Répression du 14 avril : Les bavures du Lt Col Yark Damehane


Depuis la veille du scrutin du 04 mars dernier, tout porte à croire que la gendarmerie se plait dans des actions qui frisent le ridicule et l’irrationnel. En tout cas, si elles ne le sont pas, elles le ressemblent bien. La dernière en date est le saccage du siège de l’UFC le mercredi 14 Avril dernier alors que le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) s’apprêtait à observer une veillée de prières avec ses militants et sympathisants.

Au lendemain du forfait des agents du Lieutenant Colonel Yark Damehane, au siège du parti, il est apparu aberrant aux yeux de nombreux de togolais que pour justifier la saisine du matériel informatique, des baffles installées pour la sonorisation, des imprimantes, des téléphones et bien d’autres encore, le Lt-Col Yark souligne que c’est « afin qu’il ne fasse l’objet de pillage de la part de certains badauds » ? Qui sont ces badauds ? la question mérite bien d’être posée quand on sait que les gendarmes ont bouclé toutes les voies

Des traces de botts sur la porte d'un bureau

 d’accès menant au siège du parti et investissant les locaux jusqu’à une heure tardive dans la nuit.

Le patron de la gendarmerie nationale fait aussi  arrêter des responsables de l’UFC notamment Robert Olympio, le Secrétaire National à l’Organisation du parti et Jean Eklou, le Président de la jeunesse de l’UFC qui sera d’ailleurs menotté du siège jusqu’à la gendarmerie, des heures durant. Et pourtant on donne comme argument,venus arrêter « des individus venus du camp des réfugiés d’Agamé au Bénin, en vue de perpétrer des actes de vandalisme et de violences ». Un responsable de l’UFC s’exclame : « ils ont emporté nos matériels, vont-ils nous dire que les béninois qu’ils recherchent sont aussi cachés dans ces matériels ?»  Les responsables de l’UFC vont-ils encore utiliser ces matériels surtout qu’il y figure une machine de confection des cartes de militants et des cartes de militants vierges ? L’intégrité de ces matériels a été violée. Ces actes, nombreux sont les observateurs qui disent que « celà, ne peut se passer qu’au Togo. »

Pourquoi les gendarmes ne peuvent-ils pas présenter un mandat de perquisition fournit par le Procureur de la République aux

Des gendarmes en civil traînant manu militari une militante UFC

responsables de l’UFC, si réellement des béninois se cachaient dans les locaux du parti ? On veut croire que ce sont des intellectuels qui sont recrutés à la gendarmerie. Cette opération nous dit-on, « s’est déroulée dans le strict respect des lois en vigueur et de la déontologie du métier ». Et pourtant, le lendemain, on pouvait remarquer des traces de bottes sur les portes des bureaux, des objets dispersés, des enseignes en l’occurrence l’inscription « Salle Dr Marc Atidépé » en haut de la grande salle du parti défoncée de même que d’autres meubles, des débris de bois et de pierre étant par terre.

Alors que les responsables de l’Union des Forces de Changement (UFC) menacent de porter plainte pour les actes commises par les gendarmes, le Lt-Col Yark Damehane au cours d’une rencontre avec la presse annonce qu’« une plainte régulière sera déposée devant les instances judiciaires compétentes par la Gendarmerie Nationale, afin que les auteurs de ces allégations répondent de leurs actes ». On risque d’être aussi tenté de dire que ces propos ne peuvent qu’être tenus au Togo.

Dans le cas d’espèce, en matière de plainte, la gendarmerie qui joue le rôle de la police judiciaire mène les enquêtes et versent les fruits au procureur de la République après avoir reçu mandat. Dans ce cas précis, Yark annonce lui-même par ses propos qu’ils sont prêts à être juge et partie. Pauvre Togo.

Enseigne de la salle de conférence de l'UFc défoncée

C’est ainsi qu’on construit le  fameux Etat de droit.

Au vu de tous ces vagissements maladroits de la gendarmerie nationale, de la perquisition du parc informatique du FRAC au CESAL jusqu’au coup de force du mercredi 14 Avril dernier en passant par les répressions des togolais par la gendarmerie nationale lors des manifestations de masse, certains analystes estiment que « la gendarmerie est à la recherche d’un certain nombre d’éléments qu’ils n’ont pas encore trouvé et que cela peut les amener à faire des perquisitions au domicile des responsables politiques du parti ». Patrick Lawson, le 1er Vice-président du parti renchérit « le RPT est à la recherche des preuves de sa fraude ». Peut-être qu’ils iront un jour perquisitionner aussi les journalistes pour détention d’informations qui vont porter atteinte à  l’intégrité de l’Etat, est-on tenté de dire.

 

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