Affaire Pasteur Adzih/LE FLOU PERSISTE


La famille Adzih est depuis quelques jours déjà, au centre d’une véritable terreur à Awatamé, un quartier de la ville de Lomé. Nous en faisions déjà cas dans la parution numero  91 de l’hebdomadaire privé togolais, L’Indépendant Exoress. Comme pour se faire blanchir des accusations portées à l’endroit de leur défunt père, la famille a organisé la semaine dernière, une rencontre avec les professionnels de la communication. Seulement, de la rencontre à la morgue, les journalistes n’arrivent toujours pas à déceler la vérité.

La famille Adzih et la stratégie du lavage psychologique.

Pasteur Wolako menaçant les journalistes

Pasteur Wolako menaçant les journalistes

Même si elle ne l’est pas, cela le ressemble assez bien. Des professionnels de la communication, à l’instar d’autres rencontres, on été invités le mercredi dernier, pour partager la version de la famille Adzih. En dépit, leur bonne volonté et le devoir qui leur incombe de faire la lumière sur cette histoire, les journalistes seront traités de tous les noms par un certain Pasteur Wolako. Celui-ci après avoir refusé aux journalistes d’exercer librement leur travail, a demandé à l’assistance d’observer un moment de prières. Il a même intimé l’ordre aux cameramen de ne pas poser leur matériel sur lui, s’ils tiennent toujours à exercer leur fonction, de peur de faire descendre sur eux la ‘foudre divine’. Le climat a failli se chauffer avec les intimidations à peine voilées. Drôlement, c’était des traces de rires qui se dessinaient sur les lèvres des membres de la famille alors que ‘le tout puissant pasteur’ priait. Une manière à la famille Adzih de remettre en cause la force spirituelle du vice-pasteur de l’église Apostle Revelation Society (ARS), d’invoquer le saint esprit ? Ou encore, un style propice pour dire à l’assistance de ne pas considérer ‘l’envoyé de Dieu’ ? Malgré les quelques minutes de prières, le pasteur a préféré retourner une fois encore sa veste divine pour s’en prendre de nouveau aux journalistes. Ces derniers, sur le point de ranger leurs matériels de travail et retourner au sein de leur rédaction que Mme Dadoh Elyse Adzih, la sœur du défunt, va jouer au médiateur. Ce n’est que le début de ce que les journalistes vont endurer. Des signes assez forts pour penser que c’était une stratégie de lavage psychologique bien ficelée par la famille, juste pour désarmer les journalistes pour ne pas aller dans les méandres du dossier. En tout cas, la  suite nous dira si le plan a réussi.

Et commença la partie de questions-réponses

Dado Adzih, la soeur du défunt

Dado Adzih, la soeur du défunt

Après avoir écarté le prétendu envoyé de Dieu, Dadoh Elyse Adzih, la sœur du défunt, a eu à révéler à la presse, d’autres aspects du dossier que nous avions jugé de mettre sous éteignoir. Contrairement à ce qui se dit dans le quartier, elle a eu à dire que son frère n’a jamais eu à enceinter des femmes à la morgue, qu’elle n’a jamais ramené les femmes enceintées chez elle à la maison. Elle s’est efforcée à faire croire aux professionnels de la communication qu’elle n’a rien à se reprocher dans cette affaire même s’il se disait qu’elle avait kidnappé des enfants pour être arrêtée à la frontière de Hilakondji. Elle a très vite démenti que son frère défunt devrait être enterré avec sept tètes découpées et qu’elle de son côté a pu se procurer déjà de quatre. Pourtant, les riverains indiquent qu’ils avaient entendu au son du gong, l’appel de ne plus sortir tardivement la nuit, de peur de se faire découper la tète. Mme Dadoh a eu à dire que l’ère où on découpait les tètes pour accompagner les morts est déjà dépassée, rejetant ainsi les allégations selon lesquelles, c’était des recommandations des responsables de leur église ‘Apostle Revelation Society’ (ARS). Mme Elyse a déployé tous ses efforts pour faire croire que ‘ARS’ que toute la famille fréquente, est loin d’être une véritable  secte, fondée sur le sang humain, comme il leur a toujours été reproché. Elle confirme toutefois sa provenance du Ghana et son existence depuis plus de soixante dix (70) ans. « Nous demandons aux togolais de constater eux-mêmes les faits avant d’en parler » a-t-elle vivement lancée. La sœur du pasteur défunt, a souligné que son frère est toujours à la morgue depuis qu’il a été transféré de la salle de réanimation et que personne ne l’a touché. Et pourquoi depuis sa mort le 1er juillet, le patron de ‘Apostle Revelation Society’ n’est toujours pas encore enterré ? « Il y a eu assez de morts auxquels il (Pasteur Adzih ndlr)  ne devrait pas être assimilé dans l’église, qu’il y a eu assez de fêtes et cérémonies à telle enseigne que la date d’enterrement est finalement fixée au 29 Août avec une veillée de prière, la veille à Yokoè dans la maison familiale Adzih», nous a répondu dame Dadoh tout en reconnaissant qu’ils aient mis assez de temps avant d’en fixer une date. Cela ne faisait que nourrir les rumeurs qui faisaient état de l’insistance des membres de ‘ARS’ à découper une partie du corps. Est-ce à l’église que revient la charge d’enterrer ‘l’illustre disparu’ ou à la famille ? Contrairement à l’argument développé par les membres de la famille, un sage nous a édifié que dans ces genres de circonstances et vue la côte du disparu, l’église a certes sa contribution mais ne peut en aucun cas se déroger l’entière responsabilité de dresser le programme, ni la procédure d’enterrement. Alors qui trompe qui ?

La marche vers la ‘vérité’

Sur insistance des professionnels de la plume et du micro, la famille va accepter conduire tout ‘incrédule’ à la morgue afin de constater le corps du pasteur réellement présent à la morgue, afin d’enlever toute équivoque. Tout d’abord, on fera poiroter les journalistes au bord de la route juste pour, nous dit-on, un papier justificatif pouvant permettre de voir le corps. Après d’interminables tergiversations, cap sera mis sur la morgue de Tokoin. Ce sera avec un grand étonnement que la délégation de journalistes et fils du pasteur Adzih vont constater que la tradi-thérapeute ne sera pas du convoi. Elle qui défendait pourtant bec et ongle qu’ils étaient prêts à tout faire pour mettre fin une fois pour de bon aux rumeurs si la solution est de faire découvrir le corps. Il aura fallu attendre au seuil de la morgue pendant une trentaine de minutes avant de nous dire « qu’il était impossible de voir le corps ». « On demande d’écrire une lettre de demande aux autorités supérieurs avant d’avoir l’autorisation » voilà en substance, le plat que nous a servi Fofo, un fils de la famille. Celui-ci malgré tout, va exhiber un reçu qui atteste que le Pasteur a été réellement admis à la morgue et qu’il est mis dans le casier no 63. Mais est-ce assez d’éléments pour convaincre que le défunt n’a pas été amputé d’aucun de ses membres. En tout cas l’énigme qui entoure le décès du numero1 de ‘Apostle Revelation Society’ persiste. C’est ici le lieu d’appeler les autorités compétentes de mesurer l’ampleur gravissime des faits et diligenter des enquêtes sérieuses pour faire la lumière sur cette affaire qui est loin de laisser les paisibles populations de Adidogomé –Awatamé, dormir tranquillement sur leurs lauriers.

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