LA CDPA A L’HEURE DU DECLIN.


 Tout être vivant subit trois mutations dans la vie si ce n’est de la genèse à la fin et bénéficie quelquefois des grâces de l’apogée et subit amèrement les châtiments du déclin. Ces péripéties, des partis politiques n’en sont pas non plus épargnés. la Convention Démocratique des Peuples Africains a connu ses moments de gloire politique sous Gnassingbé Eyadéma, ces mêmes langues avancent que l’heure du déclin sonne à petits coups pour le parti du Professeur Léopold Messan Gnininvi, qui a accepté s’abreuver, des années durant, des privilèges ministériels sous le chef de l’Etat Faure Essozimna Kodjo Gnassingbé.

De gauche à droite Hilaire logo Dossouvi & Prof Léopold Gnininvi

De gauche à droite Hilaire logo Dossouvi & Prof Léopold Gnininvi

Si d’aucuns pensent que

 « J’attends incessamment la formation du nouveau gouvernement de manière qu’on puisse faire les passations de service parce qu’un ministère, c’est un peu comme une caisse. On ne  laisse pas la caisse comme ceci ; sauf s’il y a incident grave et donc j’espère que dans les jours qui vont venir nous pouvons passer le service », c’est en ces termes que nous avait répondu le Professeur Léopold Messan Gnininvi, Secrétaire général de la Convention Démocratique des Peuples Africains sur leur démission du gouvernement. C’est désormais consommé, la CDPA ne fait plus partie du gouvernement Houngbo, un communiqué signé du chef de l’Etat indique que le gouvernement prend acte de la démission de la Convention Démocratique des Peuples Africains. Les responsables de ce regroupement politique ont quitté la ‘mangeoire’, malgré eux. Des semaines plutôt, la rumeur indiquait que le parti du professeur Gnininvi allait quitter le gouvernement ;  mais l’attente de voir les responsables de la CDPA se débarrasser de leur manteau ministériel se faisait de plus en plus en long si ce n’est de voir le Ministre de l’Industrie et des Innovations Technologiques aux côté du chef de l’Etat, encore tout souriant. Ce n’était pourtant pas assez évident  qu’un responsable politique démissionne et reste toujours à son poste pour dire attendre que les concernés réagissent avant de rendre effectivement le tablier. Pour certains observateurs c’était plutôt une stratégie propre à la CDPA de sortir du gouvernement et faire des yeux doux pour se faire rappeler en 2010 au cas où le pouvoir n’aura pas à changer de mains. Belle ruse ! même si l’intention ne serait réellement pas telle. Le numéro deux du parti, Martin ADUAYOM explique ce retard par des évènements graves qui ont affecté la Nation. Pour lui, le départ de la CDPA était prévu pour avril quand subitement, le dossier de l’atteinte à la sûreté de l’Etat fut déclenché. Jeter l’éponge à l’époque donnerait lieu à des interprétations les plus imprévisibles. C’est pourquoi, la démission a été effective qu’en ce mois de septembre. Dans tous les cas, le parti des intellectuels a tiré son épingle du jeu, même si aujourd’hui, il est raillé par les uns et soutenu par d’autres. Une polémique qui relance le débat du « participationnisme » politique au Togo.  

LA CDPA, LE BOUC EMISSAIRE ?

Après les violences de 2005, ils étaient pourtant unanimes, les partis politiques après moult tractations, à relever les récifs qui minaient l’essor politique, l’assainissement et la relance de l’économie togolaise. Une feuille de route devrait être respectée à cet effet. Cela fait partie de l’Accord Politique Global qui a été signé le 20 Août 2006. Cet accord en son point 3.1 stipulait que les parties prenantes au Dialogue devraient s’engager à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance. Ces parties se sont accordées pour que le gouvernement d’union nationale s’engage dans un esprit de large consensus. Ces principes seront assez vite rejetés par l’Union des Forces de Changement qui revendique pourtant aujourd’hui sa stricte application. Seulement, La CDPA et le CAR vont accepter faire la route avec le RPT outre d’autres partis cooptés sur la base d’intérêts que cela pourrait rapporter au parti au pouvoir. Il était pourtant bien convenu que le Président de la République forme un gouvernement d’Union nationale ouvert aux partis politiques et à la société civile, dans un esprit de réconciliation nationale et de confiance mutuelle pour la consolidation du processus d’apaisement. C’était également ce que prônait le CAR avec sa FORMULE de cogestion. Une politique qui sera ensuite récupérée par la CDPA. Des stratégies que l’UFC avait de la peine à digérer de peur de se voir écarter et pourtant quelques semaines plus tard c’est des rencontres bipartites que le parti va proposer au RPT, un dialogue qui a empoisonné les relations entre l’UFC et les autres partis politiques de l’opposition. Le parti de Me Apévon Dodji va se retirer de la course après que leur candidat déclaré à la présidentielle de 2010 Me Apollinaire Yawovi Madji Agboyibo ait conduit un gouvernement qui a su organiser des élections législatives en Octobre 2007 dont, les résultats ont été plus ou moins acceptés par l’ensemble de la classe politique togolaise. Même si le parti du bélier noir s’est retrouvé avec quatre (4) sièges à l’Assemblée Nationale, ce dernier l’a accepté stoïquement. La CDPA qui a voulu continuer par se délecter des délices du gouvernement y est resté pour nous dira-t-on par pure patriotisme, et préférer se retirer à six mois seulement des élections. Nombreux sont les Togolais pour qui, la CDPA était partie à la mangeoire. Cette assertion va se confirmer avec le silence radio remarqué de la part des responsables du parti depuis leur entrée au gouvernement malgré que les populations aient traversée de tristes et malheureux évènements. Les Togolais estiment n’avoir pas senti le parti de Léopold Gnininvi dans des questions qui vont de la montée vertigineuse des prix de produits de première nécessité, l‘augmentation des frais de carburants, bref la cherté de la vie, en passant par la rupture des dizaines de ponts et ponceaux en 2008 à la suite des inondations, et les évènements majeurs qui ont marqué l’actualité politique dans le pays notamment la mystérieuse mort de l’historien politologue Kokouvi Atsutsè Agbobli. Des mois durant, on accuse Fo Léo de préférer des voyages aux côtés du Président de la République, et sabler du champagne. Il aura fallu le 10 Mai 2009 pour que les patrons de la CDPA réagissent sur l’actualité notamment les réformes politiques, la mise en place de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, le statut de l’armée, l’édification de l’emploi des jeunes et la modernisation de l’administration entre autres. Les responsables du parti auront peut-être vu d’après les observateurs les silhouettes de leur déclin se dessiner à l’horizon pour rebrousser chemin malgré les privilèges dont ils bénéficiaient, et repenser les voies du parti. Peut-être qu’ils ont été un bouc émissaire en voulant préserver eux aussi des intérêts cachés. Mais aussi, faut-il penser qu’il est difficile dans le contexte politique togolais de plaire à Dieu et aux hommes en même temps.

 

 LE COUP DE HILAIRE LOGO DOSSOUVI

 

L’un de ces aspects qui fera bien croire que le parti du professeur Léopold Messan Gnininvi est assez mal loti est le départ de l’un de ses tenors Hilaire Logo Dossouvi, celui-là même dont le nom ne devrait aucunement être épargné quand il faut parler de l’avènement de la démocratie au Togo. Et pourtant Hilaire estime avoir  été remercié en monnaie de singe par son parti. De son retour d’asile, alors qu’il se trouvait parfois dans des moments assez délicats, aucune considération aussi remarquable ne lui a été accordée sauf qu’il a eu droit à un bureau aux côtés du professeur Gnininvi  qui, lui payait le salaire, a-t-on appris, de ses propres poches. Logo Dossouvi est revenu de l’exil du Canada,  où il a passé près de vingt ans. A son retour, rien n’a changé, on pouvait encore l’apercevoir sur des taxis motos, ayant encore du mal à joindre les deux bouts. Une situation qu’il a contestée dans les années 90 et qui lui ont coûté les électrochocs des tortionnaires de Gnassingbé Eyadéma. Déboussolé par ce manque d’égard, il s’est converti en décidant d’accompagner Faure Gnassingbé. Et sans complexe, il joue bien son rôle, multipliant des actions  pour montrer sa bonne foi. Le RPT le lui reconnaît en le jetant dans les quatre murs de l’Agence Togolaise de Presse où il occupe un petit bureau attendant la fin du mois pour percevoir son salaire. Il est nommé le 19 mai dernier rédacteur en chef 2è classe, 1er échelon stagiaire, un titre aussi ridicule que drôle de l’icône du 5 Octobre 1990. Heureusement pour la CDPA, Hilaire n’est pas parti dans une colère de diatribe, mais a fait signifier à l’opinion qu’il est parti au RPT chercher ce que les responsables de la CDPA ont trouvé pour s’y plaire.

La Convention Démocratique des Peuples Africains ainsi que l’opposition togolaise dans son ensemble devraient reconnaître les mérites de cet ancien combattant de la liberté, qui a consenti des sacrifices, y compris physiques, afin de mettre fin à la dictature au Togo,

 

 

LA CDPA ET LE SCRUTIN DE 2010

 

Tout comme les autres partis de l’opposition, la Convention Démocratique des Peuples Africains propose le retour à la constitution de 1992, en l’occurrence le scrutin à deux tours. Même si le Secrétaire général du Parti avait soutenu que c’est ce qui se fait un peu partout pour permettre non seulement de dépasser l’affrontement entre seulement deux courants d’idées mais semer les idées qui doivent gouverner l’après élection, d’autres y ont encore vu une manière à la CDPA de jouer ou de se réfugier derrière la proposition de presque la majorité de la classe politique togolaise pour éviter d’être encore traitée comme une aile marchante du Rassemblement du Peuple Togolais.

Quant à la candidature unique pour laquelle se bat aujourd’hui l’opposition parlementaire, l’araignée, comme ses collègues aiment l’appeler, rappelle avoir tenté la stratégie en 1993 pour choisir Edem Kodjo mais déplore que les clauses ne soient pas ensuite respectées par le parti qui se fait accorder le crédit de porter le flambeau. Le 24 Novembre 1998 on se rappelle encore, le parti des ‘roses’ avait toujours épousé l’idée de voir l’opposition parler d’une seule  voix et avait inventé à l’époque un slogan ‘‘Vox Populi’’ qui en ses lignes stipulait que « …l’immense majorité des Togolais a imposé Gilchrist Olympio comme porte-parole légitime…les tenants de l’ordre ancien cherchent à multiplier le nombre d’interlocuteurs afin de pouvoir les opposer les uns aux autres pour mieux créer la confusion. La CDPA se refuse à ce jeu ». Les expériences de 2005 qui ont permis à l’opposition d’accorder ses violons sur le choix de Emmanuel Bob Akitani de l’Union des Forces de Changement en disent long. Aujourd’hui par contre, cet espoir est noyé. Le chargé des stratégies politiques du parti, Raymond Dosseh Tettekpoe avait déclaré à l’époque qu’ils ne vont plus croire au Père Noël, une manière à lui, d’insinuer que c’est de l’utopie de penser encore à l’union de l’opposition au Togo. Pour n’avoir pas été entendu dans les années 90 lorsqu’elle proclamait « Démocratie d’abord et multipartisme après » et pour avoir prêché dans le désert en proposant un pacte politique entre les partis, la CDPA se retrouve aujourd’hui dans une situation de victime alors que ses collègues, eux lui attribuent une étiquette coupable.   

 

Tout compte fait, le congrès du parti est annoncé pour le 19 Septembre prochain, un rendez-vous censé permettre de réorienter le parti qui, visiblement est en train de s’effacer, de tendre vers l’abîme, et de réorienter les instances dirigeantes du parti qui arrive malgré tout, à soulever de petites foules lors de ses manifestations.

 

 

 

 

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