Analyse du GRAD: LE TOGO EST-IL TOUJOURS EN CRISE ? QUE FAIRE ?


Victor Alipui, (photo letogolais.com)

De crise électorale en crise électorale, le TOGO, géré depuis plus de quarante (40) ans par le système RPT, s’installe profondément dans la crise née du déficit démocratique, et tourne le dos à son développement économique et social. Cette situation plonge le peuple dans une misère noire source de toutes les incertitudes.

La crise actuelle constitue le point culminant d’une série de soubresauts politiques et d’occasions manquées. Les éléments essentiels de cette crise résultent du mauvais fonctionnement des institutions de la république en particulier la commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et la Cour constitutionnelle.

Même si la campagne électorale récente est qualifiée généralement de paisible, force est de constater que le processus électoral dans son ensemble, a été très mal géré.

Dans le présent article, le GRAD livre son analyse de la situation, fait état des  interrogations majeures et propose des pistes de réflexion.

I-         SITUATION POLITQUE ACTUELLE.

Le processus électoral n’a respecté ni les dispositions pertinentes de l’arsenal juridique en vigueur en la matière ni les cahiers des charges adoptés de façon consensuelle.

La proclamation des résultats telle qu’elle à été faite, illustre à suffisance cet état de chose.

Le GRAD, en son temps, a évoqué la complexité de la situation politique pour suggérer qu’un délai conséquent soit consacré à l’organisation des élections présidentielles cela a été également la position d’une grande partie de la classe politique.

L’argument du vide juridique avait été opposé pour précipiter le scrutin. Or la cérémonie d’investiture n’a eu lieu qu’un mois après la proclamation définitive des résultats en violation des dispositions pertinentes de la constitution.

L’incurie des structures en charge du processus électoral a privé les dernières élections de toute crédibilité et a concouru à bâcler le contentieux électoral. En effet, des candidats ont largement dépassé le plafond de cinquante millions(50.000.000) de FCFA fixé par le code électoral pour le financement de la campagne électorale.

Par ailleurs, les recours introduits par les différents partis politiques n’ont pas reçu toute l’attention, un certain nombre de partis politiques regroupés au sein du front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) rejettent les résultats tels que proclamés et revendiquent la victoire à travers les marches populaires et des veillées de prière

Dans la capitale il convient de rappeler entre autres

•          Le débarquement impromptu des éléments de la FOSEP dans les locaux du Centre d’éducation sociale pour l’Apostolat des Laïcs (CESAL) pour arrêter des experts informaticiens et saisir le matériel informatique et les procès verbaux propriété de l’UFC, le 09 mars 2010

•          l’invasion du siège de l’UFC par les forces de l’ordre qui se sont  livré au saccage en règle des locaux et au matraquage aveugle des responsables et militants dudit parti en pleine veillée de prière le 24 mars 2010;

•          la prise d’assaut des environs du Temple méthodiste SALEM, toujours par les forces de l’ordre dans le but d’empêcher la participation des dirigeants et des militants du FRAC  à une séance de prière  habituellement et régulièrement organisée par les responsables dudit centre. A cette occasion la foule présente à été violemment dispersée sans ménagement au moyen de grenades lacrymogènes et de matraque et sans distinction aucune.

A l’intérieur du pays, il a été rapporté que le Pouvoir recourt aux militaires pour empêcher les manifestations de contestation pourtant autorisées dans la capitale. Il est également rapporté que des préfets s’opposent avec violence au libre exercice du droit d’expression du citoyen.

Cette manière pour le Pouvoir de réagir face aux contestataires, cristallise les rancœurs car le citoyen se sent profondément  frustré. Ce qui est de nature à radicaliser le mouvement de contestation.

La crise vient de connaître un dernier développement qui est l’accord intervenu le 26 mai 2010 entre le RPT et Monsieur Gilchrist OLYMPIO. Il ressort de l’observation du GRAD et des éléments d’appréciation en sa possession, que cet accord est le résultat d’une initiative personnelle qui n’engage pas l’UFC, aux dire des responsables de ce parti.

Au regard de tout ce qui précède, le GRAD se pose des questions.

Les interrogations majeures du GRAD

En dehors des élections de 1958 qui ont permis au Togo d’accéder légalement à la souveraineté nationale et internationale, toutes autres consultations populaires sont caractérisées par des improvisations, des précipitations et des irrégularités contraires aux normes internationales en la matière.

En effet les élections ont toujours été et continuent d’être des occasions de violences politiques et sociales obligeant la population à suspendre toute activité d’ordre économique pour aller trouver refuge hors de son domicile habituel. Pire les échéances électorales se soldent par des pertes en vies humaines, des blessés, des mutilés, des viols et des destructions de biens publics et privés. Dans ces conditions le GRAD se demande à quoi servent les élections au Togo ?

A cette question et à la lumière du constat ci-dessus, et devant le déficit d’imagination des acteurs politiques pour sortir de l’impasse, l’on est tenté de conclure à l’inutilité des élections au Togo surtout que celles-ci ne donnent lieu qu’à des holdups suivis de longues négociations et d’accords politiques inopérants. L’impasse ainsi constatée est entretenue par les différentes missions d’observation dont les conclusions ne sont pas en adéquation avec les constats et analyses par elle faits sur le terrain au cours du processus électoral. Le manque de fiabilité des conclusions des observateurs que nous déplorons trouve sa cause dans :

•          mauvaise connaissances des réalités du pays ;

•          présence tardive des observations sur le terrain ;

•          formation insuffisante ;

•          manque de moyens financiers et matériels adéquats ;

•          manque de crédibilité ;

•          conflit d’intérêt ; etc.

Les institutions surtout celles chargées du processus électoral sont-elles appropriées ?

Au terme de son analyse, le GRAD estime que ces institutions doivent être totalement repensées pour en faire de véritables outils au service du peuple par le respect du vote de ce dernier. Dans un état de droit où la séparation des Pouvoirs est une réalité et où la justice est une institution véritable, indépendante et crédible, certains responsables des dites institutions auraient déjà comparu devant elle pour parjure.

Une autre donnée dont il faut nécessairement tenir compte dans l’analyse de la situation politique au Togo est la présence constante de l’armée au cœur du Pouvoir politique qui de ce fait échappe aux civils dont il doit normalement être le domaine réservé. Au Togo c’est le pouvoir politique qui est assujetti à l’Armée et non le contraire comme partout ailleurs dan les pays démocratiques. Dans ces conditions et comme déjà dit plus haut les élections ne sauraient constituer une solution de sortie de crise.

S’agissant de l’accord du 26 mai 2010 entre Monsieur Gilchrist OLYMPIO et le RPT, le GRAD estime qu’il est de nature à clarifier la situation quant à la lutte que mène le FRAC. Dorénavant l’UFC et le FRAC ont la totale maîtrise de leurs actions car ils ne sont plus suspendus aux avis et aux positions de Monsieur Gilchrist OLYMPIO qui constituait pour eux une lourde  hypothèque.

L’analyse contenue dans la première partie du présent document et les interrogations majeures posées ci-dessus, conduisent tout observateur à dire que les perspectives économiques et sociales au Togo ne sont pas brillantes.

En effet l’impasse relevée plus haut, le manque d’imagination et de vision des différents protagonistes de la crise, la cupidité certains d’entre eux, le recours effréné à un enrichissement rapide de certains autres, constituent autant de tares qui bloquent la réflexion et l’action politique. Cependant, le GRAD quant à lui, convaincu de la cause légitime que défend le peuple togolais en revendiquant sa libération, tout en convenant que la lutte est dure et longue, demeure ferme dans sa foi en un lendemain plus brillant pour le pays.

II-PERPECTIVES

Pour faire de cet avenir brillant une réalité de demain, le GRAD lance un appel pressant à tous les acteurs politiques pour :

–          un sursaut patriotique salutaire :

–          une prise de conscience aigue de leur responsabilité ;

–          un degré minimum d’honnêteté politique et intellectuelle ;

–          la primauté de l’intérêt général sur les intérêts partisans, individuels et égoïstes ;

–          le respect de la volonté populaire notamment celle exprimée par les urnes ;

–          des mesures énergiques pour reformer les grandes institutions de l’Etat dont notamment l’Armée ;

–          le recours au référendum pour les questions majeures d’intérêt national ;

–          le respect des engagements pris au nom du peuple.

A cet effet il est nécessaire que les Togolais aient confiance en eux-mêmes et se fassent mutuellement confiance en privilégiant les initiatives internes de sortie de crise par rapport au recours excessifs à des acteurs extérieurs. A cet égard, il importe que les Togolais soient liés par un nouveau contrat social. En d’autres termes il faut envisager dès maintenant un véritable dialogue entre les vrais et authentiques protagonistes  de la politique togolaise devant déboucher sur l’élaboration d’une nouvelle constitution par une assemble constituante.

En conclusion le GRAD espère fortement quelles que soient les difficultés du moment, les protagonistes de la crise togolaise trouveront ensemble une véritable solution qui permette à la population togolaise de se retrouver et d’œuvrer à son propre développement. A défaut nul ne pourra aller durablement contre la volonté du peuple souverain.

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