Abus de pouvoir : LES MILITANTS DU MCA TOUJOURS EN DETENTION


De gauche à droite, Guillaume Coco Messan et Fulbert Attisso, des pionniers du MCA

La personne humaine est sacrée et inviolable. Cette assertion n’a visiblement plus droit de cité au Togo où les valeurs humaines et démocratiques sont foulées aux pieds. Des jeunes sont arrêtés lors des manifestations de rues à caractère pacifiques; ils sont gardés au frais sans qu’ils ne soient véritablement jugés pour les chefs d’accusation retenus contre eux. Et pourtant c’est la République !

Les Togolais vivent depuis quelques mois déjà un phénomène alarmant en matière de respect des droits de l’homme. Les beaux discours des autorités politiques et des actes qu’elles posent au quotidien, sont aux antipodes. Des manifestations de désapprobation sont sévèrement réprimées et les meneurs poursuivis jusque dans leur dernier retranchement, arrêtés, molestés puis jetés en prison.

Des traitements inhumains, cruels et dégradants

Les défenseurs des droits de l’homme sont loin de se taire sur les conditions carcérales à la prison civile de Lomé. A en croire Etsri Hihédéva Clumson Eklu, les jeunes des partis politiques de l’opposition détenus à la prison civile de Lomé à la suite des manifestations du 22 juin et de celles qui ont suivi sont soumis à des « traitements cruels, inhumains et dégradants ». Le Président de l’Association togolaise des droits de l’homme (ATDH) dit avoir fait ce constat à la suite d’une visite rendue aux détenus et après certains échanges avec eux. Il s’est vigoureusement insurgé contre ces traitements qui sont d’ailleurs proscrits par les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme, lesquels le Togo a d’ailleurs souscrits. Au-delà de ces interpellations, arrestations et traitements inhumains, il sied aujourd’hui, de se poser des questions sur le bien fondé des manifestations de rue avec les réactions abusives du pouvoir. Ces manifestants ne sont-ils pas plutôt en train de tirer l’attention du pouvoir sur ses dérives, ses bavures ? Par contre, le pouvoir crée des arguments saugrenus, et qui au finish, ne tiennent plus la route. Retenez que dans un Etat de droit des jeunes sont aussi arrêtés sans qu’on ne leur notifie les charges retenues contre eux.  C’est bien le cas de Innocent Kokou ASSIMA et Narcisse Dosseh AZANLEKO, deux jeunes proches collaborateurs de kofi Yamgnane de Sursaut, enlevés dans la nuit du 1er au 2 juillet dernier par des forces de sécurité et conduits vers une destination inconnue. Devra-t-on aussi souligner que même kpatcha Gnassingbé, le démi-frère du chef de l’Etat, il y a plus d’un an, est gardé au frais sans qu’une suite ne soit encore donnée à l’affaire. Les cris de ses avocats sur le vide dans le dossier sont devenus comme des gouttes d’eau dans la mare. Le Chef d’Escadron ABI Atti ; l’Adjudant Chef ADAM Tchara ; le Capitaine ADJINON Lambert ; le Sergent AGNAM Mazabal et bien d’autres encore sont toujours détenus mais depuis lors, silence radio.

Le MCA à l’abattoir

Des jeunes détenus dont les togolais gardent encore une bonne mémoire, figurent en bonne place : Fulbert Sassou Attisso, Guillaume Coco Messan et d’autres, interpellés depuis le 06 mars 2010 et transférés à la prison civile de Kara où ils sont gardés au frais depuis lors. Cela fait donc plus de 4 mois que ces jeunes auxquels s’était associé le député UFC Nicodème Habia, scandaient un slogan des « Sankaristes » : « Alternance ou la mort, nous vaincrons ». Cela a semblé résonner mal dans les oreilles des caciques du RPT. Le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, avait laissé entendre qu’il ne « montrera aucune faiblesse à l’endroit de ceux qui feront couler le sang sur la terre de nos aïeux ».  Alors qu’en  2005, lui même est venu au pouvoirs dans le sang de centaines de togolais. L’affirmation de l’homme qui se réclamait « leader nouveau » a été comme du pain béni pour le Lieutenant-colonel Yark Damehane pour entamer une véritable chasse aux pionniers du Mouvement citoyen pour l’alternance (MCA) à l’exception de Nicodème Habia. Ils étaient, nous disait-on, accusés de « tentative de déstabilisation du pouvoir ». Peut-être que le pouvoir RPT s’attendait à des flagorneries de la part des liseurs de motion comme au temps de Gnassingbé père. Dans la foulée, le nommé Abobi Chéché Akakpo a été aussi interpellé. Certaines indiscrétions indiquent que des jeunes militants de partis politiques de l’opposition, membres du MCA sont encore poursuivis jusque dans leur domicile, contraints de reconnaitre les accusations portées contre eux.

La situation risque d’alourdir le rang des exilés politiques alors qu’on dit prôner l’apaisement et la réconciliation.

 

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