ŒUVRE DE TANT D’ANNEES EN UN AN EFFACEE / LE JEU MALSAIN DE L’UE CONTRE LE PEUPLE TOGOLAIS


 logo_union-europeenneDire que tout ce que l’Union Européenne et le facilitateur burkinabé Blaise Compaoré ont organisé entre 2006 et 2007 et continuent d’organiser jusqu’à ce jour, n’a été et n’est qu’un sale jeu délibéré concocté au profit du pouvoir en place et l’une des comédies les plus insipides contre les intérêts d’un pauvre peuple qui aura tout donné, jusqu’à ses pauvres sandales usées, à la recherche de son émancipation, de sa promotion, de son affirmation et de son développement, il ne saurait y avoir, ma foi, rien de plus sournois, de plus capricieux, de plus malicieux, de plus dangereux et de plus criminel au monde contre un peuple, en dehors d’une guerre.

Si ce que connaît aujourd’hui le peuple togolais ne s’appelle pas guerre, il faut dire tout de même qu’il n’en est pas très éloigné ; une guerre qui ne dit pas son nom et qui ronge ce peuple lentement et au fil des ans, tel un cancer, pour finir par avoir raison de l’être tout entier. Cette mésaventure des Togolais semble, à y voir de près, amuser ce monde à la peau blanche qui, à tort, se prend pour civilisé. Franchement, l’indifférence et le silence actuels de l’UE face à la lenteur et au laisser-aller affichés par le pouvoir en matière de réformes dans la perspective de la présidentielle de 2010 n’arrête d’étonner plus d’un.

Les Togolais n’ont pas imaginé tous seul ce dialogue ouvert en 2006 à Lomé. C’est bien une initiative de l’UE qui, selon l’illusion des naïfs que nous étions, devrait conduire les Togolais à la résolution finale de l’interminable crise qui les mine et dont le seul auteur se trouve être le régime quarantenaire qui refuse de se sortir de la tête, que la gestion d’une nation n’est pas une affaire d’un seul parti, encore moins d’une famille. Et, quand on prend une initiative dans laquelle on met des forces antagonistes face à face, on est lié par un devoir, et c’est la moindre des choses : celui de les assister jusqu’à la résolution totale des points qui constituent les écueils. Autrement, on n’aura rien fait. Les œuvres de tant d’années, ne peuvent pas être sacrifiées en une seule année. Malheureusement c’est ce que tout le monde constate aujourd’hui de la part de l’Union Européenne.

C’est, lorsque, les deux camps auront pu surmonter, avec le minimum de bon sens, leurs divergences et faire de la prochaine présidentielle de 2010 une réussite, que le monde entier appréciera comme ce fut le cas pour le Ghana, que l’UE pourrait se frotter les mains en poussant un ouf de soulagement et se disant : « Nous avons remporté une extraordinaire victoire en réglant définitivement le casse-tête chinois togolais ». Nous ne le dirons jamais assez, l’UE est en train de faillir gravement à sa mission.

Quand on se dit issu d’une race ou d’un peuple civilisé, on n’abandonne pas en si bon chemin et à leur sort, et quelles que puissent être les raisons, « des gens qu’on est venu civiliser en vain » et qui s’opposent au 21ème siècle, armés de machettes et de gourdins cloutés pour régler un simple différend politique dont on est censé détenir en tant que gens nourris de la sève vivifiante de la Démocratie européenne, la clé de la résolution de cet antagonisme : le rationalisme kantien et le respect des textes et conventions auxquels on a volontairement adhéré. A défaut de le comprendre, les responsables de l’Union Européenne deviennent des êtres difficiles de fréquentation et du reste des juges dangereux.

Que coûte-t-il à l’UE, face aux interprétations volontairement fantaisistes et erronées des textes de l’APG, d’appeler le RPT et le pouvoir de Faure Gnassingbé, du reste très mal élu, au respect de ce qui avait été convenu dans l’Accord politique global que les naïfs de tout bord parmi lesquels, l’Union Européenne elle-même, avaient qualifié le 20 août 2006 de très bel accord qui allait sortir les Togolais de leur crise, oubliant peut-être sciemment le jeu dangereux auquel le RPT et le pouvoir se sont toujours adonnés à loisir et sans vergogne ? Aussi longtemps que les responsables de l’UE garderont le silence sur nos nombreux articles les mettant en cause pour leur silence coupable, il sera clair pour le peuple que son adversaire numéro un n’est plus le pouvoir togolais, mais bien le principal bailleur de fonds du pays, un complice éhonté et dévergondé du régime qui affame le peuple.

Qu’attend donc notre éminentissime UE, celle qui a jusqu’ici investi énormément de sous dans les différentes joutes électorales togolaises et dans les multiples dialogues inter togolais, pour rappeler le pouvoir à l’ordre ? Si aujourd’hui, le ministre de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona, après la signature de l’APG dont il a participé aux travaux, se permet d’éructer sur RFI et donc à la face du monde, toute honte bue, que « le Cadre permanent de dialogue et de concertation n’est pas faite pour les élections de 2010 » et que de l’autre côté, son collègue Hamadou Yacoubou, ministre des droits de l’homme déclare que « la réconciliation nationale ne peut pas se faire avant les élections de 2010 », il y a lieu de dénoncer une banalisation par les autorités, des problèmes togolais qui font le lit de cette interminable crise et du coup, pointer un doigt accusateur contre l’UE qui a en charge l’aboutissement de tout ce processus de règlement de la crise togolaise, mais qui ne dit jamais rien. Alors, que de temps gaspillés pour rien depuis la frauduleuse de 2005 !

Allant dans le même sens, le sieur Eric Kpadé, ancien député RPT déclarait sur une radio locale, il y a quelques semaines, que sans la réconciliation nationale, le Togo continuera d’exister après 2010, cela veut dire clairement que réconcilier les Togolais est le cadet des soucis du RPT et de Faure. Si ce dernier et ses amis n’avaient pas le soutien de l’UE, engagée sans doute aveuglément aux côtés du pouvoir et de manière suicidaire pour ce peuple, Faure lui-même, tout en sachant que le caractère républicain de l’armée était devenu une exigence de la communauté internationale, n’aurait pas eu le courage de déclarer en décembre dernier devant les militaires du camp d’Adidogomé : « Est-ce que je peux compter sur vous pour 2010 ? ».

L’Union Européenne seule sait le sale jeu auquel elle s’adonne et aussi longtemps qu’elle ne sortira pas de son silence et de son indifférence face aux manœuvres du pouvoir tendant à prolonger indéfiniment la crise togolaise et la misère des Togolais, elle suscitera de l’indignation au sein du peuple. Les Togolais ne peuvent pas trimer dur pour pouvoir s’offrir « le luxe » d’un repas par jour, pendant qu’un ministre de l’actuel gouvernement s’offre celui de climatiser le garage qui abrite son véhicule. De la folie ! Le même ministre se serait offert un portail d’entrée de son domicile digne d’un vrai prince saoudien et dans cette misère ambiante. Le coût de ce chef d’œuvre s’élèverait, tenez-vous bien, à cinquante millions de francs CFA, ce qu’il n’hésite pas à vanter et à exhiber lui-même, selon certaines indiscrétions.

Comment des gens dits civilisés, à l’instar de ceux de l’Union Européenne peuvent-ils soutenir ceux qui n’ont cure de la souffrance de leurs concitoyens, contre ces derniers et qui se sucrent sur leur dos ? En toute chose, il y a bien des limites à ne pas franchir. Aider ou ne pas aider, c’est un choix à faire et clairement. On ne peut pas se proclamer partisan ou promoteur de la bonne gouvernance, du développement, du respect des droits de l’homme et de la démocratie et soutenir ceux qui vont dans le sens contraire. C’est une grosse aberration et une incongruité.

Peut-on brandir pendant des années le carton rouge à un régime, puis soudainement, sans une réelle volonté affichée et éprouvée sur toute la ligne, en faire un ami ? Nous rappelons que toutes les conditions contenues dans les 22 engagements n’avaient pas été totalement respectées par le pouvoir avant que, dans la précipitation, l’annonce pompeuse de Louis Michel de la reprise pleine et entière de la « coopération » ne fût faite en 2008. L’année 2006 aura-t-elle suffi à elle seule pour amener l’UE après la signature de l’APG à se renier, oubliant qu’elle s’était fixé un idéal ? Elle a détruit presque en un seul jour, tout le beau combat pour lequel elle s’était engagée aux côtés du peuple togolais opprimé par la dictature d’Eyadema depuis 1993.

 

Source : libertetg.com

 

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