La Françafrique :Un outil français pour tuer les indépendances en Afrique


Dans les années 1958, la France était acculée à accorder l’indépendance aux nombreux pays africains qui le réclamaient. Sous des pressions internationales, Charles De Gaulle le Président français d’alors

Jacques Chirac et Omar Bongo

va concéder cette liberté aux peuples africains mais, va la reprendre par un autre moyen : la Françafrique. Ce système depuis lors, a sevré les pays francophones noirs de cette véritable liberté pour laquelle ont lutté leurs aînés.

D’un coté une légalité internationale proclamée haut et fort, les indépendances, mais de l’autre la mise en place de mécanismes perpétuant la dépendance, et donc forcément illégaux puisqu’en contradiction avec l’indépendance reconnue en droit.  Ainsi, il fallait imposer aux africains, des chefs d’États « amis de la France » afin que le projet puisse réussir. Beaucoup d’analystes donnent pour exemple le Président gabonais feu Omar Bongo Ondimba, taxé de pilier historique de la Françafrique, qui a reconnu être issu des services secrets français.

Des Chefs d’Etats érigés en sous fief de la France

Des violences extrêmes au Cameroun contre le mouvement indépendantiste de l’UPC jusqu’à l’assassinat du premier Président démocratiquement élu du Togo Sylvanus Olympio en 1963. En 1987, la Libye et Foccart font assassiner Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët pour faire assoir leur ami Blaise Compaoré à la tête du Burkina. Au Congo-Brazzaville, après un premier coup d’État manqué en 1991, la Françafrique a restauré le dictateur déchu Denis Sassou-Nguesso en 1997, au terme d’une guerre civile. On peut également signaler la mort pour le moins suspecte du prometteur dirigeant Centrafricain Boganda. Assez de signes qui montrent que la France a su très vite mettre à la tête des pays, ses pions. Ces chefs d’Etats, pions de la France, ont aussi accepté jouer au jeu de la France qui leur miroitait une formule « laissez-nous décider de la conduite des affaires du pays, et en échange de votre silence et de votre soutien, servez-vous à volonté dans les caisses de l’État ». Et les intéressés ne se sont pas fait prier, constituant parfois des fortunes considérables égalant la dette extérieure de leurs pays. Les historiens notent au premier rang de ces personnes, Etienne Gnassingbé Eyadéma, Mobutu Sese Seko, Moussa Traoré, et  bien d’autres encore.

La police formée pour mater

Sur le plan militaire, dit-on, la domination est également flagrante. Elle passe par la présence de bases militaires sur le continent africain. Les accords de défense constituent l’autre instrument de la domination militaire. Ces accords de défense s’accompagnent de toute une série d’accords plus ou moins secrets d’assistance technique et de coopération militaire. A cela s’ajoute la domination militaro-policière qui s’exerce à travers toute une série d’officines publiques et privées, l’envoi de mercenaires parfois mandatés et équipés par la France, et la fourniture d’agents et de matériel de sécurité visant à former et à équiper des polices politiques comptant parmi les plus violentes du monde. Le cas du Togo avec la fourniture par un groupe français de 500 000 euros d’équipement pour les forces de sécurité togolaise à la veille de la présidentielle du 04 Mars dernier n’est pas passé sous silence.

Un système qui ronge l’économie

Pour beaucoup d’analystes, le nœud de ce système est d’exploiter les richesses du continent noir. Ce pillage passera par l’installation des sociétés de raffinage à l’instar de Elf, Total, et des entreprises telles que la Compagnie Française de Développement des Textiles (CFDT) sur le coton, Rougier sur le bois, CFAO sur le commerce et la distribution, une longue liste à laquelle on ajoute aussi Bouygues, Orange ou encore Bolloré, Aréva, BNP Paribas. Et avec cette formule, les pays africains deviennent prisonniers d’une dette exponentielle, contractée par des dictateurs irresponsables avec l’encouragement bienveillant de Paris, et qui entrave aujourd’hui inexorablement le décollage économique de ces pays.

Sarkozy, synonyme de la mort de la Françafrique ?

Dans un discours prononcé à Cotonou en juin 2006 par Nicolas Sarkozy encore ministre de l’Intérieur, il dénonçait avec fougue la politique africaine de ses prédécesseurs. «D’abord, cette relation …Il nous faut la débarrasser des réseaux d’un autre temps,…Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés.» Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy promettait même d’en finir avec le domaine réservé du chef de l’État en matière de politique africaine. Mais, nombreux sont des élites françaises qui soulignent aujourd’hui que ce serait un leurre de croire à la mort de la Françafrique avec Nicolas Sarkozy indiquant que les logiques classiques sont toujours à l’œuvre.

50 ans après l’indépendance des pays francophones africains, l’abîme créé par la Françafrique, est encore béant. Des pays peinent difficilement à décoller. Dans cette lutte de mettre fin à ce réseau mafieux, des penseurs français recommandent la clarification des prérogatives entre le Président de la République, le ministère des Affaires étrangères et le secrétariat d’État à la Coopération et à la Francophonie en matière de politique extérieure ;  la remise aux Commissions des Affaires étrangères du Sénat et de l’Assemblée Nationale, par le ministère des Affaires étrangères, d’un rapport annuel sur la coopération française en matière culturelle, technique et budgétaire, pouvant faire l’objet d’auditions de responsables politiques, de hauts fonctionnaires, d’organisations non gouvernementales et d’experts. Ils évoquent aussi la levée du secret défense qui, disent-ils, sert le plus souvent à protéger des individus et à leur assurer une impunité, plutôt qu’à protéger les « intérêts supérieurs de la France ».

La conformité à ces recommandations pourra permettre à l’Afrique de mieux déguster les fruits de son indépendance.

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Une Réponse

  1. […] enjeux d’environnement liés au climat, cela repose une fois encore ce lien intrinsèque de ‘la françafrique nuisible’ que ne cesse d’entretenir la France avec les pays […]

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