INONDATION A LOME : Après la pluie de nouveaux modes de vie- Visite dans les ‘quartiers lacustres’


Depuis près de deux mois, certains quartiers de Lomé sont sous l’eau, conséquence de la série de pluies qui s’est abattue ses derniers temps sur la capitale. Et comme à leur habitude après tant d’averses les habitants de Gbadago, Kagomé, Zoro bar, Bassadji, Adakpamé, Bè, Agbalépédo, Anfamé ont dû leur maison à l’eau et à ces congénère : crapauds, silure, etc…

Un cortège d'habitants de Kagomé transporté sur pousse-pousse

Un cortège d'habitants de Kagomé transporté sur pousse-pousse

Ces quartiers sont depuis lors à l’image d’un village lacustre où les habitants, pour rejoindre leur demeure, se font transporter dans des pirogues ou encore sur des pousse-pousse. Pour les jeunes de ce qu’il convient d’appeler quartiers lacustres de Lomé, c’est une opportunité d’affaire inouïe surtout durant ces vacances d’ennui et de manque d’emploi de vacances juste par faute de volonté au sommet de l’état. Passons ! « Quand nous transportons les gens, on collecte 100francs par passage, juste pour pouvoir les aider à traverser l’eau et nous aussi, cela nous permet de nous soigner et de nous nourrir » nous a confié un jeune chef de son groupe de transporteurs.

Des bagages entrain d'ètre positionnés pour la traversée

Des bagages entrain d'ètre positionnés pour la traversée

L’autre aspect poignant de ce phénomène est que, les jeunes qui s’adonnent à cette activité, le font pieds nus sans protection aucune contre d’éventuelles infections.

Du fait des inondations avec les détours ‘interminables’ qui s’imposent alors avant d’atteindre le lieu de destination, les conducteurs de taxis ont eux aussi de leur côté, augmenté les frais de transports. Et ils ont été renforcés depuis quelques jours dans leur majoration par le gouvernement qui a revu à la hausse les prix du carburant. Voilà comment Faure Gnassingbé illustre toute sa capacité de bon dirigeant, prévoyant  et responsable.

Dans des quartiers comme kanyikopé et Bè Kpota, il faudra traverser une bonne distance de mare avant de trouver à l’autre ‘rive’. « C’est tout un cauchemar » a lâché un fonctionnaire d’état qui est à chaque fois obligé le matin (à son départ) comme le soir ( à son retour) de retrousser jusqu’à la cuisse, son pantalon avant de traverser la nouvelle rivière devant sa maison.

Des fidèles traversant l'eau pour participer à la célébration eucharistique

Des fidèles traversant l'eau pour participer à la célébration eucharistique

A Kanyikopé, les précipitations de cette année n’ont pas non plus épargné ‘la maison de Dieu’, la paroisse Jean Bosco Maria Auxilliadora où les fidèles se voient contraints de faire des acrobaties avant de suivre l’homélie du père officiant. Il se raconte même que le chef du quartier aurait remarqué l’évasion d’un de ses caïmans. Et depuis lors, c’est avec la peur dans le ventre que les riverains traversent l’eau stagnante.

La communauté St jean Bosco inondée

La communauté St jean Bosco inondée

Certains parents même évitent de laisser sortir leurs enfants. « Depuis que moi je suis dans ce quartier, je n’ai jamais vécu cela, on n’a jamais connu une telle situation, mes enfants et moi sommes devenus des prisonniers dans notre propre maison à cause de l’eau » s’est plaint une sexagénaire. Pire encore, ces quartiers sont inaccessibles avec des infrastructures routières quasi inexistantes, preuve de l’amateurisme du gouvernement Houngbo.

La situation est beaucoup plus écœurante à Adakpamé oû les populations ne savent plus à quel saint se vouer. Même les chambres des riverains sont inondées. « On s’est réveillé un petit matin, pour retrouver nos effets dans l’eau, les cahiers des enfants, mes papiers, les ustensiles de ménage ; tout était emporté avant qu’on ne se rende compte. Et depuis lors, je ne sais ou aller avec ma femme» nous a confié Roger, un père de famille qui a fait son logis en claies ; tout en nous précisant que ces trois enfants on été confiés à sa grande sœur qui habite à Baguida. Visiblement, monsieur Roger n’était pas le seul à endurer la catastrophe. Même ceux qui ont construit un peu plus loin en dur, n’ont pas n’ont plus été épargné. D’autres par contre, ont  déserté leur domicile et le mettre en vente. Les centres médicaux qui desservent les populations sont inabordables.

La situation fait bien rappeler le triste souvenir de l’année dernière oû le Togo a connu de graves inondations entraînant la rupture une dizaine de ponts et provoquant de sérieux dégâts matériels. D’autre encore y avaient laissé leur vie. Mais apparemment depuis lors, les autorités togolaises n’ont pas su tirer les leçons de ces malheureux évènements. Du moment où certains d’entre eux ont pu remplir leur poche, on se préoccupe plus des sinistrés à qui étaient destinés des dons en vivre et non vivre envoyés par certains partenaires et pays ‘amis’.

Que d’avouer avoir failli à leur mission avec le plan ORSEC mis en place à cet effet depuis l’année dernière, le ministre de la protection civile le colonel Mohammed Atcha Tittikpina avait demandé aux sinistrés ‘d’évacuer’ leurs domiciles lieux sans pour autant leur proposer des abris provisoires. On se souvient que sur demande de la représentation nationale, les ministres de la santé Komlan Mally, de l’action sociale Ibrahima Méimounatou et de la protection civiles Col. Mohamed Atcha Tittikpina, ont présenté un rapport qui que  les élus du peuple ont qualifiés de ‘creux, fabriqué et dénudé de sens’. La communauté internationale a été pourtant mobilisée l’année dernière, pour porter assistance aux sinistrés et prendre des mesures idoines pour endiguer un phénomène pareil dans l’avenir. Gouverner dit-on souvent, c’est prévoir. Malheureusement, tout porte à croire que les ministères impliqués dans la gestion de la catastrophe ne se sont toujours pas appropriés cette notion. Surpris par une autre série d’inondation, ils se précipitent pour mettre en place des ‘antennes’ du plan ORSEC dans les régions, villes, quartiers et recoins du pays ; ce qui aurait pu être fait des mois plus tôt.

Des spécialistes avaient pourtant annoncé les dérangements atmosphériques jusqu’en 2012, mais aucune action concrète n’a été menée dans ces zones que les autorités qualifient d’inondables. Les pauvres populations devront encore affronter une autre réalité malgré d’autres problèmes générés par la gestion maladroite du pays par un régime. Face à l’imprudence d’un régime qui se nourrit de la perversité, il urge donc de prendre des mesures draconiennes pour porter secours aux populations de Gbadago, Kagomé, Zoro bar, Agbalépédo, Bassadji, Adakpamé, Bè, Anfamé et désinfecter ces eaux pour éviter des épidémies dans les prochains jours.

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