Approvisionnement en eau potable/ UN CALVAIRE POUR LES POPULATIONS DE KEVE.


Se procurer de l’eau dans la préfecture de l’Avé est un véritable parcours de combattant. Il n’y a que trois choix, soit

Une fille revenant d'un barrage d'eau avec un bidon rempli, à kévé

s’acheter de l’eau auprès de quelques rares propriétaires de forage, soit recueillir de l’eau de pluie, soit se rabattre sur l’eau retenue dans un barrage, eau dont se sert tout le monde, jardiniers, domestiques et même pêcheurs. La situation est assez alarmante, les populations, dans l’ignorance sont soumises à toutes sortes de maladies hydriques avec l’eau qui n’est pas traitée.

A près de 25 kilomètres au nord ouest de la capitale, l’approvisionnement en eau potable n’est pas aussi aisé comme on pouvait le croire. Au prime abord, c’est à l’aridité du sol que se heurtent les populations. Il faut vraiment être un gladiateur pour s’aventurer à creuser un puits dans cette localité. « Chez nous, il est impossible de creuser un puits et y trouver de l’eau, c’est

Des jeunes traînant des bidons remplies d'eau

impossible ! » a lancé maman Lébéné, une revendeuse de riz non loin de la station de conducteurs de taxi motos. A en croire maman Lébéné, la situation les soumet à de dures épreuves pour s’approvisionner en eau.

Néanmoins il y a un groupe de jeunes qui allègent la corvée aux femmes. Ils ont pris l’initiative d’aller chercher de l’eau cette denrée vitale. C’est devenu pour eux un créneau pour pouvoir se procurer de leur pain quotidien. « Chaque matin on se lève au plus tard à 5heures pour aller chercher de l’eau. Il nous arrive de faire jusqu’à 6 tours avant que le soleil ne monte vraiment parce qu’après ça fatigue avec le trajet » explique Mathé. Tôt le matin, ils chargent près de 12 bidons de 25 litres sur leur pousse-pousse pour s’approvisionner en eau. De l’eau qu’ils revendent aux dames qui le leur en commandent.

Seulement, affirme-t-il le marché est cassé quand il pleut parce que les dames recueillent de l’eau de pluie qu’elle utilisent pendant au moins trois jours. « Dans ces cas, nous nous retrouvons au chômage temporairement » a-t-il ironisé. Pour pouvoir se procurer de l’eau de pluie, sont construits dans presque toutes les maisons de la localité, des tanks ou réservoir avec une canalisation depuis l’échappatoire des tôles. «C’est ce que nous faisons depuis, et s’il pleut beaucoup on en a pour plusieurs jours et en saison des pluies, on ne se plaint pas » indique un homme du troisième âge.

Ces jeunes se regroupent pour la plupart du temps en groupe de trois voire quatre avec un chef de fil, pour pouvoir tirer sur le pousse-pousse. « Nous revendons un bidon d’eau à 50 francs mais on vend également 3 bidons  à 125francs CFA » souligne Mathé le chef de fil. .

Ce parcours pour s’approvisionner en eau n’est pas seulement l’apanage de ces jeunes. De petites filles sont aussi envoyées sur le chemin du calvaire. Elles traînent à longueur de journée, des bidons d’eau à longueur de matinée.

C’est également dans ce barrage d’eau que puisent des jardiniers qui cultivent des légumes aux alentours. Au même moment que cette eau sert à boire pour les populations de Kévé et de ….. c’est aussi cette retenue d’eau qui permet aux pêcheurs de faire leur chiffre d’affaire. Les démêlées s’invitent assez souvent entre ces jeunes, les jardiniers et les pêcheurs. « Ils nous arrive de se disputer » confirme un jardinier sous le chapeau d’anonymat tout en insinuant que «ce barrage a été construit pour aider nous les jardiniers, pour amener les populations à s’intéresser à la terre » tout en précisant que la retenue d’eau a été l’œuvre d’une mission venue spécialement d’Israël en 1979. « C’est vrai que l’eau est sale mais c’est devenue notre Pure Water » a-t-il conclut.

Cette eau, les populations reconnaissent qu’elle est sale mais ne daignent pas la désinfecter ou mieux encore de la filtrer avant consommation. « Nous renversons l’eau dans nos jarres et les microbes retombent en bas » se précipitent-ils à dire. Pour d’autres femmes, l’eau est déjà assez filtrée du fait qu’elle est stagnante. Elles ignorent les maladies auxquelles elles s’exposent avec toute leur famille, et soutiennent que personne ne tombe malade à cause de l’eau.  A cette retenue s’approvisionnent quelques

Même si depuis l’année dernière les forages ont commencé par pousser comme des champignons dans la préfecture, le système n’est toujours pas encore ancré dans les mœurs surtout que la plupart de ces forages fonctionnent à l’aide de groupe électrogènes alimentés par de l’énergie électrique. «L’eau de forage nous coûte 15 francs Cfa le seau » explique une mère de famille qui indique que la situation devient beaucoup plus catastrophique en moment de délestage. Ces moments de délestage par contre font plutôt la part belle de ces jeunes qui en profitent pour faire assez de voyages avec leur  pousse-pousse et de facto, augmenter leur chiffre d’affaire.

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