu’on lit ses idées réunies dans un ouvrage qui n’est accessible au public qu’après avoir pris forme dans une maison d’édition qui devra travailler sur le fond et la forme de concert avec l’auteur bien sûr, pour ensuite sortir d’une imprimerie ! Oublions le giottisme dont font preuve certains auteurs sans diagnostiquer les maux qui gangrènent nos sociétés afin d’en trouver des solutions. Ecrire pour contribuer au développement suppose un travail bien fait basé sur une minutieuse attention aux réalités quotidiennes des populations et à travers des analyses, des points de vue, des suggestions, des propositions, on peut arriver à jouer le véritable rôle d’écrivain ou de poète qui est appelé à réveiller, à remuer, à conseiller, à prophétiser et à soutenir une idéologie dans le soucie de construire et non de détruire.

Entretien proposé par le CENACLE

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2 Réponses

  1. Contacte-nous au 90090923/90158000/99592629 ou écris-nous au cenacleasso@yahoo.fr ou encore au vondoly_seba@yahoo.fr et on te guidera. Merci beaucoup

  2. je suis poète en herbe j’ai 30 poème en mon actif comment puis les publier?

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