Interview/ Me Apevon : « Nous devons continuer par réfléchir »


Les discussions sur un mode de scrutin consensuel sont au point mort depuis le dernier round de Ouaga, dimanche 27 Décembre dernier. Le journal Crocodile s’est entretenu avec le Président National du parti Me Apévon Dodji.

C’est le statu quo dans la recherche du consensus pour le mode de scrutin, que s’est –il passé à Ouaga.

(Photo Sylvio Combey)

Me Apévon Dodji Pdt National du CAR

Au cours de la dernière rencontre, chacun des deux camps a développé ses arguments et nous, nous disons que la question du mode de scrutin est une question de justice. Parce que nous avons un mode de scrutin que des gens se sont levés un beau matin pour modifier, parce que pour des stratégies électoralistes. Et ils ont changé le mode de scrutin parce que pour eux, c’est ce mode qui peut mettre le plus l’opposition en difficulté et qui leur permmettrait de conserver le pouvoir.  En réalité c’est en ces termes là que le problème se pose. Eux, le RPT, ayant été habitué au tripatouillage, ils savent qu’en maintenent le mode de scrutin à un tour et avec un peu de manipulation des résultats, le chef de l’Etat actuel peut sortir premier et il nous dame le pion. Nous avons développé nos arguments mais ils sont restés figés dans leur position malgré les tentatives du facilitateur pour concilier les points de vue, il n’ y a pas eu d’avancée réelle. Malheuresement, le mode de scrutin ne peut ètre changé aujourd’hui dans la constitution que lorsqu’il y a consensus des deux camps. Le consensus n’ayant pas été trouvé, le facilitateur a constaté que les deux positions étaient inconciliables et a donc mis fin aux discussions.

Vous confirmez que le facilitateur a indiqué que ce n’est pas seulement le mode de scrutin qui doit faire l’objet de discussion mais aussi l’organisation même des élections.

Tout à fait ! Le facilitateur a effectivement dit quelque chose en ce sens.  Ce que moi je voudrais rappeler c’est que avant qu’on ne vienne sur le problème épineux du mode de scrutin, nous avons passé en revue, tous les problèmes en suspens au niveau de l’organisation des élections. Ce que la CENI doit faire pour une meilleure traçabilité des bulletins de vote, comment les sécuriser, comment les mettre à l’abri de fraudes, de même que le problème de publication de résultats, de transport de ces résultats et de la délivrance des procès verbaux. Nous sommes revenus sur tous ces sujets. Finalement, le facilitateur nous a dit que comme nous, au cours des précédentes réunions, avons décidé que c’est la CENI qui doit faire des propositions sur ces points, il est préférable que la CENI fasse ses propositions sur ces points en question et que sur ces points, les discussions s’ouvrent. Maintenant si les propositions que la CENI va faire sur ces points-là n’agréent pas à un parti politique, les discussions vont permettre d’améliorer la situation. Donc nous avons passé ces points là en revue avant de revenir sur le mode de srutin.

Face à l’échec des discussions, le CAR sera-t-il toujours présent à la CENI puisque vous avez fait de la question du mode de scrutin, une condition sine qua non ?

Nous avons annoncé dans un communiqué antérieur que si nous n’obtenons pas satisfaction sur le mode de scrutin, nous n’allons pas participer à l’élection présidentielle et nous sommes allés à Ouaga espérant que la pression des uns et des autres pourrait amener le RPT à changer de position. Nous, nous trouvons dans une position aujourd’hui non de rupture mais qui nous amène à dire que lorsque nous allons proceder autrement pour créer d’autres conditions, ce sujet peut revenir sur le tapis. C’est pour cela que moi je dis que tout en restant collé à notre communiqué, nous devons continuer à refléchir ensemble, toute la classe politique j’entends, sur la meilleure stratégie que nous devons développer face à ce problème.

Avez-vous l’impression que la Communauté Internationale s’y met pour que les choses changent au Togo ?

J’ai même l’impression que la Communauté Internationale est fatigué du Togo. Lorsque vous prenez ce qui s’est passé en 2007, j’ai senti plus de mobilisation par rapport à ce qui a été fait mais aujourd’hui, tout en étant présente, cette communauté agit timidement.

Faire autrement, trouver  une autre stratégie , avez-vous déjà lancé les bases ?

Déjà, on vient d’arriver de Ouaga, chaque partie rendra compte à sa base et réflechira au niveau de son organe de décision pour savoir comment nous, nous comporterons par la suite.

Interview réalisée par Francis Pedro Amuzun

(Journal Crocodile no 772)

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