Présidentielle 2010 : le Pouvoir à la Croisée des chemins


On avance pas à pas vers l’élection présidentielle de 2010 et tout porte

Min. Pascal Akoussoulèlou Bodjona, Porte-Parole du gouvernement
Min. Pascal Akoussoulèlou Bodjona, Porte-Parole du gouvernement

à croire que l’étau se resserre autour du parti au pouvoir qui se retrouve dans l’impérieuse obligation d’organiser des élections transparentes, démocratiques et dont les résultats ne seront pas contestés. Seulement, le parti au pouvoir veut toujours avoir la main mise sur la CENI. Outre l’élection de Issifou Taffa Tabiou président de cette institution, le chef de l’Etat Faure Gnassingbé recommande d’un comité d’appui à la Commission Electorale Nationale Indépendante, une décision qui ne respecte en aucun cas les textes du code électoral.

« Le Chef de l’Etat a insisté sur la nécessité pour la CENI et le gouvernement de tout entreprendre pour que la préparation des élections ne souffre d’aucun retard et pour que l’élection à venir se fasse dans de parfaites conditions de transparence et d’équité. Il a par ailleurs instruit le Premier ministre de mettre en place dans les meilleurs délais un comité d’appui à la Commission électorale nationale indépendante pour assister celle-ci dans la préparation des élections. » C’est en substance l’extrait du dernier conseil des Ministres qui semble donner une impulsion au processus électoral en cours. Mais seulement, les observateurs de la scène politique ont été surpris qu’à côté de la Commission Electorale Nationale Indépendante mise en place pour organiser et superviser les élections, le Chef de l’Etat propose un comité parallèle chargé de l’appuyer. Dans nos différentes investigations sur le sujet, il se dégage un véritable cafouillage. De source proche d’un ministère stratégique impliqué dans l’organisation de l’élection, il y a eu une mauvaise interprétation des instructions du Chef de l’Etat dans le compte rendu du Conseil des Ministres. Pour l’autorité en question, il s’agissait plutôt du comité de pilotage qui avait été mis en place en 2007. Ce comité était composé des différents ministères impliqués dans l’organisation des élections, des partenaires notamment l’Union Européenne et le PNUD, et était piloté par le Premier Ministre. Il avait pour tâche de régler en son sein, les éventuels problèmes liés au processus électoral. C’est donc une cellule interministérielle chargée de veiller au bon déroulement du processus électoral.
Tel que présenté dans le compte rendu du conseil des ministres, il était question carrément d’une autre chose. Un comité d’appui signifiait le socle sur lequel devrait se reposer les travaux de la CENI. C’est en quelque sorte un support, un trépied, une armature, bref, un pylône sur lequel devraient se fixer les travaux de la CENI ce qui laissait croire qu’à part la Commission Electorale Nationale Indépendante officielle, il sera mis en place une autre, officieuse, qui sera la vraie pour organiser les élections à assurer la victoire à celui qui l’aurait commandité.
Le ministre de la Communication et de la formation civique Oulégoh KEYEWA interpellé sur la question a banalisé la chose. « Pilotage et appui, c’est la même chose, c’est parce que nous n’avons pas voulu dire pilotage » nous a raconté au téléphone, le ministre. Une justification qui ne convainc aucunement dans la mesure où pilotage est sémantiquement très éloigné d’appui. Le pilotage, selon le dictionnaire est la façon de guider, de diriger. Et si c’était le sens originel que donnait les instructions du Chef de l’Etat, il s’agissait donc pour le Premier ministre de diriger cette cellule. Si ce n’est pas le cas, il s’agirait donc d’une manipulation à des fins qu’on ignore, par la ministre de la Communication des instructions de Faure sur le sujet, ou revêt plutôt d’une incompétence syntaxique qui a tronqué la réalité et servi un compte rendu farfelu du conseil des ministres. Et c’est ce cas qui est fort probable si nous savons qu’officiellement un démenti officiel n’a pas été apporté à cette grave erreur.
Dans tous les cas, il se pose le problème de l’indépendance de la CENI. Les prérogatives de la CENI qui était limitée à la supervision des élections ont changé. La Commission actuelle a pour mission d’organiser et de superviser les élections, en toute indépendance, ce qui veut dire qu’elle aura choisi elle-même de mettre en place tout comité qui permettrait de résoudre les éventuels problèmes. Les ingérences que pourraient avoir le fameux comité d’appui ou de suivi, c’est selon, annonce les couleurs d’une manipulation politique de la commission électorale.

Le Rassemblement du Peuple Togolais au pouvoir a la lourde responsabilité d’organiser des élections qui devront être saluées par les togolais et la communauté internationale. Cette phrase pèse sur la tète des responsables du partie comme l’épée de Damoclès. On se rappelle qu’en 2005, pour avoir la grâce des chefs d’Etats Africains, Faure Essozimna Gnassingbé a dû exécuter une vaste opération de charme pour convaincre ces derniers. Il avait promis et juré organiser dans les normes démocratiques des élections qui ne souffriront d’aucune irrégularité. Ce sont ces paroles ’’d’honneur’’ qui lui ont d’ailleurs permis de gagner temporairement, la confiance des partenaires.

L’étau se resserre au fil du jour autour du pouvoir. Le chef de l’Etat, bien qu’ayant signé un décret portant nomination de Kolani Henri Lardja, président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, s’est retrouvé dans une impasse face à la pression du bloc formé par l’opposition parlementaire pour reculer. Issifou Tabiou Taffa , qui est supposé être de la société civile sera nous, élu par consensus, président de la CENI.
Mais, le hic est que les instruction du chef de l’Etat, lors du conseil des ministres jeudi 15 octobre 2009 au Palais de la Présidence de la République, au Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo de mettre en place dans les meilleurs délais un comité d’appui à la Commission Electorale Nationale Indépendante pour assister celle-ci dans la préparation des élections.
Cette nouvelle approche du RPT fait déjà douter la bonne foi du parti à mettre en place une équipe qui devra mettre en quarantaine tout intérêt personnel et ne servir que la nation et non un parti politique. On se rappelle encore comment le parti au pouvoir s’est évertué, par ses coups de force, à maitriser la CENI en mettant à la tète de l’institution, un président contestable.
L’autre point est la légalité de cette décision de Faure Gnassingbé. La CENI, point n’est de le démontrer par des calculs, est indépendante et pour une fois devra organiser et superviser les prochaines échéances électorales. Le code électorale a bien détaillé les prérogatives de cette commission, et il n’est donc inscrit nulle part dans les textes que sera annexée à la CENI, une autre équipe qui aura pour tâche d’assister la Commission, encore moins de l’appuyer. Est-ce cela qui va permettre d’écarter tout retard dans la préparation des élections et la tenue de l’élection dans de parfaites conditions de transparence et d’équité. « Comment peut-on parler ainsi si le les acteurs de la vie politique se sont plus à entretenir, et encourager la polémique autour de la présidence de la CENI pendant plus de deux mois » nous avait lancé un observateur sous le chapeau de l’anonymat.

De 2007 à 2010, des togolais ont atteint l’âge de voter, certains ont retrouvé leur liberté et d’autres de la diaspora sont revenu au bercail, d’où la nécessité d’organiser dans les brefs délais, un recensement afin de permettre à ces togolais d’accomplir un peu comme les autres, leur devoir civique. Henri kolani Lardja du PDR, avait fait concocter un calendrier de déroulement des élections selon lequel, les tâches essentielles entrant dans les préparatifs du recensement électoral devraient commencer depuis le 5 Octobre dernier pour s’achever le 18 Février 2010, une période durant laquelle, les Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI) et les Commissions Listes et Cartes (CLC) mises en place et la population sensibilisée à accomplir massivement leur devoir civique, avec la commande du matériel devant servir au recensement, recrutement de techniciens et opérateurs de saisie devront se faire pendant ce laps de temps, et les listes électorales des législatives d’octobre 2007, affichées.
Si seulement ce chronogramme devrait être respecté, il faut reconnaître que la commission accuse déjà du retard. Un retard qui inquiète les représentations diplomatiques au Togo. L’ambassadeur d’Allemagne au Togo Alexander Beckmann, lors de la célébration des 60è anniversaire de la chute du mur de Berlin, a exprimé son inquiétude vis-à-vis du retard. Pour certains observateurs, cela fait partie du plan du RPT pour faire retarder les réformes institutionnelles et institutionnelles avant le 28 Février 2010. Ceci pour lui permettre d’aller une fois encore aux élections dans le cafouillage. Autre interrogation, la date du prochain scrutin pourra t-il être réellement maintenu ? Les bouleversements de l’actualité politique ne permettent pas d’y croire surtout que dans l’histoire politique du Togo, cette date a très souvent été reportée.
Or, c’est dans le cafouillage et la confusion qu’on arrive à une consultation électorale bâclée, base des contestations qui découlent sur des violences. Et si dans les mêmes conditions d’impréparation, de coup de force et de mauvaise foi, les autorités togolaises s’activent à organiser les élections, les mêmes causes ne produiront que les mêmes effets. Ce qui grippe d’ores et déjà l’atmosphère sociopolitique en 2010.
Sommes toute, le vœu cher des togolais est de ne plus vivre les tristes malheureux évènements survenus à la suite des élections présidentielles de 2005.
Les contradictions entre les instructions du Chef de l’Etat et le compte rendu du conseil des ministres, les divers coups de force et la lenteur organisée ne sont que des machinations pour prépare les togolais à une élection violente.
Les acteurs politiques, les partenaires en développement, le peuple togolais tout entier ont soif d’élections transparentes et démocratiques. Allons donc aux élections dans de bonnes conditions, pour la survie de la démocratie.

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