PRIS EN SANDWICH DANS LE DOSSIER DANDAKOU /ROBERT BAKAI ECHAPPE DE NOUVEAU A LA FOUDRE DES AVOCATS


Le mercredi 12 Août 2009, un incident s’est produit entre le Procureur de la République Robert Baoubadi Bakaï et l’avocat Patrick Dandakou. Depuis lors, les tentatives de l’ordre des avocats pour coincer le prétendant ‘tout puissant’ Bakai, n’arrivent toujours pas à pondre. La dernière Assemblée générale de l’ordre pour statuer sur la question, n’a pas mordu.

Procureur Baoubadi Bakai

Procureur Baoubadi Bakai

Dans la mi-journée du mercredi 12 Août dernier, Me Dandakou avait garé sa voiture derrière celle du Procureur, devant le Palais de justice qui était d’ailleurs en réfection et bouleversant un peu le système de parking des voitures. Et voilà, surgit le Procureur Bakai pour demander à son confrère de quel droit s’arroge t-il  pour oser garer sa voiture derrière la sienne. «Une manière peut-être au procureur  Bakai de dire à Me Dandakou que je suis le tout puissant ; derrière ma voiture je veux du vent … », avait ironisé un praticien du droit, avant d’ajouter qu’ «On comprend maintenant que garer sa voiture derrière celle du procureur est une infraction» Le Procureur  a exigé, pour couronner son règne, les clés de la voiture de l’avocat afin de la faire emmener à la fourrière. Ce dernier, sans coup de force, a obtempéré et a lui même conduit sa voiture de type Toyota Avency de couleur grise immatriculée RT 8218 AI nouveau modèle, avec un policier du procureur à l’intérieur, jusqu’au lieu indiqué avant de revenir sur le site, remettre les clés, enlever sa toge et faire part de son aventure à ses collègues. Ces derniers n’ont pas hésité à  réagir.

Suite à cet incident, le bureau de l’Union des Jeunes Avocats du Togo (UJA), a convoqué pour le vendredi 28 août dernier au siège de l’Ordre des Avocats, une Assemblée générale extraordinaire pour plancher sur la question. Curieusement, cette nième tentative des professionnels du droit pour en découdre avec le Procureur, n’a pas pu mordre, avec le quorum qui n’a pas été atteint. Sur la soixantaine d’avocats, seulement une vingtaine, selon des sources concordantes, ont pris part à l’AG. Elle avait été donc reportée à une date ultérieure afin de statuer en bonne et due forme sur le sort du Procureur.

Les avocats révoltés

Les professionnels du droit à l’écoute de leur confrère, n’ont pas caché leur désarroi. La solidarité étant jusqu’alors de mise, ils ont instantanément dressé la stratégie de démontrer leur mécontentement par une marche de protestation qui va accoucher un sit-in devant le palais de justice. Le Procureur visiblement alerté, va préférer ne pas mettre pied au boulot dans l’après midi, de peur de se faire manger à une sauce très amère, qu’il aura d’ailleurs de la peine à avaler. Les actions des praticiens du droit seront avortées in-extremis, grâce à la médiation du bâtonnier de l’ordre des avocats Me Alexis Aquéréburu. Ce sera d’ailleurs sur insistance de ce dernier que le garde des sceaux, Ministre de la justice Biossey kokou Tozoun avait accepté  de recevoir en audience le lendemain, l’Union des Jeunes Avocats. C’est ainsi que le bureau de l’UJA élargi à plusieurs confrères, le conseil de l’Ordre élargi à la commission déontologie, ont rencontré le Ministre Tozoun, le jeudi 13 Août 2009 pour discuter des modalités de sortie dudit incident. Ils ont, lors de la rencontre, demandé au garde des sceaux d’intervenir auprès du parquet d’instance pour pallier aux différents manquements constatés dans le fonctionnement de cette institution à savoir, le refus de recevoir les confrères à temps, la rétention des procès verbaux d’enquête préliminaire et autres. Le Ministre en réponse, après avoir déploré l’incident et présenté ses excuses au barreau de l’UJA, a proposé la création d’une structure composée d’avocats et de magistrats pour relever les différents problèmes relativement au fonctionnement de la Justice tout en les rassurant que les dispositions seront prises pour le respect de leur droit.

BAKAI dans de beaux draps

Une source proche du dossier a indiqué que le procureur aurait voulu présenter personnellement ses excuses mais les avocats ont réclamé que cela soit public; ce que le Procureur considérerait comme une humiliation à son égard. Le Procureur de la République est un homme exceptionnel.  Parcours universitaire abracadabrant, passage à l’Ecole nationale alambiqué, carrière juridique controversé. Il est particulier, c’est pourquoi ses sorties suscitent railleries et distractions. On se rappelle le zèle  nourri par le Procureur pour sans doute plaire au Chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé, dans l’affaire de tentative de coup d’état.

Il titubait avec ses démonstrations creuses, depuis le déclenchement de cette histoire, faisant fi des textes régissant le code de procédure pénale. Il convoquait les medias d’état pour forger des preuves.  Dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé, il jouait à la fois, le rôle de Procureur et d’avocat de défense du député de la Kozah. «C’est son incompétence, ses erreurs techniques dans la gestion du dossier qui lui ont coûté son dessaisissement du dossier », nous avait confié un observateur avisé.  Même si on sait que c’est le pouvoir qui a été le coche en confiant ce dossier au Procureur, ce qui ne relevait pas de sa compétence.

Des voies bien autorisées nous ont  confié que le Procureur serait dans de beaux draps, le chef de l’Etat étant déjà informé de l’incident du 12 février dernier. « C’était une information que le chef de l’Etat n’a pas du tout apprécié », a-t-on appris.

Les professionnels du droit disent ne pas comprendre comment le Procureur peut demander à un des leurs, de quel droit dispose t-il pour garer derrière sa voiture. Ils jugent cet acte d’assez gravissime. Nous avons contacté Me Patrick Dandakou qui dit avoir oublié cet incident. « Si le Procureur veut réagir, qu’il réagisse », avait-il conclu. Même si l’avocat joue au fair-play, l’UJA est très loin d’oublier cette affaire car soutiennent-ils, « quand la maison de ton collègue brûle, il faut tenir sa tête.» Par peur des représailles d’un procureur toujours prêt à nuire à autrui, les jeunes avocats maintiennent le silence sur ce dossier. Me Adama Claude, le Président de l’UJA ne le démentira pas

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