INTEGRATION REGIONALE DE L’UEMOA- Encore du chemin à parcourir


L’une des principales missions que se sont assignés les huit (8) pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), est l’Intégration régionale afin de réduire dans un laps de temps, la pauvreté dans les pays membres.logouemoa_super

Malgré l’adoption de textes y afférant, force est de constater que cette ambition se heurte à certaines difficultés comme la difficulté croissante constatée dans la traversée des frontières. Les populations vivent toujours le calvaire de débourser encore des sommes sonnantes et trébuchantes en traversant les frontières des pays membres de l’Union. Malgré que les passants soient en règle avec les normes requises, certains agents de douane se contentent toujours  d’imposer des montants à leur humeur.

« Je ne comprends pas pourquoi il (ndlr l’agent de douane) m’a encore demandé de l’argent alors que de l’autre côté, j’ai déjà payé’ » s’est plaint Madame Traoré une nigérienne, traversant la frontière de Hilacondji séparant le Togo du Bénin. Elle a montré sa pièce d’identité qu’elle soutient avoir tendu aux agents. Cette dame parce que en retard à une rencontre sous-régionale des femmes à Lomé, s’est dite être contrainte de débourser 1000frs Cfa auprès des agents béninois et 1500 francs Cfa auprès des agents togolais. Ces actes n’encouragent pourtant pas l’intégration régionale que l’UEMOA chante de tout son vœu.

« Ça c’est du vol, on ne devrait pas admettre ça !» avait conclu la nigérienne. On pourrait lire un sentiment de désolation sur le visage de la dame qui était, a-t-elle confié, à son premier voyage terrestre pour le Togo. C’était une désolation et un regret total mais, elle a du moins, eu le courage de dire tout haut, ce que d’autres pensent tout bas et, subissent le coup. Et pourtant chaque année, il est organisé des séances de travail pour endiguer ce phénomène.

Parallèlement à ce problème, les Etats membres de l’Union devraient également  plancher sur une nouvelle réduction des frais de douane et taxes d’effet équivalent sur les produits agricoles originaires de l’UEMOA, y compris ceux de pèche.

Il a été également remarqué des prélèvements illicites sur les axes routiers, une situation qui annihile les efforts entrepris par les autorités nationales, des pays membres, pour réduire les tracasseries routières.

En effet, des enquêtes menées par l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) ont révélé que le nombre de barrières de contrôle a augmenté sur les axes Inter-Etats encourageant de facto, les perceptions illicites. Cette hausse de barrière fait aussi augmenter pour les temps de contrôle, ce qui n’encourage pas la libre circulation des personnes, des biens, des services. Elle anéantit la compétitivité des activités économiques et financières, la convergence des performances et des politiques macroéconomiques des Etats membres. Pour exemple, un voyage sur le corridor ‘Ouagadougou-Bamako’ à lui seul amène à débourser, selon des statistiques, 58 243francs CFA. Phénomène assez décevant. Les arrêts au niveau des barrières sont dus en grande partie au contrôle de la gendarmerie, à celui de la police et au contrôle de la douane. Les principaux acteurs à s’adonner à ces pratiques illicites sont, indéniablement,  les agents de la douane, ceux de la gendarmerie et de la police. A se fier aux chiffres, les perceptions illicites au Mali dépassent la barre des 47 000 francs Cfa par voyage au dernier trimestre 2008.

Depuis quelques mois, une perception illicite nouvelle a vu le jour avec la mise en application en juillet 2008, du contrôle sur la charge à l’essieu des camions. Certains agents se plaisent à réclamer des montants assez élevés qu’ils justifient par la taxe de surcharge sans pour autant délivrer de reçu aux conducteurs dont les camions ne respectent pas les normes requises. Les agents percepteurs en font leur chou gras et en profitent pour se faire de la fortune personnelle. Les pratiques anormales au transport et transit routier étant en constante hausse, la corruption revient au galop. Le sixième rapport de l’Observatoire des Pratiques Anormales ne lésine pas là-dessus, il indique que le nombre de contrôles s’est à nouveau accru, au cours du quatrième trimestre de l’année 2008, de 6% par rapport au troisième trimestre de cette même année sur beaucoup de corridors. C’est donc visiblement un handicap à l’intégration régionale. Les autorités politiques et administratives des Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine devront donc  prendre des mesures idoines, afin d’arrêter ces pratiques nuisibles à la fluidité du transit et du transport des personnes et des marchandises sur les corridors.

Bien que  les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union planchent assez souvent sur la question de la liberté de circulation des personnes, il se révèle aujourd’hui que cette politique n’est pas assez respectée dans ces pays membres. L’efficacité des postes de contrôle juxtaposés aux frontières des membres de l’union reste encore douteuse.

Les pays du Nord ressentent de nos jours, des besoins immenses de ressources financières pour assurer la relance économique engendrée par la crise financière internationale. L’Afrique pourrait être frappée de plein fouet par la mutation de la tendance alors, les instances de l’UEMOA pourraient cogiter pour trouver les voies et moyens pouvant permettre d’échapper à cette situation qui risque d’enfoncer le degré de pauvreté en Afrique. C’est l’occasion d’appeler à la réalisation des programmes régionaux afin d’aider à créer des synergies et catalyser les stratégies nationales. Les institutions financières régionales notamment la BRS, la FDC, ou encore le FRDA ont un rôle prépondérant à jouer, doivent elles aussi s’y mettre, afin de contribuer pour assurer la consolidation de l’intégration régionale et la réduction de la pauvreté dans l’Union.

Certaines statistiques mettent en exergue le fort ralentissement, en 2008, de l’activité économique dans les pays membres. Un ralentissement dû à la crise financière, la hausse brutale et vertigineuse des prix des produits de première nécessité et des cours du pétrole brut. Les propos du ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, lors de la 13è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine  tenue en mars 2009 à Ouagadougou en disent long. Monsieur Charles Koffi Diby  a eu à indiquer que « les Etats membres  doivent s’engager à lutter dans la solidarité et réaffirmer le choix de l’intégration économique comme voie salutaire pour être moins exposés aux chocs exogènes. »

« Les 8 pays membres de l’UEMOA, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, et le Togo disposent de beaucoup de ressources en bioénergie. Ces ressources peuvent être renforcées par des politiques appropriées afin d’augmenter la production agricole et l’accès aux denrées alimentaires, aux carburants et aux fibres, » peut-on comprendre d’un rapport commandité en septembre 2007, par la Fondation des Nations Unies (United Nations Foundation) au Centre International pour le Commerce et le Développement Durable (ICTSD) et à l’Energie and Security Group (ESG). Ce rapport a permis d’évaluer le potentiel en bioénergie dans le secteur agricole et d’identifier les contraintes des pays membres de l’UEMOA, tout en prenant en compte le besoin de sécurité alimentaire dans la région.

Néanmoins, l’UEMOA est arrivé aujourd’hui à instaurer des structures de programme de promotion de la qualité dans les Etats membres. Ce programme va du moins bon train et constitue un stimulus pour les entreprises installées dans ces états, à toujours cultiver l’hygiène, la qualité et l’excellence.

La lutte contre le changement climatique étant l’un des principaux défis mondiaux, l’UEMOA devrait également accentuer ses efforts sur des actions visant à permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les pays membres pourraient plancher sur l’élaboration d’un document stratégique, un peu comme le protocole de Kyoto entré en vigueur le 6 février 2005, afin de dresser un cadre pour une coopération sous-régionale en faveur de la réduction de gaz à effet de serres.

Un de ces phénomènes qui décime, depuis quelques années déjà, les populations des pays membres de l’Union est l’inondation. Cette catastrophe inhibe les actions et c’est l’économie du pays cible qui reçoit ainsi un gros coup. Ainsi, elle ne favorise guère une bonne intégration régionale, d’où la nécessité pour les Etats d’amplifier la politique de prévention des risques d’inondations

Malgré quelques complications rencontrées, les instances de l’UEMOA ont su réaliser des progrès forts encourageants. Quinze ans après sa création, l’Union a su concrétiser l’adoption des politiques communes en matière agricole, industrielle, minière, énergétique et environnementale ainsi que la mise en œuvre de programmes relatifs aux transports terrestres, aériens et maritimes, à la promotion de la femme et aux reformes de l’enseignement supérieur, contribuant à la réalisation des objectifs de l’Union. Des politiques et programmes communautaires ont été nommément appliqués pour accoucher le Programme Economique Régional (PER).

Outre ces progrès réalisés, l’Union devra se fixer un défi majeur à lever ; celui de traduire les politiques et les programmes en réalisations concrètes au profit des populations. Les pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, malgré les nombreux défis auxquels ils sont confrontés, disposent de ressources naturelles nécessaires pour favoriser leur propre développement.

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2 Réponses

  1. j’ai constaté en lisant l’article ci-dessus que nonobstant les efforts consentis en vue de mener une politique d’intégration commune entre les différents pays membres de l’UEMOA il reste du chemin à parcourir comme l’a si bien souligné la Nigérienne, surtout en ce qui concerne lestarifs douanières au niveau des frontières.merci

  2. où allons l’AFRIQUE sans un futur assurer

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