Discours-Programme Houngbo II / Economie : UNE LITANIE DE VŒUX PIEUX


L’économie, voilà, l’un des grands axes sur lequel s’est appesanti le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo, lors de la présentation de son discours-programme le 04 juin dernier

Adji Oteth Ayassor, ministre de l'économie et des finances

devant la représentation nationale. Des chiffres ont été avancés en ce qui concerne l’apurement de dettes, les dépenses, les investissements et la croissance économique. Sur ce dernier point, le locataire de la primature parle d’une avancée de 3% alors que selon d’autres statistiques, elle est de 1,1%.

« Le quinquennat 2010-2015 se doit d’être largement économique plutôt  que politique », la déclaration a été faite par Gilbert Fossoun Houngbo. Il a annoncé l’ambition de sa nouvelle équipe de sortir le pays de la paupérisation et l’orienter vers l’émergence. Ce qui, dit-il, exige une croissance économique forte et soutenue d’au moins 7% l’an alors qu’elle n’a été que de  3% en 2009. Certains analystes spécialistes de l’économie africaine parlent d’un taux de croissance inférieur. Ils évoquent le chiffre de 2,2% pour l’année dernière. Les spécialistes disent reconnaître que le Togo a amorcé des efforts, qu’ils qualifiés de légers mais, qui, disent-ils,  devraient se poursuivre pour que cette année et en 2011, le pays atteigne, respectivement, la barre de 2,5 et 3,6%. D’autres spécialistes expliquent la situation de 2,2% par la baisse des cours des produits pétroliers, la hausse des prix des produits de première nécessité  mais aussi par l’impact de l’effondrement des ponts en Août 2008, sur l’économie.

« En 2009, la relance de la croissance au Togo sera faible en raison du ralentissement de l’économie mondiale. La croissance économique est attendue à 1,7 pour cent. La crise mondiale devrait amener à une diminution de l’envoi des fonds des migrants, à une faible demande pour les services de transit et entrepôt et à une baisse des exportations du phosphate, du ciment et du clinker », a reconnu le Ministre de l’Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor dans sa lettre d’intention du 1er avril, adressée au Directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Sur ces perspectives macroéconomiques, dans sa correspondance, le ministre précisait ressentir les premiers signes de cette crise avec la chute de la valeur des exportations du coton, du phosphate et du clinker.

A en croire le Premier ministre, les performances réalisées, au cours du quinquennat 2005-2010, ont permis de relancer l’économie nationale. Mais, Joseph Baah-Dwomoh, le représentant de la Banque mondiale en fin de mission au Togo, avait déclaré que la situation économique évolue mais pas assez pour changer de façon substantielle le niveau de vie des populations. Les prix des produits de première nécessité sont toujours gardés à la hausse, avec comme exemple le prix du bol de maïs, autrefois, à 300francs est à 600F soit une augmentation de 100%. Le locataire de la primature s’est articulé sur la lancée économique sur laquelle va s’appesantir le prochain quinquennat mais, la nouvelle composition gouvernementale a connu une augmentation en nombre avec 31 contre la vingtaine. C’est donc des frais supplémentaires et, les nominations sont loin de connaitre leur fin.

Le gouvernement, dans son programme, dit vouloir s’engager à améliorer et à renforcer les modalités et procédures de nomination à la tête des entreprises publiques et des sociétés d’Etat. Le numéro 1 du gouvernement se tait sur le siphonage de grandes structures de l’Etat à l’instar de Togo-Télécom dont le directeur Sam Bikassam est impliqué dans une lourde affaire de détournement de fonds publics. Un silence notoire est aussi gardé sur une gestion à vie de certaines structures par des mains fermes. Des sociétés comme la Loterie Nationale Togolaise (LONATO),  le Fonds Routier (FR), la Société Aéroportuaire de Lomé (SALT), la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et bien d’autres encore, sont dirigées par des imperturbables et inamovibles et le pouvoir parle d’assainissement de finances publiques, de bonne gouvernance et de relance économique. Pour certains observateurs avisés, le premier ministre n’a récité qu’un chapelet de vœux pieux.

« Le gouvernement a, en effet, lancé des audits suivis de restructuration dans les sociétés nationales telles l’office togolais des phosphates (OTP) et la Société Togolaise de Coton (SOTOCO) », a eu à dire Gilbert Fossoun Houngbo au nom de son équipe. Mais il est amer de constater que ceux qui ont plongé ces sociétés ne se sont pas inquiétés.

Aussi, faudra-t-on rappeler que la loi de finances gestion 2010, alors que l’équipe Houngbo allouait 8,5 milliards pour l’éducation, on affectait 6 milliards à la Présidence.

On pourra, du moins, se féliciter que le Togo à adopter un mécanisme de suivi des dépenses pour la lutte contre la pauvreté.

 

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