Me ABI TCHESSA « L’OPPOSITION EST CAPABLE DE SE RASSEMBLER POUR QUE LA VICTOIRE SOIT LA LEUR EN 2010. »


Dans une interview qu’il nous accordée, Me Abi Tchessa, l’ancien ministre de la justice chargé des institutions de la république, avocat à la cour, président du Pacte Socialiste pour le Renouveau revient  notamment sur l’élargissement du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation Nationale, et le boycotte des séances au CPDC par l’opposition parlementaire. Etant l’un des acteurs politiques qui réclamaient l’élargissement du cadre, le patron du PSR a laissé entendre que l’opposition est capable de se rassembler pour que la victoire soit la leur en 2010 tout en nous confiant qu’ils sont en discussion avec les autre partis de l’opposition pour dégager un candidat unique. Lecture…

 Sylvio Combey : Me Abi Tchessa Bonjour 

Me Abi Tchessa : Bonjour !    

SC : Vous faisiez partie de ceux là qui demandaient l’élargissement du CPDC  à d’autres partis politiques c’est finalement fait est-ce que vous êtes satisfaits ?

AT : Nous ne sommes pas satisfaits. En effet, notre parti le PSR a demandé l’élargissement du CPDC pour être conforme à l’Accord Politique Global. Dans l’esprit de l’Accord Politique Global, l’Assemblée Nationale qui devrait être issu de l’élection législative d’octobre 2007 devrait être une assemblée composée de plusieurs partis. D’ailleurs le choix du mode du scrutin proportionnel de liste était dicté par cet impératif. Etant donné que cette élection n’a pas permis que beaucoup de partis politiques siègent à l’Assemblée nationale, il eut été normale que le cadre soit élargi à un certain nombre de partis politiques ayant pris part à cette élection et qui constituent des acteurs reconnus du jeu politique national donc le PSR avait recommandé que des mesures soient prises pour que le CPDC soit élargit à ces partis politiques. Nous avons noté malheureusement que le gouvernement n’a réagit que lorsqu’il y a eu blocage au CPDC. Ce n’est pas finalement l’élargissement mais c’était un mécanisme destiné à parer à ce blocage et de la sorte cela ne répond pas à l’esprit de l’accord politique global.

Me Abi Tchessa- Président du Pacte Socialiste pour le Renouveau (photo Sylvio Combey)

Me Abi Tchessa- Président du Pacte Socialiste pour le Renouveau (photo Sylvio Combey)

 SC : Donc vous y trouvez une certaine anomalie.

AT : C’est une anomalie grave et c’est politiquement malhonnête. Moi je pense que les décisions qui doivent être prises dans cette nation lorsqu’elles concernent l’ensemble de nos concitoyens elles doivent l’être dans un esprit d’honnêteté minimum.

SC : Me Abi Tchessa, le PSR a-t-il confiance en l’actuelle équipe dirigeante du CPDC nouvelle formule ?

AT : Ce n’est pas les individus, si c’est les individus je pense qu’on aura toujours réglé nos problèmes. C’est plutôt les manières dont on veut distribuer les débats à la réflexion dans le pays et ce sont les soupçons qui peuvent naître de la procédure avec laquelle nous définissons notre cadre de réflexion. Je sais que ceux qui veulent travailler sont honnêtes mais je pense que cela ne suffit pas, il faut aller au-delà des individus et faire en sorte que lorsqu’il s’agit de ces questions, l’on se rende compte à l’évidence que l’on soit de PSR de l’UFC, du CAR, que l’on se rende compte que c’est ensemble que telle décision doit être prise. Je ne pense pas qu’aujourd’hui le CAR ou l’UFC pensent nécessairement que telle ou telle décision relève uniquement de leur ressort avec le RPT. Je pense que ces partis sont conscients que c’est ensemble que nous devons définir les schémas nécessaires qui engagent l’avenir du pays mais que le gouvernement n’a pas la volonté et moi je suis aussi d’accord avec eux qu’il n’y a pas de volonté gouvernementale en ce sens.

SC : Quelle lecture faîtes-vous du boycott des séances du CPDC de l’opposition parlementaire ?

AT : Mais c’est une logique  imparable dans laquelle le gouvernement s’est engagé lorsque lui même a crée une confusion en répondant par un décret à une situation qui était latente au sein du CPDC. Je pense qu’il eut été sage en ce moment d’utiliser tous les outils de négociation pour débloquer la situation afin peut être ultérieurement de proposer l’élargissement. Lorsqu’il y a blocage et on propose l’élargissement comme solution  on ne peu t pas rassurer les acteurs qui sont concerné de continuer à discuter. La politique c’est des choix. Lorsqu’on n’est pas en mesure de faire confiance, on ne va pas. Nous sommes tout à fait d’accord avec ces partis.

SC : Vous seriez dans ce cadre que vous allez vous aussi claquer la porte ?

AT : Absolument ! Non seulement claquer la porte mais il faut être en mesure de proposer autre chose. Aujourd’hui cette proposition est d’abord d’une part de rassurer les togolais que l’opposition peut travailler ensemble; proposer une alternative crédible au pays et ensuite il faudrait que les togolais sachent que même si le RPT mène la danse au niveau des textes, l’opposition est capable de se rassembler pour que la victoire soit la leur en 2010.

SC : Les toutes dernières séances au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation ont permis de plancher sur la configuration de la CENI notamment 5 sièges pour la majorité parlementaire, 5 pour l’opposition parlementaire, 3 pour l’opposition extraparlementaire, 3 pour la société civile et 1 pour l’administration. Et il est demandé à ces partis extraparlementaires de souscrire à des appels d’offre,  votre parti va-t-il répondre ?

AT : Moi je ne sais pas exactement ce qu’il y a derrière. Je peux tout simplement vous dire que la logique actuelle des tenants du système en tout cas de ceux qui ont l’influence directe sur le cours du jeu est d’associer les partis signataires de l’Accord Politique Global mais qui ne sont pas à l’assemblée Nationale. Si tel est le cas vous savez le résultat, on n’ira pas très loin. En revanche si nous pouvons trouver encore au-delà des mécanismes existants, nous pouvons coupler un autre système qui permette à tout le monde dans la nation de discuter, nous croyons que c’est valable. Le PSR avait proposé que soit mis en place au-delà du CPDC, une structure oû on trouverait des intellectuels qui vont travailler comme une structure capable de dégager des projets qui seront soumis au CPDC. Donc si on a une structure à deux niveaux, je pense que les textes qui en ressortiront seront l’expression des togolais dans leur ensemble. Sinon je ne pense pas qu’il y ait vraiment du sérieux à engager l’ensemble de la classe politique. En revanche il y a toujours les calculs politiques à considérer que lorsqu’il y a blocage avec tel on peut décider avec tel autre et cela a nuit considérablement à la politique togolaise et je ne suis pas sûr que la situation soit à même de changer.

 SC : Ça veut dire que vous trouvez vous aussi le climat politique togolais vicié ?

 AT : Non seulement il est vicié mais je pense que lorsque l’Assemblée nationale monocolore Rpt a modifié la constitution par la loi constitutionnelle du 31 décembre 2002, il a mis dans  notre pays, une bombe à retardement. Non seulement la logique des pouvoirs a été inversée dans le pays, le président de la république pouvant tout se permettre mais aussi il n’a pas un cadre serein au sein duquel les togolais peuvent se retrouver. Si on avait maintenu le système qui confère au premier ministre le pouvoir de concevoir et de diriger la politique de la nation, on aurait réglé beaucoup de problèmes. Si on avait laissé dans notre système le scrutin uninominal majoritaire à deux, on aurait réglé beaucoup de problèmes. Aujourd’hui tout l’enjeu est de revenir sur ces questions, les poser réellement et trouver une solution qui soit la meilleure possible pour l’avenir de notre pays. Je crois que les calculs qui consistent à se maintenir au pouvoir de la part du parti Rpt ne sont pas des calculs qui engagent fortement les togolais et tout est fait pour verrouiller le système en cours de sorte que le pouvoir puisse décider et si le Rpt décide, il ne peut que décider son maintien au pouvoir.

 SC : Tous les regards sont tournés vers 2010. Le PSR sera au rendez-vous ?

 AT : Nous sommes entrain de discuter, nous sommes entrain de travailler avec les autres partis de l’opposition de sorte que nous puissions envisager la candidature unique de l’opposition. Mais une candidature honnête, une candidature populaire, une candidature de projet, une candidature d’alternative et une candidature qui concerne l’ensemble des togolais. Deuxième chose, le Psr est entrain de travailler aussi pour peaufiner son programme politique et le présenter aux togolais s’il n’ y a pas au niveau de l’opposition, une démarche unitaire.

 SC : Me Abi Tchessa Merci !

 AT : C’est moi qui vous remercie !

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :