Organisation des locales/ LE POUVOIR CONTRAINT PAR L’UE, L’UFC L’AGNEAU A IMMOLER


Le Togo devra organiser les élections locales avant 2011, c’est en fait l’une des recommandations de l’Union Européenne. Le pouvoir, lui, poursuit ses machinations en vue de rafler des voies sur toute l’étendue du territoire. Le plan A serait d’abord d’en découdre avec cette arrête suspendue dans leur gorge que constitue l’Union des Forces de Changement.

Aucune élection ne peut prétendre être fiable si les premières bases de sa transparence sont faussées dès le départ. Le pouvoir RPT a fait fi de cette disposition reconnue par tous les observateurs. Et, la présidentielle du 04 mars dernier a été organisée en vitesse et dans un cafouillage total malgré les réserves formulées par l’opposition.

Les locales, un vrai couperet 

Aujourd’hui, le pouvoir se retrouve encore, et cette fois-ci, avec l’Union Européenne qui, réclame la tenue des élections locales au cours de cette année, ou du moins, au plus tard début 2011. Et pourtant cette même Union Européenne a vite fait de valider le scrutin précédent malgré les nombreux dysfonctionnements relevés par ses propres observateurs et l’opposition. La communauté internationale réclame encore du pouvoir, d’autres élections sans que les contentieux nés des précédentes élections depuis 1993, ne soient encore solutionnés. En 2009, le pouvoir refusait d’organiser les locales arguant que l’Etat n’avait pas suffisamment ni de temps matériels, ni de moyens financiers pour le faire. Or, les élections locales devaient donner l’opportunité à la population à la base de pouvoir choisir elle-même, ses responsables locaux. Ainsi ceux-ci seront tenus comptables de tous leurs actes envers leurs mandants.

Après les élections locales de 1985, le Togo n’a plus connu ce type d’élections. Les conseillers municipaux et préfectoraux qui, selon les textes, sont élus pour un mandat de cinq (5) ans, sont depuis, remplacés par des délégations spéciales, au mépris des textes et au grand dam des populations privées de leurs droits. Et du coup, ces délégations spéciales  se sentent redevables à l’administration ou mieux au pouvoir en place, en doublant de zèle, comme l’ont dénoncés les partis de l’opposition, pour encourager les fraudes massives lors des joutes électorales. Leur implication directe dans les résultats des hold-up électoraux a été très remarquable surtout que de concert avec les préfets, ils ont une totale main mise sur les urnes après le suffrage des populations. Mais aujourd’hui, le pouvoir se retrouve dos au mur avec cette recommandation de l’Union européenne, relative à l’organisation des élections locales au cours de cette année ou au plus tard, début 2011.

 

L’UFC, l’agneau à immoler

 

L’alternative du pouvoir serait d’éliminer toute force qui l’empêcherait d’organiser un simulacre d’élections locales pour rafler la mise. Ainsi, après le scrutin du 04 mars dernier qui a permis au candidat-président Faure Gnassingbé, de se maintenir au pouvoir, ces élections locales lui permettraient d’assoir sa légitimité. Le pouvoir en place cherche donc des moyens pouvant lui permettre d’exécuter ce plan. D’où, la nécessité de mettre la discorde au sein des partis de l’opposition, en tout cas les plus gênants, afin de récupérer les suffrages de leurs militants ou sympathisants.

Pour certains observateurs, c’est cela qui justifie les dernières tournures de la crise au sein de l’Union des Forces de Changement (UFC) avec la tentative de dissolution du parti. D’autres sources font état des conciliabules des caciques du RPT avec Gilchrist Olympio pour organiser le congrès extraordinaire du parti au plus tôt pour prendre le Bureau national au dépourvu. Ces caciques raillent déjà qu’ils n’hésiteront pas à reconnaitre la décision qui y sera issue et remettre en cause toute réaction, du Bureau dont il est exclu. Les dernières correspondances intervenues entre le ministre de l’administration territoriale Pascal Akoussoulèlou Bodjona et la 3ème vice-présidente du parti, Isabelle Manavi Améganvi, le confirment d’ailleurs. A voir le ministre se baser sur certains articles de la charte des partis politiques nonobstant les statuts de l’UFC, pour rejeter la décision de l’organe suprême du parti et proposer selon ses propres termes de « cultiver la tolérance et le dialogue » au sein du parti, constitue des signes avant-coureurs. Il faut noter qu’il n’est d’ailleurs pas du ressort du ministre de l’Administration territoriale de régler des problèmes au sein des partis alors qu’au même moment on fourbit les armes pour dissoudre un autre parti, Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), il est aisé de comprendre la stratégie du pouvoir.

Il revient donc à l’Union Européenne d’œuvrer pour que les populations togolaises ne soient pas, une fois bernées ou jetées en pâture à cause des prochaines locales.

 

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