Finance Gestion 2010 : la santé des Togolais en péril.


El Hadj Abass bonfoh, Président de l'Assemblée Nationale

L’appui du gouvernement togolais au domaine sanitaire va decrescendo. Le financement de la santé passe de 50 milliards en 2009 à 41 milliards en 2010 dégageant une baisse de 3,75%. La situation expose surtout la santé de la femme et de l’enfant. La réhabilitation des infrastructures quant à elle, est presque ignorée, on prévoit seulement un investissement de 100 millions.

Des études réalisées par le ministère de la santé avec l’appui de certaines organismes internationaux à l’instar de l’USAID (United States Agency for International Development),  de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et AWARE-RH (Reproductive Health and Child Survival Project), révèlent qu’au Togo, une femme meurt toutes les 8 heures, suite à une complication liée à la grossesse, à l’accouchement ou aux suites de couches et qu’au même moment, huit nouveau-nés perdent également la vie.

« Quelle vie veut-on sauvegarder en diminuant le financement de ce secteur et en augmentant celui d’autres à l’instar des dépenses de renouvellement des matériels à la présidence qui passent de 5millions 639 mille en 2009 francs Cfa à 5 millions 941mille de nos francs pour  ces dépenses en 2010 » observe un jeune étudiant qui dit y trouver un véritable paradoxe. Ces mêmes études ont montré que si rien n’est fait en ce sens on notera plus de 11.300  femmes perdre la vie au cours de la grossesse et de l’accouchement entre 2006 et 2015.

Et pourtant, l’année dernière, le ministre de la santé Komlan Mally était devant la représentation nationale pour plaider les questions de vie de la femme et de l’enfant, afin d’avoir le quitus d’un document qu’il avait soumis pour approbation. « Le taux de décès lié à la grossesse, à l’accouchement ou aux nouveau-nés est très important et alarmant. Il faudrait donc que chacun à son niveau prenne conscience de la gravité de la situation », avait lancé le ministre d’Etat. Pour le budget 2010, le constat est là, les problèmes de santé de la femme et de l’enfant ne sont pas prises en compte. On comprend qu’il avait donc lancé un cri dans le désert, les préoccupations n’ayant pas été prises en compte.

En effet, des experts du ministère de la santé ont en ce temps, appelé à la mise en œuvre du plan de réduction de la mortalité maternelle et néo-natale qui fait appel à plusieurs éléments déterminants dont l’augmentation à 15% des budgets alloués au ministère de la santé. Peine perdue ! Plutôt que de l’augmenter, on le réduit de 3, 75%. « La santé des Togolais, surtout de la femme et de l’enfant est en péril » confie un professionnel de santé.

Un document intitulé « le plaidoyer sur la santé de la mère et du nouveau-né au Togo: agir pour sauver les mères et les nouveau-nés » révèle que la situation de la femme et de l’enfant, est la conséquence directe de trois retards notamment le retard dans la prise de décision au niveau de la femme, de la famille et de la communauté, le retard dans l’accès aux formations sanitaires et le retard dans l’accès aux soins de qualité. « Un financement conséquent aurait été accordé à ce secteur qu’on serait en mesure, avec la volonté de tous, de réduire le taux de mortalité maternelle » relève un Professeur agrégée de son Etat. Des statistiques prévoyaient d’ailleurs une baisse de 478 décès à 120 sur 100 mille nouveau-nés. Malheureusement, on tente à dépendre de l’aide extérieure que sur les ressources internes. Sur 25,1 milliards d’investissements prévus, plus de 20 milliards constituent des ressources extérieures alors que les points 4 et 5 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), prévoient successivement la réduction de la mortalité des enfants de moins de 5 ans et la réduction du taux de mortalité maternelle.

L’autre point fort du budget gestion 2010 qui est laissé pour comptes est les infrastructures routières. Lors de la présentation du projet à l’Assemblée Nationale le vendredi 18 Décembre dernier, la commission présidée par le député Payadowa Boukpessi a laissé entendre que les chantiers pour la réhabilitation des infrastructures ont été retardé du fait que les deux opérateurs de téléphonie mobile nommément Togocel et Moov ont accusé un grand retard dans le payement de leur redevance.

Cette année, alors que nos infrastructures routières sont en piteux états, le gouvernement ne  prévoit accorder à ce secteur que 100 millions. Une somme qui servira à réhabiliter et à entretenir 50 kilomètres de pistes rurales. On feint de reconnaitre que les infrastructures constituent à eux aussi, de véritables stimuli pour l’investissement dans un pays.

Sur les réalisations qui ont d’ailleurs été faites dans ce sens, on essaie de faire un black out total sur l’audit des travaux. Juste un exemple parmi tant d’autres, ceux d’aménagement et de réhabilitation du tronçon Boulevard de la Paix (Aéroport) – Togo 2000 réalisés dans le cadre de la 6è foire internationale de Lomé qui s’est tenue fin 2007, a coûté au contribuable togolais la bagatelle somme de 338.176.843  FCFA  (trois cent  trente huit millions  cent soixante seize mille huit cent quarante trois  francs CFA). Et pourtant cette somme n’était pas inscrite au budget à l’époque.

On ose croire que cela ressemble bien à une comédie bien qu’en 2008, lors du vote du budget finance gestion 2009 ; le Président de l’Assemblée Nationale El Hadj Abass Bonfoh avait invité le gouvernement à rendre des comptes sur sa gestion tous les six mois. « Dans le cas contraire, nous serons dans l’obligation de procéder à des interpellations », a-t-il menacé.

Par ailleurs, le gouvernement s’extasie à déclarer chaque fois sur tous les toits que tout est priorité et pourtant, des moyens conséquents ne sont pas mis en place avec les ressources humaines concordantes pour faire de ces urgences, une réalité. On tergiverse et on recommence. Le pouvoir devrait se féliciter seul, de voir les députés RPT voter unilatéralement, le budget gestion finance 2010 malgré les griefs énoncés par l’opposition parlementaire. Ce budget en rappel, est évalué à 432 milliards 664 millions 841 mille francs Cfa en recettes et 499 milliards 725 millions 528 mille francs Cfa de dépenses.

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