Le «Shoemaker»: Un métier porteur d’espoir au Togo


Il n’existe pas de sot métier dit-on souvent et nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que les ghanéens en savent quelque chose. Les francophones aujourd’hui, ont pris la main en ce qui concerne la cordonnerie. Le Togo reste encore une destination assez prisée pour réaliser un bon chiffre d’affaires.

En effet, depuis belle lurette, il est devenu rare de constater encore ces cordonniers ambulants Le jeune Vava à l'oeuvre abusivement  appelés «Shoemaker» être des ghanéens. Ces derniers ont laissé la main aux francophones de la région. Ils sont désormais nombreux, ces Béninois, Maliens, Sénégalais, Burkinabais, et d’autres nationalités encore, à circuler entre nos murs, sacs ou boites en bois en main avec un dénominateur commun: rapiécer les sandalettes ou cirer les chaussures.

L’aventure, un burkinabè qui préfère se faire appeler Vava, le vit aussi. Celui-ci, malgré  la formation dans la  série technique dans son pays, il n’arrive pas à trouver de débouchés et par manque de soutien financier, et avec des conseils d’un de ses amis, a préféré embrasser ce métier. Et donc depuis 2008, il est au Togo après avoir eu la formation en la matière, pendant deux mois, à Kumasi au Ghana, chez un maître cordonnier. A en croire le jeune Vava, la formation a été bien rigoureuse et sanctionnée par un diplôme.

Au pays de Kwame N’krumah, rapiécer des sandalettes est enseigné depuis les  basses classes ce qui permet aux ghanéens de tout âge de savoir manier aiguille et ficelle.

Il y a de cela quelques années, ces «Shoemaker» ne s’exprimaient qu’en anglais et s’essayaient aussi dans le vernaculaire pour pouvoir mieux dialoguer et marchander les prix avec leurs clients. Aujourd’hui, l’anglais a cédé la place au français. On comprend aisément que les ghanéens ont quitté le métier, en tout cas la plupart d’eux ne l’exercent plus au Togo.

Vava confirme qu’il n’est pas le seul francophone dans le métier et qu’ils se croisent entre eux, burkinabè, béninois, maliens, sénégalais. Pour lui, la destination Togo s’explique par le fait que dans leur pays d’origine il leur serait très difficile de faire le chiffre d’affaire au Togo. Sans hésitation il confie gagner jusqu’à 3000francs Cfa par jour et toucher près de 4500 de nos francs les dimanches. « Quand les gens vont à la messe pour prier je cire une paire de chaussures à 50 frcs et je répare à partir de 50 francs aussi et ça me permet de gagner mon pain ».

Contrairement au jeune Burkinabais, d’autres francophones augmentent vertigineusement les tarifs. « Un jour, j’ai été surpris qu’un de ces jeunes me demande 150 francs pour une paire de chaussures rapiécées » s’est plaint un homme du troisième âge qui suivait notre entretien.

De 7heures du matin, Vava ne retrouve sa chambre que vers 18 heures. Ceci lui permettant de pouvoir payer le loyer de 6000francs qu’il se partage avec un autre ami mais qui n’est pas dans le même corps de métier que lui. Pour d’autres encore a-t-il dit, c’est pour échapper d’être la risée de certains yeux et surtout précise-t-il avec ironie, de leur copine. Même en plein midi, on peut encore entendre ces bruits bien rythmés qui ne trompent pas : « kpê, Kpê, Kpê, ». Plus de doute, ce sont les «Shoemaker».

Même si de nos jours, des Togolais préfèrent acheter eux-mêmes des boîtes de cirage  pour donner un éclat à leurs chaussures, ils se voient toujours obligés de recourir à ces «Shoemaker».

Ce corps de métier, beaucoup  de gens conviennent à le dire, était assez porteur pour les ghanéens et cela, pour plusieurs raisons. Vava lui, compte déjà quitter le pays dans trois mois pour son pays natal car plus ou moins satisfait de son aventure.

Dossier réalisé par Sylvio Combey

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