FAURE ET LA JUSTICE A DEUX VITESSES : TCHAMSI DELOGE MANU MILITARI DES LOCAUX DU FER PAR LE GENERAL AYEVA, LES PORTES SCELLEES ET GARDEES.


De gauche à droite Gle Ayéva et Ferdinand Tchamsi

De gauche à droite Gle Ayéva et Ferdinand Tchamsi

Les portes de la Direction des Fonds d’Entretien Routier sont aujourd’hui scellées, les locaux sous haute surveillance de la Gendarmerie. C’est le dernier épisode du feuilleton Tchamsi qui, malgré la dissolution de cette institution est revenu s’installer, au grand dam des autorités togolaises. Un défi que le Ministre de l’Economie et des finances Adji Ayassor n’a point digéré. A peine installé, que Ferdinand Tchamsi a été délogé par le Général Ayéva, sur avis du tout puissant Ministre, s’est déplacé en personne avec des éléments pour le déloger. Une descente qui interpelle le chef de l’Etat sur sa stratégie de gestion des crimes économiques. Malgré l’échec dans la gestion du Fonds d’Entretien Routier, l’ex DG Tchamsi bénéficie d’une impunité relativement coercitive. Au même moment, d’autres fossoyeurs de l’économie continuent de narguer la république sans souci

C’est lors de sa dernière visite à Berlin que le Chef de l’Etat a accordé une audience à l’ex-Directeur Général du Fonds d’Entretien Routier, Ferdinand Tchamsi qui arguait avoir quitté le Togo pour venir se soigner en Europe.

En effet, après la chute en chœur d’une dizaine de ponts et la défection totale des voies de communications consécutives aux inondations, le constat de la mauvaise gestion des Fonds d’Entretien Routier a été fait. Illico, les autorités togolaises ont annoncé la dissolution du FER dont le Directeur Général serait accusé d’avoir détournédes milliards de francs CFA.

Le contribuable togolais a compris qu’il s’agissait d’un véritable scandale financier que le Chef de l’Etat avait l’obligation de punir sévèrement. C’est à l’occasion d’une rencontre entre  le chef de l’Etat togolais et les journalistes que Faure a confirmé que l’audit sera effectué pour que tous ceux qui ont détourné l’argent du pays répondent de ce crime. Dans la foulée, c’est le DG du FER qui était au centre de la polémique. Dépassé par les interpellations tous azimuts, il  a dû prendre la fuite, via le bénin pour se tailler un paradis en Europe.

Il n’est réapparu à l’hôtel Adlon  de Berlin pour rencontrer le chef de l’Etat que le jour où celui-ci était en visite officielle en Allemagne.  Quelques jours après, Tchamsi débarque à Lomé pour reprendre ses droits, comme pour narguer ses détracteurs qui pensent qu’il n’était plus en odeur de sainteté avec le président.

Lui-même s’en est vanté à plusieurs égards que le jour où on lancera l’audit du Fer, les têtes vont tomber, tout simplement parce que tous ceux qui ont contribué à la pourriture de cette boîte ne sont autres  que ceux-là même qui clament l’audit, et dans ce cas, pour lui, personne n’osera aller au fond de ce dossier.

Le DG Tchamsi avait donc toutes les bonnes raisons de revenir au pays sans se faire arrêter. Et pour couronner le tout, il est allé reprendre sa place dans les bureaux,  entouré de gardes restés à son service.

Informé, le tout puissant Ministre des fiances, Adji Otheth AYASSOR l’a appelé pour lui demander ce qu’il cherchait encore dans les bureaux. Il n’a pas semblé être menacé par l’interpellation  du Ministre qui a aussitôt demandé le renfort du Général AYEVA Essofa.

Celui-ci n’a pas tardé à prendre la tête d’un groupe de personnes, composé d’huissiers, de gendarmes et des responsables du ministère de l’économie. Cette armada pour demander à Tchamsi de quitter les lieux immédiatement, ce qui fut fait. Mais avant, le Général Essofa a pris soin de démilitariser le sieur Tchamsi en lui enlevant les corps habillés qui étaient à sa solde.

Les portes des locaux du Fer ont été alors verrouillées et scellées. Quelques jours après, on apprend que la procédure d’audit est enclenchée.

Pour l’heure, le DG est libre comme un poisson dans l’eau, non seulement, sûr que rien ne lui arrivera, mais aussi menaçant pour ceux qui se sont abreuvés dans la marre du FER avant de se mettre dans la peau de justicier.

Cette rocambolesque affaire  laisse entrevoir aisément la légèreté avec laquelle la bonne gouvernance est menée et la responsabilité  du haut sommet dans la gestion des fonds de l’Etat.

Le cas du FER n’est qu’un exemple parmi tant d’autres si on sait que les fonds provenant des sociétés d’Etat ont servi pour la plupart du temps à alimenter les caisses noires de certaines autorités qui s’en servent pour effectuer des dépenses faramineuses, sans compte.

Les dépenses personnelles de certaines autorités, les manifestations de certains partis politiques, le financement de certaines activités politiques proches du pouvoir se font grâce à l’argent de l’Etat débloqué dans des conditions qui encouragent le détournement.

Si pour les luttes traditionnelles Evala, on exige aux sociétés, un montant donné, il y a de la facilité pour le pourvoyeur d’en décaisser plus et de détourner le reste.

La rigueur n’existe donc pas dans la gestion des fonds de l’Etat. Pire, lorsque le chef de l’Etat lui-même ne se démarque pas des réseaux économiques pour rester au dessus de la mêlée, il ne peut que  subir les entêtements de directeurs de sociétés comme c’est le cas de Tchamsi. Dans un système d’autorité de l’Etat qui se respecte, le Directeur Général du FER aura été déjà mis en examen, l’information judiciaire aura été déjà ouverte et les  auteurs et complices de ce détournement auront été déjà mis sous les verrous avant que les résultats de l’enquête n’aboutissent.

Au Togo donc, c’est la théorie de la gouvernance. La Cour des Comptes, dont on a annoncé le démarrage des activités, reste dans une dormance profonde. La commission anti corruption quant à elle, reste dans la léthargie profonde. Les crimes économiques, les magouilles et les détournements se poursuivent en toute impunité et le développement n’est pas au rendez-vous.

La justice à deux vitesses

Aujourd’hui, c’est la situation de Tchamsi qui est mise sur orbite. Mais les fossoyeurs de l’économie togolaise continuent de détourner en toute tranquillité, sans rendre compte à personne. Leur gestion est décriée partout mais, ils ont le pouvoir et la faveur du président, donc peuvent continuer à diriger les sociétés dans l’opacité totale.

Les plus célèbres sont ceux qui ont pris le temps de piller sous Gnassingbé Eyadéma et qui ont réussi à s’imposer avec  Faure Gnassingbé.

Kofi Walla est le Directeur  Général de la Caisse Nationale de  Sécurité Sociale. Il y règne quinze ans après avoir été admis à la retraite et comme il n’y a pas mieux  compétence que lui dans la gestion de cette société, il n’est pas question pour lui d’être déboulonné. Il brille par une gestion chaotique, des primes faramineuses, avec un conseil d’administration budgétivores, des réunions à primes  colossales, alors que le simple bâtiment qui abrite la structure reste défiguré par le temps et les intempéries. Pas la moindre pitié pour ce bâtiment qui nourrissait la curiosité à sa construction.

L’autre manitou de la mauvaise gouvernance est le directeur général de la LONATO.

Lui, bat le record de longévité à la tête d’une société d’Etat.

Il y règne depuis les années 90, mais reste imperturbable.

Le long règne passé à la tête d’une société entraîne inévitablement l’accumulation des mauvaises habitudes et les tares qui affectent le fonctionnement de la société. La LONATO   vit, sans audit, sans contrôle, et investit dans des activités politiciennes. Cette société a besoin d’être reformée, et pour ce faire, il faut une nouvelle tête, mieux faite que celle de PEKEMSI qui est le Directeur Général actuel.

L’autre imperturbable est le DG de la Société Aéroportuaire de Lomé, la SALT  dirigée par KOGOE Akrima. Ce DG n’a jamais pensé qu’il puisse être encore à la tête de cette société à ce jour. Mais au Togo, lorsqu’on a la faveur du Président, on  est exempté de toutes les surprises.

Ce sont là juste quelques exemples de l’impunité économique au Togo.

Lorsque le DG Tchamsi voit l’exemple de ces personnes qui restent malgré tout, il  a donc toutes les garanties de rester serein, surtout que beaucoup sont passés tirer profit de cette gestion catastrophique. Et à chaque fois qu’on tente de l’enquiquiner, il pense que c’est de l’acharnement, puisque l’exemple de ses prédécesseurs l’a suffisamment inspiré pour qu’il s’en inquiète.

Nous attendons donc le nouveau développement dans le dossier Tchamsi et verrons si l’audit tant annoncé  sera effectué un jour. Occasion de voir comment orienter le débat sur les autres fossoyeurs de la république.


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