FOSEP 2010 : De la sécurisation à l’oppression


La Force Sécurité Election Présidentielle (FOSEP) 2010 se sera-t-elle trompée de la mission à elle dévolue ? La question, nombreux sont les togolais qui se la posent en voyant cette unité sensée assurer la sécurité de la présidentielle, réprimer la population.

Après le scrutin de 04 mars, la mission de la FOSEP semble avoir changé de ligne. On ne le verra plus comme en 2005, transportant des urnes mais, réprimer cette fois-ci, la population. Les 6000 gendarmes et policiers de cette unité se sont illustrés en mal à lancer des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes sur les manifestants. Lors du conseil des ministres du 11 novembre 2009, il était bien signifié que cette Force est placée sous la supervision de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et sous le commandement opérationnel du ministère de la Sécurité et de la protection civile. Au finish, la FOSEP était devenue un pion à pouvoir du ministère de tutelle, sans la supervision de la CENI.

Financer la FOSEP pour réprimer ?

Pour cette élection que les togolais ont souhaité voir transparente, paisible et sans violence, des énergies ont été mobilisées. La communauté internationale, après plus de 15 ans de rupture de sa coopération pour déficit démocratique, s’est, elle aussi mêlée. L’Union Européenne a financé cette unité  avec des fonds du contribuable européen avec plus de 20 millions de francs Cfa. L’impression a été comme si c’était un financement pour outiller la FOSEP pour mieux réprimer. Pour ce scrutin, des motos, voitures et autres matériels de sécurisation leur ont été offerts, en nombre important, et même des grenades lacrymogènes. Ces matériels n’ont pas été rangés dans les tiroirs. Ils ont résonné au cours des mobilisations populaires. « Ils voulaient démontrer qu’ils savent le manipuler » a ironisé un jeune militant. De façon plus concrète, le 08 février 2010, le chef de la mission de l’Union Européenne, Patrick Spirlet avait offert à la FOSEP, 5 ambulances 4X4, 110 motos avec autant de casques offerts par Necotrans/ITC-Dacia, 30 Pick up, du matériel de transmission et de maintien de l’ordre. « La Communauté internationale voulait-elle financer une mascarade classique ? » la question mérite d’être posée.

Une sécurisation travestit en répression

La répression n’a pas tardé à se concrétiser au lendemain du scrutin du 04 mars dernier. Les matériels fournis vont connaître leur baptême de feu le dimanche 07 Mars 2010. Un sit-in de protestation du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) a été dispersé par la FOSEP, tirant à bout portant sur les manifestants, entraînant une trentaine de blessés au rang desquels des responsables du FRAC. Après ce ‘chef-d’œuvre’ de la FOSEP, 11 motos des manifestants ont été ensuite saisies. Le lendemain, à peine aura démarrée une marche de protestation du FRAC que les manifestant ont été accueillis par des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes dans la cour et aux abords du siège de l’UFC et même dans des maisons voisines entraînant aussi des blessés. Le mardi 09 mars, le lieu de rassemblement du FRAC a été bouclé par ces agents, opprimant les manifestants. Le même jour, on se rappelle, une unité de la FOSEP a investit le quartier di siège de l’UFC, lançant des grenades lacrymogènes, bastonnant et arrosant les militants avec du liquide corrosif. Beaucoup se sont ensuite retrouvés à la Croix rouge et au CHU de Bè pour des soins. Le tout dernier en date est la dispersion, à l’aides de ces matériels, des militants, sympathisants et responsables du FRAC qui observaient une veillée de prières et de chants, le mercredi 24 mars dernier. Et pourtant, tout comme les autres acteurs, les agents de la FOSEP avaient été sensibilisés sur la non-violence. Le phénomène laisse encore croire que ‘chasser le naturel, il revient au galop’.

Le Commandant Yark remis en cause

Le Lieutenant Colonel Yark Damehane, l’homme au commandement de la FOSEP est décrié par tous. Il a té d’ailleurs cité dans beaucoup de rapports sur les violations des droits de l’homme et les exactions. L’homme s’était rendu tristement célèbre quand il a menacé les professionnels de la communication qui observaient un mouvement de protestation pour un de leur confrère qui a été passé à tabac dans la matinée du 15 juillet 2009. « Ils avancent encore 5 mètres, rentrez-leur dedans…, et proprement… », avait-il intimé aux agents de la gendarmerie déployés sur les lieux pour mâter les journalistes. Mais, pour le récompenser, il a été nommé commandant de la FOSEP. Les résultats ne se sont pas faits attendre, ‘qui veut manifester doit s’attendre à inhaler des grenades lacrymogènes’.

Si les corps habillés déployés pour la sécurité des candidats lors du processus ont été rappelés parce-que « l’élection est terminée » comme l’a précisé le Lt-col Yark, il est aussi nécessaire que parce que « l’élection est terminée », les éléments issus de la police et de la gendarmerie réintègrent leurs unités d’origine et donner libre cours aux manifestations politiques qui d’ailleurs, ne sont en aucun cas interdites par la Constitution.

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