Togo : La grève du 02 juillet confirme la chute des patrons des syndicats


Des étalages rangés au grand marché de lomé

Très délicat pour les togolais de se rendre à leur lieu de travail respectif. Ni les taxis, ni les transports en commun n’ont fonctionné, vendredi 2 juillet 2010. Ils ont tous observé un mouvement de grève sur toute l’étendue du territoire pour protester contre la hausse abusive des prix des produits pétroliers. Outre le trafic routier, l’économie a aussi reçu un coup ; tous les marchés de Lomé n’ont pas ouverts. Des jeunes ont été arrêtés dans certains quartiers sensibles.

 

Malgré que les responsables des syndicats aient avorté la grève, le mouvement a été largement suivi sur toute l’étendue du territoire. La situation vient une fois encore confirmer la chute de ceux qui se réclament aujourd’hui patrons de syndicats à défendre les intérêts des populations.

Les syndicalistes trahis par leurs actes

En effet, le vendredi 25 Juin dernier les syndicats en communion avec l’ATC annonçait une plate-forme de revendication pour amener le gouvernement RPT-AGO de revoir sa copie. Il était donc décidé une grève de 24 heures. Seulement, les syndicats vont préférer un pourparler avec le gouvernement au sein du Conseil national de dialogue social, mettant en quarantaine, l’ATC. Après avoir eu une légère baisse de 20 francs sur les prix, les syndicats vont décider d’avorter le mot d’ordre de grève au détriment de la plateforme signée. Ce revirement n’aura été aucun esprit averti surtout que ces responsables de syndicats se font remarquer à faire allégeance au parti au pouvoir. Depuis 1993, les syndicats ne sont plus arrivés à tenir parole. Ils se sont justifiés sans convaincre au cours d’une émission spéciale animée sur les plateaux de la télévision nationale. Ephrem Mokli Tsikplonou de la CGCT qui qualifiait le gouvernement de « pachyderme » lors du lancement de la grève, a très vite retourné sa veste en prétextant avoir décelé dans les démarches du gouvernement RPT-AGO, un esprit d’ouverture. Mathias Hlomador de l’UGSL s’est réjoui de l’adoption d’une proposition de structure de réajustement des prix à la pompe

Doit-on rappeler que la désobéissance civile des 22 et 23 juin dernier n’est pas à mettre à l’actif des syndicats. La population a préféré de façon spontanée, exprimer leur ras-boll, devant l’inaction des syndicats. Cela montre à suffisance que les togolais n’accordent plus le bénéfice du doute aux syndicalistes. « Ils voulaient seulement arriver à canaliser les contestations qui ont été entamées sans eux», confie un professionnel de la communication. L’ATC assimile ce revirement à un acte de trahison. Depuis la mise en place du Conseil national de dialogue social sensé permettre d’améliorer les conditions de vies des travailleurs, aucune avancée notable n’a été menée. Ils ont préféré échanger la lutte contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Comme exemple, la grille salariale n’a toujours pas été améliorée.

L’économie reçoit un coup

Non seulement le trafic routier était semblable à celui des jours fériés, l’économie a toujours au ralenti. Presque tous les marchés n’ont pas ouvert. Le grand marché de Lomé, carrefour des grandes affaires  connu un grand silence de cimetière. « Je suis venue mais je n’ai rien vendu de toute la journée », confie Madame Akpé, une revendeuse de pagnes qui fait noter que les étrangers qui y viennent pour les achats n’ont pas non plus fait le déplacement à cause de la grève. « Je rentre à la maison sans recette et je vais encore traverser des flaques qui arrivent à la hauteur de mes genoux avant de rentrer chez moi » poursuit la dame qui soutien qu’il serait appréciable si ce mot d’ordre pourrait être maintenu pour d’autres jours encore. « A cette allure, le gouvernement va certainement diminuer les prix », renchérit une autre dame avec un aire fatigué qui dit avoir marché sur près de 6 kilomètres pour se rendre au marché faute de transports en commun. Les boutiques et les magasins ont aussi fermé. Les étalages des commerçants sont tous rangés. Tous les secteurs étaient au ralenti. Il était aussi quasi délicat de se procurer les produits de première nécessité.

Arrestations de jeunes

A Bè, un quartier réputé hostile à la mouvance, des forces de l’ordre ont, abusivement, dispersé à coups de grenades lacrymogènes, cordelettes en mains pour d’autres, des regroupements de jeunes. Les policiers étaient arrivés à bords d’une voiture 4×4 non immatriculée  et une autre Toyota TG 1805 AC. Certains jeunes qui n’ont pas très vite pris la poudre d’escampette ont été embarqués. Idem pour un jeune homme du service de sécurité de Agbéyomé Kodjo. Selon certaines sources, Aimé Apédo est accusé de faire partie d’une bande de jeunes, montée par l’ancien premier ministre pour perpétrer des actes de vandalisme. Il a été interpellé à son domicile, au quartier Hanoukopé,  peu avant 9 heures.

Toute la journée de vendredi, les quartiers sensibles ont été quadrillés par les forces de l’ordre. Un revendeur de chaussures confie que les forces de l’ordre ont été déployées au quartier Bè, vers 05 heures du matin. « Si ce gouvernement, ne veut pas partir, nous allons le chasser par des mouvements sociaux », s’est empressé de lancer un homme dans sa trentaine, visiblement remonté.

Tout compte fait, même si le gouvernement et ses partenaires sociaux ont décidé d’opérer une révision à la baisse des prix du carburant, cela n’enchante pas les togolais. Ils réclament que la note soit rapportée. Le salaire des Togolais n’est pas du tout enviable, plus de 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les infrastructures routières sont dans un état de délabrement poussé. Les hôpitaux devenus des mouroirs, les étudiants dénonçant leurs conditions de vie et d’études.

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