BRAQUAGE / FELIX AKLAVON DU RASALT INTERPELLE LE MINISTRE DE LA SECURITE


Felix Aklavon

Félix Aklavon Pdt RASALT

Le dernier braquage de l’agence de téléphonie mobile, avec une artillerie de professionnel et la recrudescence de l’insécurité au Togo préoccupent les acteurs de la sécurité, surtout que nous sommes à quatre mois de l’élection présidentielle. Cette situation confirme la circulation illicite et illégale des armes légères et de petit calibre au Togo. Une épée de Damoclès qui pèse sur la tête de chaque citoyen. Au Réseau d’Action sur les Armes Légères au Togo (RASALT) qui a lancé une campagne contre la prolifération des armes légères, on interpelle le Col. Atcha Titikpina, patron de la sécurité. Il doit se lever tôt pour prendre des dispositions idoines afin d’éviter le pire, du moins, en 2010. Félix Aklavon le responsable du RASALT  se confie.

Monsieur le Président, vous semblez, au RASALT inquiété par le braquage au siège de Togo Cellulaire à Adidogomé?

Oui ! Quand il y a braquage, tout le monde est inquiet, ce n’est pas au niveau du RASALT seulement. Nous, nous sommes d’autant plus inquiets parce que nous luttons contre la circulation illicite de ces armes et malgré cette lutte si les armes tuent, il y a de quoi s’inquiéter. Mais, nous disons que ce braquage doit interpeller tout le monde, y compris les autorités parce que d’aucuns parlent d’effets de surprise sur les forces de l’ordre. Je pense que quand vous êtes des forces de sécurité et qu’on vous demande de sécuriser un endroit, il faut être prêt à agir quand le besoin y est. Au niveau des autorités, il faudrait qu’ils donnent plus de moyens aux forces de sécurité, il ne faudrait pas que leur vie soit entièrement exposée. Les témoins, sur place, avaient dit que, à voir les munitions des braqueurs, ils sont largement au dessus de ce que tiennent les forces de sécurité ; ce qui est malheureux. Nous constatons que les forces de sécurité ne sont pas assez outillées. Pourquoi ne pas leur donner des gilets pare- balles pour garder l’agence puisque en fin de compte, c’est l’argent que ces braqueurs cherchent.

Faudrait donc comprendre que vous doutez de la compétence de nos forces de sécurité ?

Non ! Je ne parlerai pas d’incompétence mais plutôt de manque de moyens. On ne leur donne pas les moyens qu’il faut pour accomplir le travail qu’on leur demande. Et ajouté à cela et au-delà de la négligence, ils créent une certaine facilité pour pouvoir avoir 200, 1000 francs par ici par là et cela menace dangereusement et leur sécurité, et la sécurité des populations qu’ils sont appelés à garder.

Au vu du retard entre le forfait et l’intervention des forces de sécurité malgré la proximité d’un camp militaire, certains parlent de copinage entre les deux bords.

Je ne pense pas dans ce cas précis, qu’il y ait copinage ou entente entre les forces de sécurité et les braqueurs. La preuve, deux agents de sécurité ont été abattus. Tout cela dépend de comment est organisée la sécurité dans notre pays. Vous voyez qu’à un kilomètre, on a un camp ; et surtout dans l’intervalle de vingt minutes, il n’y a pas une intervention rapide de la part des militaires qui sont du camp d’à côté. Cela veut dire que l’organisation n’existe pas et c’est  pourquoi nous disons  qu’il faut revoir toute la structure de sécurité surtout de Lomé et aussi, impliquer les populations. Aujourd’hui la question de sécurité n’est pas seulement réservée aux agents de sécurité. Il faut toujours associer la population pour que cette collaboration dont fait mention le ministre de la sécurité puisse marcher.

Cela rentre également dans le cadre de l’appel que vous lancez souvent à la population, de rendre les armes qu’ils ont en leur possession.

Depuis, on est en train de lancer l’appel. Il y a beaucoup qui rendent leurs armes. Mais, ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que lors des braquages, on assiste à l’utilisation des armes de guerre et quelquefois, des armes qui sont beaucoup plus sophistiquées que ce dont disposent nos gendarmes, nos policiers. C’est cela qui nous inquiète. Si les armes de guerre peuvent facilement entrer sur le territoire et circuler facilement, il y a matière à s’inquiéter sérieusement.

Donc il y a matière à s’inquiéter pour les élections en 2010…

Evidemment ! Vous savez que les élections, généralement au Togo sont difficiles, surtout l’après élection. Si les armes circulent, cela voudrait bien dire que  ces armes peuvent servir en ce moment (2010 ndlr). C’est pourquoi nous disons que le ministre de la sécurité doit se réveiller assez vite avant les élections, puisqu’à cette période, on assiste à un phénomène assez spécial. Les braqueurs n’attendent pas la nuit, ils affrontent les forces de sécurité et la population et disparaissent. Il y a vraiment de quoi s’inquiéter pour l’élection présidentielle l’année prochaine.

Et vous à votre niveau, quelles sont les actions dans ce sens ?

Nous, nos actions sont à l’endroit de la population mais dans le cas du dernier braquage, les autorités nous disent que les braqueurs parlent  anglais. Mais, ce sont des professionnels, ils ne nous écoutent même pas puisque c’est leur job. Là, il revient à l’autorité de réagir et de mener des actions. Quant à la population, nous avons lancé avec la Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères, un programme à l’attention de la population et qui associe les chefs de quartiers, les leaders religieux, les chefs de cantons pour qu’on développe une sécurité de proximité avec les populations. On leur a demandé d’organiser la sécurité au niveau de leur quartier en signalant toute personne suspecte au chef et, au chef qui va signaler à qui de droit pour que rapidement, avant que cette personne soit opérationnelle, qu’une enquête soit menée pour le dissuader.

Vous avez sans nul doute des recommandations ou un appel à lancer…

Notre appel à l’endroit de l’autorité, c’est de  leur demander de renforcer en nombre et en matériels les forces de sécurité. Il faut leur trouver le matériel nécessaire et l’utiliser à bon escient parce que nous constatons que les policiers à un certain moment de la journée disparaissent de la circulation et, au moment où ils sont présents, ils se contentent d’arrêter les conducteurs de taxi et de motos et là aussi ce n’est pas le contrôle ; ils se livrent à des rackets. C’est ce qui entache la profession policière, ce qui fait que les populations ont tendance plutôt à perdre confiance. Il faudrait qu’on revoie également ces aspects pour régler les questions de sécurité dans notre pays.

Interview réalisée par Sylvio Combey

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