LES CHOSES SE COMPLIQUENT POUR FAURE – Blaise COMPAORE en mission commandée à Lomé


De gauche à droite, Blaise Compaoré et Faure Gnassingbé

De gauche à droite, Blaise Compaoré et Faure Gnassingbé

Le facilitateur du dialogue inter-togolais, le président Burkinabè Blaise Compaoré est depuis ce mardi à Lomé.  De sources concordantes, cette visite répond au blocage observé depuis un temps dans les travaux du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation nouvelle formule (élargie aux autres partis signataires de l’APG et à des acteurs de la société civile). En effet cela fait plus de deux mois que le CPDC version Savie de Tové  ne s’est plus réuni sans aucune raison officielle. On se rappelle que les partis de l’opposition parlementaire l’UFC et le CAR ont refusé de s’associer à cette nouvelle formule du CPDC en ce sens qu’elle respectait ni le décret du 04 Février 2009, ni n’avait aucune base raisonnable.

De sources concordantes, les bailleurs, à l’unanimité, ont apporté leur soutien à la position des partis de l’opposition parlementaire. Et ce sont eux qui ont tapé sur le doigt du Président de la République qui a dû mettre en suspens les travaux du nouveau CPDC. De sources concordantes, les bailleurs à l’unanimité ont sommé Faure Gnassingbé de ramener le CPDC à sa formule ancienne. C’est dans cette optique que s’inscrit la mission du facilitateur Burkinabè aujourd’hui à Lomé. On se rappelle que avec la complicité de Blaise Compaoré (à la faveur de la réunion complotée du comité de suivi le 07 Mars 2009) que le pouvoir Rpt s’est permis d’élargir, à pied levé,  le CPDC aux autres signataires de l’APG violant ainsi royalement le décret du 04 Février 2009 inspiré du décret du 14 Mai 2007, pris du temps du gouvernement d’union nationale issue de l’APG et qui  limitait le CPDC aux seuls partis ayant obtenus 5% des voix aux législatives.  Aujourd’hui, face à la boude des bailleurs, le président Burkinabè est obligé d’aider son jeune frère togolais à refaire ensemble la marche arrière pour rejoindre la position d’avant le 07 Mars 2009. Déjà que le temps imparti pour l’opération des reformes jusqu’à l’organisation de la présidentielle est très court, Faure Gnassingbé vient ainsi de faire perdre au processus plus de deux mois pour rien.

A malin, malin et demi
Il se trouve aujourd’hui que le CPDC est allé assez loin jusqu’à modifier le code électoral. L’Assemblée nationale dominée par le Rpt n’a pas mis du temps pour le voter. Et quand l’UFC a saisi la Cour constitutionnelle au sujet, le groupe à Assouma a donné tout simplement raison au parlement hormis l’article 70 qu’il a effectivement trouvé incompatible aux dispositions de la Constitution. Aujourd’hui que le facilitateur Burkinabè est obligé de venir rectifier le dommage causé, on se demande s’il  va tracer du rouge sur tous ces actes que ces instituions de la République togolaise ont déjà avalisé. Pour le Rpt ce n’est pas étonnant. Le parti quarantenaire est fidèle à sa logique. Posez l’acte d’abord et négocier après.  Seulement qu’aujourd’hui, il sera difficile pour Faure et ses conseillers de faire accepter  le fait accompli. La transparence et la crédibilité que réclament tous les bailleurs pour ces élections à venir passe forcément par le consensus autour  des règles qui doivent régir le jeu en 2010. Mais voilà que Faure Gnassingbé aux nez et à la barbe des bailleurs s’est déjà permis de tailler les règles du jeu à sa mesure.  L’ambassadeur de France le 14 juillet a bien insisté sur le principe de consensus qui doit guider l’organisation de la présidentielle de 2010. A l’allure où vont les choses, Faure et ses conseillers risquent de reprendre tout le travail accompli jusque-là.

FAURE a déçu les bailleurs internationaux

C’est à juste titre que tour à tour, la Francophonie, l’Allemagne, les Etats-Unis, la France et même la CEDEAO, se sont relayés pour  rappeler à Faure Gnassingbé que l’indulgence qu’ils lui ont accordé consécutivement en 2005 et 2007 ne sera plus de mise pour le scrutin de 2010.  En effet, en 2005, malgré la parodie d’élection, les bailleurs ont accordé le bénéfice de confiance au jeune président avec l’espoir que lui il sera différend de son père. C’est ce qui a  conduit aux dialogues inter-togolais ouvert le 12 Avril 2006 qui a abouti à la signature de l’Accord Politique Global (APG) -le 20 Août suivant- qui va ensuite déboucher sur l’organisation des législatives d’Octobre 2007 qui malgré les achats de consciences et fraudes dénombrées ici et là ont été acceptées par les bailleurs, juste du fait qu’il a permis l’entrée de l’opposition au parlement.  Aujourd’hui,  il ya comme l’impression que Faure Gnassingbé s’adossant sur ces faveurs du passé, voudrait en profiter pour organiser encore une parodie d’élection qu’il aura préparé clopin-clopant, et remportée par la suite pendant que la communauté internationale, pour qui le Togo ne représente pas un grand enjeu, se contentera d’appeler une fois encore à « l’apaisement et au dialogue ». Faure Gnassingbé avait donc misé sur cette passivité légendaire de la communauté internationale sur la question togolaise. Et c’est au nom de cela qu’il s’est permis de modifier le CPDC en y poussant hors l’opposition parlementaire croyant qu’en le cachetant du sceau du facilitateur Burkinabè, la pilule sera vite avalée par les bailleurs internationaux.  Mais non ! Ce n’était qu’une belle illusion. Un diplomate en poste à Lomé fait observer par exemple qu’il ne comprend pas  « comment un parti qui a obtenu 1% aux élections législatives peut faire parti de la CENI ?». « En démocratie un parti qui a obtenu 1% aux élections, il est éliminé par le peuple et il doit se soumettre aux décisions des grands partis » a ajouté notre diplomate.

Cela veut dire tout simplement que Faure ne peut plus se moquer de personne et que même ces marges de roublardises et de contournement lui sont bloquées. Le Secrétaire Général de la Francophonie a tenu à juste titre à le rappeler lors de son dernier passage à Lomé en ces termes : « l’APG doit être une bible……. ». M. DIOUF avait par ailleurs promis en partant de Lomé qu’il saisira le président burkinabè la question du CPDC. C’est ce qui a été fait. Faure Gnassingbé et son complice Burkinabè sont obligés aujourd’hui, bon gré mal gré, de retirer leur simili de CPDC, ce truc postiche pour réinstaller la vraie.

Comme quoi rien ne sert de courir !

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