La crainte d’une présidentielle violente / LE MAJOR KOULOUM ACCUSE D’INSTALLER DES MILICES POUR LE COMPTE DU RPT


L’impunité étant la chose la mieux partagée au Togo, les auteurs et commanditaires de la tragédie de 2005 se remobilisent pour essayer de remettre ça à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. Et pour le moment, c’est le tristement célèbre major Kouloum qui est pointé du doigt par la Jeunesse de l’UFC.

Dans un communiqué de presse rendu public vendredi 11 septembre 2009, la Jeunesse des Forces de Changement a fait remarquer que « Faure Gnassingbé ne veut pas un scrutin apaisé ». « Alors que les populations togolaises, victimes de graves atteintes aux droits de l’homme, attendent justice et réparations à travers un processus Vérité, Justice et Réconciliation, Faure Gnassingbé et le pouvoir RPT mettent activement en place, dans les Préfectures et Sous-préfectures, des milices dénommées GRAP (Groupe de Réflexion et d’Appui au Parti RPT) confiées au major Kouloum, individu de triste mémoire », écrit le Délégué national de la JUFC, le député Nicodème Ayao Habia.

En réalité, le major Kouloum qui installe aujourd’hui les cellules du GRAP à travers le pays, poursuit le communiqué, est reconnu par tout le peuple togolais comme le principal auteur et commanditaire de tueries, massacres et destructions de biens dans la région des Plateaux, notamment à Atakpamé, lors de la présidentielle de 2005. Il est, à ce titre, gravement mis en cause dans le rapport de « La Mission d’établissement des faits chargée de faire la lumière sur les violences et les allégations de violations des Droits de l’Homme survenues au Togo avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005 ».

« Fidèles au double langage, au cynisme et au mépris pour les populations togolaises, Faure Gnassingbé et le pouvoir RPT affichent de manière ostentatoire, à l’adresse de la communauté internationale, leur pseudo « désir et volonté » d’organiser en 2010, un scrutin présidentiel juste, transparent et équitable », indique le communiqué. Pendant ce temps, ils mettent en place la machine répressive post-électorale avec l’installation des milices et préparent la fraude à grande échelle par l’achat de consciences organisé sur toute l’étendue du territoire national ; des prêts d’argent aux femmes démunies, financés par Faure Gnassingbé et non remboursables en cas d’élection de ce dernier ; la rétention et l’achat de cartes d’électeurs par les préfets, et commissaires de police, etc.

De tout ce qui précède, la JUFC estime que les populations togolaises et plus particulièrement leur jeunesse n’accepteront pas un nième hold-up électoral avec son cortège de violences, tueries, et massacres de tout genre avant de rappeler que la perspective de l’élection présidentielle de 2010 est une source de réelles préoccupations en matière de respect des droits de l’Homme et de sécurité des populations.

La Jeunesse de l’Union des Forces de Changement invite toutes les forces démocratiques à se mobiliser pour faire échec au refus de l’alternance, à la stratégie de la fraude et de la terreur du clan Gnanssingbé – Kouloum. Elle exhorte aussi la Commission Vérité, Juste et Réconciliation à interpeller Faure Gnassingbé et le pouvoir RPT pour que cesse la mise en place des milices, pour que le major Kouloum soit écarté de toute activité politique et qu’il soit rapidement traduit en justice pour ses crimes.

Elle en appelle à la communauté internationale (Nations Unies, Union Européenne, CEDEAO, Allemagne, France, Etats-Unis d’Amérique) pour aider le Togo à : mettre le major Kouloum et ses milices hors d’état de nuire ; engager des actions hardies de lutte contre l’impunité ; respecter ses engagements contenus dans le code de bonne conduite de l’APG et organiser, en 2010, dans la transparence et l’équité, une élection présidentielle sans violence.

Pour conclure, la JUFC invite les partenaires du Togo à la vigilance pour qu’ils l’accompagnent dans la préparation et l’organisation des prochaines élections, notamment par : un respect des accords de Ouaga ; un suivi attentif des recommandations des missions d’observation électorale en matière d’adaptation du Code électoral ; un déploiement conséquent, notamment en terme d’effectifs et de durée, d’observateurs civils et militaires.

Retour sur le rapport des Nations Unies qui épingle le major Kouloum

La Mission a reçu des informations précises faisant état de nombreuses violations des droits de l’homme caractérisées notamment par des tueries, des rafles, des violences sexuelles, des actes de saccage et des destructions de biens et des incendies de nombreux villages, ainsi que des allégations d’existence de charniers. Les violences se sont multipliées dès le 24 avril 2005, jour du scrutin avec de nombreux affrontements dans les quartiers d’Atakpamé. Des jeunes de l’opposition ont mené plusieurs actions violentes à la suite de la découverte de nouvelles voitures contenant des urnes pré-remplies de bulletins de votes. Ces urnes interceptées ont été brûlées par les jeunes. La FOSEP a dû intervenir dans plusieurs bureaux de vote pour apaiser la situation. Un groupe de sympathisants de l’opposition aurait tenté de détruire la maison de l’adjoint au Maire en raison de son appartenance au parti RPT.

L’intervention de la FOSEP a permis de disperser ce groupe. Dans la nuit du 24 au 25 avril 2005, le groupe serait revenu sur les lieux pour détruire complètement la maison de l’adjoint au Maire. Toujours à Atakpamé, les voitures de deux ministres avaient été brûlées devant le commissariat de police. De nombreux biens appartenant à des particuliers ont été pillés et détruits par les militants de l’opposition, dans la journée du 24 avril, notamment un hôtel (le Relais des plateaux) et une radio appartenant au Major Kouloum, ancien gendarme à la retraite proche du RPT. Dans le village de Ayale, la FOSEP est intervenue pour mettre fin à une bagarre entre un agent du Bureau de vote et un groupe de jeunes. Quatre agents de la FOSEP ont été séquestrés par ce groupe. Grâce à la médiation du Préfet, ils ont pu être libérés. Dans la soirée, des barricades ont été mises en place dans certains faubourgs par des jeunes de l’opposition. Des véhicules qui ramenaient les membres du bureau de vote et les agents de la FOSEP ont été pris à partie par des partisans de la coalition. Le Président du Bureau de vote a été brûlé vif dans sa voiture avec les urnes. Des jeunes auraient aussi intercepté un véhicule contenant des armes dont des flèches, des pilons de mortiers, des coupe -coupe et des machettes. La voiture a été brûlée avec son chauffeur. Les autres occupants de la voiture se sont enfuis mais ils ont été aussitôt rattrapés et tués par le groupe de jeunes de la coalition. A l’issue de cet incident, des barricades auraient été placées au niveau des routes par des jeunes de l’opposition en vue d’intercepter le Major Kouloum soupçonné d’être l’instigateur des fraudes massives et le meneur des milices.

Le 25 avril 2005, des jeunes de l’opposition ont aussi essayé de brûler la Préfecture. Les violences se sont accrues le 26 avril 2005, jour de l’annonce provisoire des résultats de l’élection présidentielle donnant la victoire au candidat du RPT. Plusieurs maisons appartenant aux responsables et aux militants du RPT auraient été détruites par les jeunes de la coalition pour montrer leur mécontentement. Vers 14h30, un groupe de jeunes du RPT envoyé par le Major Kouloum serait allé affronter les jeunes de l’opposition. Selon les témoignages recueillis, le Major Kouloum aurait également fait venir à Atakpamé des renforts armés composés de jeunes d’autres régions notamment du nord pour apporter un soutien aux militants du RPT. Il semblerait que par mégarde, les renforts auraient tiré sur leurs propres partisans. En se rendant compte de cette méprise, ce groupe d’appui du RPT aurait commencé à tirer de manière aveugle sur la population et les habitations. D’autres informations communiquées à la mission corroborent l’idée que les renforts armés étaient constitués d’éléments provenant d’autres régions ou localités. Les éléments armés du RPT seraient entrés dans une maison et auraient tué le propriétaire croyant avoir identifié le responsable politique recherché qu’ils ne connaissaient pas. Conscient de cette nouvelle méprise, les éléments armés seraient retournés sur les lieux et auraient identifié la maison recherchée. Ils l’auraient définitivement saccagée et brûlée. Ensuite, ils se seraient dirigés dans d’autres quartiers notamment à Djama.

Il est actuellement difficile de chiffrer le nombre de personnes décédées ou blessées au cours de ces graves affrontements et tueries. Dans la période du 24 au 29 avril 2005, le Centre Hospitalier Régional (CHR) a enregistré 94 personnes blessées dont 11 par balles et les autres par des machettes, des haches ou au cours de bastonnades. Quatre personnes sont décédées à l’hôpital à la suite des coups et blessures reçus. Douze corps ont été apportés à la morgue du CHR. Toutes les dépouilles ont été identifiées, sauf une, et remises aux familles. En consultant le registre de la morgue, la mission a pu constater que le nombre de morts enregistrés était plus élevé : 18 corps ont été réellement enregistrés. Compte tenu des violents affrontements opposant les militants des différents partis et les allégations de tueries, ce nombre de personnes décédées et blessées semble être en deçà de la réalité. En effet, toutes les victimes ne sont pas allées au CHU et tous les corps n’ont pas été transportés à la morgue de la ville. Des témoins ont indiqué des chiffres allant de 120 à 200 morts pour les affrontements et les tueries du 24 au 26 avril 2005. De nombreuses personnes tuées au cours de ces violences auraient été ensevelies notamment dans plusieurs charniers dissimulés dans la brousse.

De nombreux cas de violences sexuelles, d’arrestations et de déplacement de la population dans le Préfecture de l’Ogou ont été rapportés à la mission. Selon les autorités locales, cinq cas de viols ont été enregistrés par la gendarmerie et la police. Les victimes sont des femmes qui auraient été systématiquement violées en présence de leur mari par les militants du RPT ou les partisans de l’opposition. D’après les autorités locales et les autres interlocuteurs rencontrés, le nombre de femmes violées pourraient être plus élevé. Il a aussi été rapporté à la mission que des militaires auraient procédé à de nombreuses arrestations de jeunes au niveau des quartiers et parfois dans des écoles. Les personnes seraient toujours détenues dans des lieux tenus secrets. Malgré le calme apparent qui prévaut à Atakpamé et ses environs, il a été souligné que des arrestations arbitraires se poursuivent contre les jeunes de la coalition. Tous les responsables des partis de l’opposition radicale ont quitté la ville pour se réfugier dans les pays voisins. De nombreuses personnes auraient fui leur maison en raison des incidents violents. Près d’une cinquantaine de maisons auraient été saccagées et détruites.

De nombreuses voitures, des bars et des commerces auraient subi le même sort. Près de 2385 personnes déplacées ont été recensées. Pendant sa visite à Atakpamé, la Mission a pu s’entretenir également avec un groupe d’une cinquantaine de familles déplacées, proche du RPT, qui sont logées à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) avec leurs enfants. Ces familles reçoivent une assistance prodiguée par des associations religieuses, des organisations non gouvernementales et des institutions spécialisées onusiennes. La Mission a également été informée que certains déplacés seraient retournés dans leurs villages d’origine. Dans les environs d’Atakpamé, des actes atroces auraient également été commis notamment dans le village d’Olesse. La Mission n’a pas pu s’y rendre, mais il lui a été rapporté que ce village de pêcheurs situé à 20 km au nord d’Atakpamé aurait été incendié par un groupe de l’opposition. Ce village abritait une grande communauté de ressortissants de l’Afrique de l’Ouest notamment des nigériens, des maliens et des burkinabés installés au Togo depuis de nombreuses années. La partie du village dans laquelle étaient installées les communautés mentionnées ci-dessus aurait été saccagée et brûlée. Ces actions auraient été commises contre elles en raison des rumeurs rapportant qu’elles seraient allées voter dans un quartier d’Atakpamé.

En revanche, la partie habitée par la communauté ghanéenne aurait été épargnée. Le village de Kosikope aurait été détruit par les milices du RPT.

Au niveau des responsabilités, les autorités locales ont souligné que les agents de la FOSEP et la police n’ont jamais fait usage de leurs armes. Des consignes précises leurs avaient été données allant dans ce sens. D’une manière générale, le nombre d’agents déployés était insuffisant pour ramener l’ordre et faire face aux exactions commises. En conclusion, les forces de l’ordre complètement débordées n’ont pas pu protéger la population. Selon certains témoignages, elles auraient parfois décidé délibérément de ne pas intervenir. De nombreux actes délictueux et criminels auraient même été commis soit en leur présence soit avec leur complicité passive ou active. Par ailleurs, la responsabilité des leaders politiques ne peut être écartée. Dans la période du 24 au 26 avril la plupart des violences auraient été perpétrées par des groupes de l’opposition. Ces derniers auraient fait usage principalement de machettes, de haches, de coupes -coupes, de barres de fer et de toutes armes cloutées pour porter parfois des coups mortels et détruire des biens appartenant aux responsables du RPT ainsi qu’à leurs militants. Ainsi, les leaders de la coalition n’ont pas maîtrisé la violence aveugle perpétrée par leurs militants. Ils n’ont pas lancé de messages d’apaisement. Du côté du RPT, les responsabilités sont également importantes. Selon les témoins, le siège du RPT à Atakpamé aurait servi de centre de détention et de torture. Les noms des dignitaires du RPT qui ont toujours semé la terreur dans la localité d’Atakpamé et ses environs ont été communiqués à la mission. La plupart des témoins rencontrés ont désigné notamment le Major Kouloum, comme l’auteur et le meneur des tueries commises dans la Préfecture d’Ogou. Il aurait aussi formé et armé les milices. Les informations recoupées par la Mission indiquent qu’à la suite de la destruction de son hôtel et de sa radio, le Major Kouloum aurait mené des actes de représailles se traduisant notamment par une violence aveugle et extrême contre les responsables, les partisans de l’opposition ainsi que d’autres personnes. De nombreux témoins ont souligné également que dans la nuit du 24 au 25 avril 2005, le Major aurait abattu six jeunes qui continuaient à détruire ses biens. Par ailleurs, il aurait orchestré toutes les opérations de riposte en réaction aux violences perpétrées par des militants et des sympathisants de l’opposition ainsi que la venue des renforts venant apporter un appui pour réprimer les militants de l’opposition.

Pour un scrutin apaisé, il convient d’ores et déjà de calmer les ardeurs de ce Kabyè de Sanda Kagbanda (Bassar) qui se croit avoir le droit de vie sur les autres Togolais. Selon plusieurs indiscrétions, il détiendrait toujours des armes nonobstant les nombreuses incantations selon lesquelles : « Jamais plus la politique ne doit faire couler le sang au Togo ! »

Source: libertetg.com

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