Préfecture de l’Ogou au Togo / Des écoles en piteux état.


Les écoles, lieux incontournables  pour la formation des tètes pensantes, des élites de demain semblent ne plus être une priorité pour les autorités gouvernementales, elles sont en piteux état surtout dans les coins reculés du pays. Elèves et enseignements sont laissés dans des conditions d’études lamentables. Il est amer de remarquer que les infrastructures scolaires sont quasi inexistantes dans les cantons reculés du pays. Ce n’est que le constat fait après une tournée à l’intérieur du pays en occurrence dans la préfecture de l’Ogou, dans la région des plateaux.
Salles de classes bien construites, enseignants en nombre suffisant, moyens didactiques au point, c’est une perle rare dans la préfecture de l’Ogou si, ce n’est par l’appui de quelques organisations internationales en particulier de Plan Togo.

Quelques salles de classe à Adogbénou

Rares de voir une seule école et bornes fontaines sans la griffe d’organisation internationale. On retrouve ces élèves, plus de 80 dans une seule salle de classe de quelques mètres carrés, certaines en paille, d’autres non couvertes. Le nombre pléthorique contraint les enseignants à les entasser trois voire quatre par banc.
L’exemple de l’Ecole Primaire Publique (EPP) Adogbénou, au nord-est de la préfecture de l’Ogou à 32 kilomètres d’Anié est assez palpant. C’est une école de 12 salles, visiblement la seule dans la localité avec une population estimée à près de cent mille habitants. Aux cours primaires, ce n’est pas d’ailleurs étonnant chez eux, on retrouve 60 à 90 élèves entassés sur des bancs, 40 à 60 aux cours élémentaires, de même que les élèves du cours moyens entassés trois par banc à l’instar des premières promotions. « Pour le moment on a, au plus, 20 bancs par salle de classe, et cela nous embête beaucoup » confie Lombo Komlan, Directeur de l’EPP Adogbénou. Les réalités de cette école ne sont qu’une partie visible de l’iceberg. «La situation affecte beaucoup les résultats en fin d’année » a ajouté le Directeur du centre sans pour autant nous donner les statistiques. Faut-il rappeler que même les candidats au Certificat d’Etude du Premier Degré (CEPD) sont soumis au même châtiment.
Dans d’autres centres d’études de la région, on ne compte que trois salles de classe, des toits en paille avec une partie emportée, exposant les élèves non seulement au chaud soleil, mais à d’autres aléas climatiques et de facto aux maladies y afférentes. Certains d’entre eux ne réclament pas de bancs pour s’asseoir, ils sont habitués à s’asseoir à même le sol pour écouter leur enseignant dispenser le cour sur de petits tableaux noirs.
A Adogbénou, « quand il pleut les cours sont suspendus et reportés, on laisse les enfants rentrer chez eux » explique Lombo komlan. Il est évident qu’il n’ya pas une grande différence entre laisser les élèves rentrer en période de précipitations et les garder à l’école. Ceux qui restent sur les sites sont bien mouillés tout comme ceux qui rentrent chez eux.  « Il y a toute une gamme de problèmes qui nous assaille mais qu’est-ce que vous voulez ? » a vociféré un autre enseignant sous le chapeau d’anonymat.
Non seulement les conditions d’étude des élèves ne sont pas enviables, les enseignants aussi. Ils perçoivent pour les neufs mois de l’année, 100 à 120 mille francs Cfa comme fond pour le ‘bon déroulement’ des cours. Force est de constater que dans cette somme, ils doivent assurer le ravitaillement en matériel didactique, des dépenses pour la mise en état des bancs, et la réparation de l’équipement administratif et, y compris les frais de déplacement du directeur du centre.
A en croire Dégla Bidi, père de trois enfants, les élèves sont exposés en période d’intempéries. « Le drame est qu’il n’y a pas de centre de santé adéquat pour soigner nos enfants quand ils tombent malades » a-t-il lancé d’un air très remonté. Non seulement les infrastructures sanitaires manquent dans ces villages, les pistes rurales y menant  sont dans un état piteux, les populations souffrent aussi d’un manque criard d’électricité et un manque en eau potable.
La gratuité des frais de scolarité décrétée par l’Etat togolais sans les mesures d’accompagnement, n’a fait qu’aggraver la situation des enseignants. « Les subventions ne sont pas à la hauteur de ce qui devrait arriver » a observé le Directeur Lombo avant d’ajouter « Il faudrait qu’on veille à nous et que les fonds nous parviennent à temps et de manière suffisante afin qu’on puisse faire le travail dans de bonnes conditions ».
Cette population, pour sa survie, est obligée de se rabattre sur la terre avec la culture du maïs, du sorgho, du piment, de l’igname, du haricot et du manioc. Malgré le dévouement pour assurer un lendemain meilleur à leurs enfants, ces populations se heurtent toujours à un problème crucial, l’état défectueux des routes.
C’est finalement tout le cycle qui est atteint par le virus de l’inexistence d’infrastructures scolaires. Des bancs quasi inexistants dans les écoles primaires au manque d’amphithéâtres dans les deux universités du pays.

Dossier réalisé par Sylvio Combey et publié dans Crocodile no770 du mardi 15 Décembre 2009.

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Une Réponse

  1. […] Depuis le 13 Septembre dernier, les élèves, sac à dos, ont encore repris les chemins de classe. La plupart vont encore revivre le même calvaire que l’année précédente, les infrastructures étant quasi inexistantes. Dans certains établissements scolaires, privés comme publiques. Les apprenants se voient contraints de se mettre à trois par banc, souvent, dans des salles de classes jumelées. Et, on peut très facilement retrouver des élèves des classes des cours préparatoires dans une même salle ; idem pour ceux des cours élémentaires et des cours moyens, bien agglutinés, les uns contre les autres. Et on note également un nombre pléthorique d’apprenants dans des salles trop exigües. L’aspect de certaines salles, construites en terre cuite, non achevées, couvertes de pailles, ne favorisent pas la continuation des cours en période d’intempéries. A Lomé comme à l’intérieur du pays, la situation est gravissime. Les cours sont continuellement… […]

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