ASSASSINAT DU JOURNALISTE NORBERT ZONGO : 10 ANS D’IMPUNITE


Plusieurs milliers de personnes, répondant à l’appel du « Collectif contre l’impunité », ont mar-ché à Ouagadougou le samedi 13 décembre dernier– jour anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo – pour réclamer la réou-verture du dossier par la justice du Burkina Faso, dix ans après.

« On n’avait pas vu une telle mobilisation depuis quatre ou cinq ans, et ça veut dire qu’il y a une soif de justice dans ce pays, une soif inextinguible et nous allons travailler à faire en sorte que cette soif soit satisfaite », a déclaré Chrysogone Zougmoré, président du Mouvement Burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP). Selon Zougmoré, qui est également président du Collectif des organisations de masse et de partis politiques (CODMPP), ce genre de mobilisation empêche qu’on « enterre » ce dossier que le MBDHP dé-clare avoir emmené à Genève récemment lors de l’examen périodique universel des droits de l’Homme par les Nations Unies.
Pour poursuivre la mobilisation en vue de la réouverture du dossier, des artistes du Séné-gal, de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ont réalisé un album intitulé « Dossier classé? » Un non-lieu avait été déclaré par la justice burkinabè en 2006, rappelle t-on.
Selon le collectif, la pétition, qui circule pour la réouverture du dossier Norbert Zongo, a déjà recueilli plus de 35.000 signatures contre les 25.000 requises.

« On est satisfait et même surpris de cette mobilisation 10 ans après. Il y a peu d’endroits dans le monde où la mobilisation est si importante et cela prouve que les Burkinabè n’ont pas oublié Norbert Zongo et ça, c’est encourageant », estime Jean François Julliard, secré-taire général de Reporters sans frontières (RSF), qui a participé à la marche organisée par le CODMPP. Selon le secrétaire général de RSF, cette mobilisation contribue à la manifestation de la vérité en prouvant que le journaliste n’est pas oublié. « S’il y a une chance que le dossier soit rouvert et que les assassins de Norbert Zongo soient jugés et condamnés, ce sera grâce à ce genre d’évènements, grâce à cette mobilisation du Burkina aujourd’hui », a indiqué Julliard.
Nobert Zongo, directeur de publication de l’heb-domadaire « L’Indépendant », avait été retrouvé mort calciné, le 13 décembre 1998, avec trois autres de ses compagnons sur la route de Sapouy, une localité située à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou, la capitale burkinabè. Il enquêtait alors sur la mort, dans une caserne de la garde présidentielle, du chauffeur du jeune frère du président Blaise Compaoré. Suite à la mobilisation de la rue, menée par le collectif qui regroupe des organisations des droits de l’Homme, des syndicats et des partis politiques, le gouvernement avait accepté la mise en place d’une Commission d’enquête indépendante, qui avait désigné en 1999 « six sérieux suspects », tous des militaires de la garde présidentielle, dans l’assassinat du journaliste et de ses compagnons. En juillet 2006, la justice déclarait un non-lieu en faveur du seul inculpé dans le dossier Norbert Zongo, l’adjudant Marcel Kafando, l’ex-chef de la garde présidentielle du président Compaoré, rappelle t-on.
Mahamadou Diallo
Source : IPS, AFP et RFI

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